La disparition du professeur reste une énigme

La disparition du professeur reste une énigme

Publié le vendredi 11 novembre 2011 à 11H50 - Vu 1241 fois

MONT-D'ORIGNY (Aisne). La mystérieuse disparition de Vincent Gressier, 38 ans, et la mort tout aussi étrange d'un homme découvert carbonisé à Mont-d'Origny constituent une énigme à laquelle sont confrontés les gendarmes de Saint-Quentin, depuis mercredi matin.

UN épais mystère entoure les circonstances de la mort atroce de cet homme dont le corps a été découvert carbonisé le long de l'Axe Vert à Mont-d'Origny. Il faut dire que les zones d'ombres qui s'offrent aux gendarmes de la compagnie de Saint-Quentin sont nombreuses. Il leur faut comprendre comment l'homme s'est retrouvé au milieu d'une zone boisée avant d'être la proie des flammes ce mercredi aux environs de 9 heures. Agression ou geste d'un désespéré ? Aucune trace de lutte ou de mouvement brusque ne semble en tout cas avoir modifié la physionomie des lieux. Le tapis de feuilles qui recouvre le sous-bois ne semble pas avoir été foulé et les branchages des arbustes paraissent intacts sur des photographies prises au moment de la combustion.
Le corps du malheureux repose sur le côté gauche à environ deux mètres d'un gros arbre au pied duquel un petit foyer se consume. La scène donne l'impression d'un corps inerte qui aurait été déposé là avant d'être incendié. Reste que l'on ne sait pas encore si l'homme a péri dans les flammes ou s'il était déjà mort, et, dans la première hypothèse, s'il était groggy ou pleinement conscient des choses. Par ailleurs, les premiers témoins n'ont pas constaté la présence d'une bouteille ou d'un bidon ayant pu contenir un accélérateur de combustion. Les enquêteurs ont, quant à eux, retrouvé la sacoche d'un homme non loin de la macabre découverte. Les papiers qui, selon toute vraisemblance, sont ceux du défunt sont au nom de Vincent Gressier, un enseignant en technologie de 38 ans (notre précédente édition).

Pas de traces suspectes

A environ trois kilomètres à pied, les gendarmes ont d'ailleurs fait une découverte qui tend à confirmer sa présence sur les lieux du drame. Car une Ford Focus grise était stationnée sur un parking, le long de l'axe Mont-d'Origny - Guise. Selon des témoins, la voiture était là, depuis samedi dernier, soit quatre jours avant la découverte du corps. Ce qui explique sans doute que des petits malins avaient déjà dérobé les roues. Apparaît alors une nouvelle inconnue. Où était Vincent Gressier entre le moment où il a abandonné son véhicule et celui où il a été découvert en train de brûler ? Les gendarmes se sont évidemment rendus au domicile du professeur de technologie, rue Pauline-Luthon à Mont-d'Origny, pour tenter d'y voir plus clair.
À leur arrivée, la porte d'entrée de cette maison mitoyenne à la façade de briques rouges, paraît fermée à double tour. Le serrurier, venu en renfort, découvre qu'elle ne l'est pas. Simplement, elle se coince si fortement qu'on la croirait bouclée. À telle enseigne que Vincent Gressier donnait un coup de pied pour l'ouvrir. C'est peut-être pour cette raison qu'il est sorti en laissant son imposant trousseau de clés dans le trou de la serrure à l'intérieur. Par contre, les enquêteurs n'ont pas trouvé trace d'un mot susceptible d'expliquer la situation. Il n'y avait pas davantage trace de médicaments pouvant révéler un état dépressif. Pas de trace de lutte non plus et encore moins de vol puisqu'un porte-monnaie était en évidence, contenant quatre billets de 50 euros.

Un grand vide et des questions

Inutile de dire que l'incompréhension domine du côté des collègues de travail de Vincent Gressier au lycée Henri-Martin à Saint-Quentin. Stupeur aussi dans le milieu associatif sportif où ce père de famille s'investissait sans compter depuis des lustres que ce soit dans le tennis de table, la pétanque ou encore à travers le club des jeunes de Sains-Richaumont où il est né et où résident encore de proches parents aujourd'hui accablés par la douleur.
Le professeur, qui ne s'est pas présenté lundi à son établissement, laisse donc un grand vide et beaucoup de questions pour l'heure sans réponse. L'autopsie, prévue demain, pourrait permettre d'en savoir un peu plus sur les circonstances du décès. En attendant, les enquêteurs cherchaient toujours hier à cerner sa personnalité de Vincent Gressier et à reconstituer son emploi du temps dans les jours ayant précédé sa disparition.
E.L, A.B, J-M. S

L'union l'Ardennais