Publié le jeudi 23 février 2012 à 12H00 - Vu 569 fois
CHATEAU-THIERRY (Aisne) Déjà sur le front pour faire abroger le permis de Château-Thierry, le collectif monte au créneau contre l'octroi de quatre nouveaux permis de recherches d'hydrocarbures dans le Sud de l'Aisne
LA réunion publique sur les gaz et huiles de schiste organisée par le collectif Carmen à Charly-sur-Marne mardi soir, a fait salle comble avec près de 250 personnes.
Venu informer la population sur les risques de l'exploitation des huiles de schistes sur le Sud de l'Aisne et faire le point sur l'avancement du permis de Château-Thierry, Carmen a bousculé son programme pour annoncer l'instruction de quatre nouveaux permis exclusifs de recherches en hydrocarbures autour de celui de Château-Thierry (lire par ailleurs).
Comme pour le précédent permis, le collectif constate « l'absence de transparence et de débats démocratiques. » Informé fortuitement de la mise à disposition sur le site internet officiel des demandes de permis (procédure née de la loi du 13 juillet 2011), Carmen a découvert ces quatre permis appelés « Nanteuil », « de l'Ourcq », « Hautevesnes » et « Marvilliers » à quelques jours de la clôture des dépôts d'observations, prévue le 19 février. « L'adresse électronique pour faire remonter nos observations n'a été rajoutée sur le site que le 15 février », témoigne le collectif qui s'est fendu d'un courrier au ministère de l'Écologie le 17 février. Cause à effet ? Le délai de mise à disposition des documents, a été prolongé de 30 jours à partir du 20 février.
Carmen est « radicalement opposé à l'octroi des autorisations sollicitées ». Il demande « aux ministres et aux autorités concernées de ne pas accorder les permis sollicités ou à tout le moins de surseoir à les examiner jusqu'à la modification du code minier et à la tenue d'un débat public national et local. »
« Les appels de Charly »
Les conseillers généraux ont aussi vite réagi à cette situation. Georges Fourré présent, à la réunion publique, a annoncé le vote par le conseil général d'un vœu (proposé par lui-même et Jacques Krabal) contre l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. « Ce texte vise à la fois les conseillers généraux mais aussi les parlementaires qui devront travailler à la révision du code minier mais aussi à une nouvelle loi plus restrictive », expliquait-il au public rassemblé.
Les élus et le collectif en rang serré ont invité l'assemblée au combat citoyen pour faire abroger le permis de Château-Thierry mais aussi empêcher l'octroi des quatre permis encore en instruction.
Dominique Jourdain, porte-parole de Carmen mais aussi membre de la coordination nationale contre les gaz et huiles de schiste a lancé trois appels à la solidarité : « Je fais un appel solennel en direction des maires des communes concernées. Qu'ils exercent leur droit de préemption sur les terrains achetés par les groupes pétroliers »
Le deuxième appel était destiné aux propriétaires privés et aux agriculteurs : « qu'ils ne vendent ou ne louent aucune parcelle à un groupe pétrolier pour des recherches d'hydrocarbures. »
Enfin Dominique Jourdain s'est adressé aux grands distributeurs d'eau chargés de dépolluer les eaux utilisées par les entreprises pétrolifères. Il regrettait que « Véolia soit en passe de signer un contrat avec Toréador ».
Isabel DA SILVA
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez