Publié le jeudi 15 septembre 2011 à 11H00 - Vu 80 fois
Francine Kimpe et André Gruselle, maire d'Iron, dont la famille a fait partie des résistants de la Première Guerre mondiale.
Une stèle en souvenir des onze soldats britanniques réfugiés en 1914 sera inaugurée samedi, à Iron. Patrimoine et Résistance se conjuguent ainsi au présent autour du canal de la Sambre à l'Oise.
PATRIMOINE. Lorsqu'on se le représente, ce mot prend vite des allures de vieille dame appuyée sur sa canne, la voix chevrotante. Des allures de documents poussiéreux également, passés, démodés. Pour lui redonner corps, Francine Kimpe préfère parler d'histoire, sa discipline. Et de Résistance, son sujet.
Présidente de l'association Canal Set, elle lutte au quotidien pour la sauvegarde du canal de la Sambre à l'Oise. Mais parallèlement, en amoureuse de l'histoire locale, elle mène un combat tout aussi acharné pour la mémoire de la Résistance. Une notion que l'on a pris l'habitude de ramener à la Seconde Guerre mondiale avec la clandestinité de ses réseaux oubliant au passage celles et ceux qui ont eu la force, trois décennies plus tôt, de désobéir aux forces allemandes pendant la Première guerre. Ce fut le cas notamment à Iron, en février 1914. C'est sur ce chapitre-là que Francine Kimpe entend revenir. Chapitre qui met en exergue le courage de quelques Thiérachiens et soldats anglais. On surnommera ces derniers « les Onze d'Iron ».
Des résistants… de 1914
Les témoignages de l'époque insistent sur ceux qui les ont aidés durant leur clandestinité : les époux Chalandre. Lui était tisseur et ouvrier agricole pour un autre couple, les Logez, qui les ont tous cachés, nourris, logés. Malheureusement, cette résistance à l'ennemi, au cœur d'une campagne blessée, a connu un dénouement des plus tragiques : les onze britaniques ainsi cachés furent finalement dénoncés puis fusillés, à Guise, le 25 février 1915.
Ils « emporteront » avec eux le fils Chalandre, tué, ainsi que Mme Logez, sa fille ; Mme Chalandre et sa fille aussi.
Les deux jeunes filles ont aujourd'hui leur tombe dans le cimetière d'Iron. Et le fils Chalandre, Vincent, a son nom sur le monument aux morts, juste en dessous de la mention : « Victimes civiles ».
Pour Francine Kimpe, ce n'est pas suffisant. Elle estime que « la Résistance appartient aussi à la Première Guerre mondiale, dont on connaît peu ceux qui se sont engagés et l'ont payé de leur vie. »
Alors, bien sûr, une stèle en granit irlandais sera découverte ce samedi, pour rendre hommage aux forces britanniques, en présence d'Hedley Malloch de la « Western association », un Irlandais qui a remué ciel et terre depuis 10 ans pour ressusciter le nom de ces soldats, gravés sur cette stèle.
C'est déjà ça, mais il faut encore aller plus loin, selon Francine Kimpe. « Vincent Chalandre, toute sa famille et les époux Logez sont des résistants. Il ne faut pas l'oublier et c'est pour cela que nous le rappellerons avec force, samedi, lors de l'exposition commentée à la salle des fêtes sur les Résistants de la Grande Guerre. »
Parallèlement, le dimanche, une conférence sur le canal, son histoire, ses batailles et ses atouts aura lieu à 16 h 30, à Oisy, non loin de là. Ou comment conjugué le passé au présent…
Delphine OLIVA
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