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Harcèlement moral à l'hôpital : un pharmacien condamné

Publié le vendredi 28 septembre 2012 à 11H00 - Vu 1660 fois



SOISSONS (Aisne). Injures ou humour ? Les juges du tribunal correctionnel de Soissons viennent de trancher. Ce pharmacien de l'hôpital de Soissons a été condamné pour harcèlement moral.

INSULTER régulièrement, quotidiennement, son collègue, son subalterne ou sa chef de service, est-ce nuire à sa dignité ? Est-ce dégrader ses conditions de travail ? Ou est-ce simplement tisser du lien social, par le biais de l'humour ? Un nom d'oiseau comme un sobriquet affectueux… Salut la grosse ! Tout est question de contexte, d'appréciation, de relation entre celui qui ouvre sa bouche et celui qui reçoit le petit mot doux.

Contre-attaque

C'est précisément ce contexte qu'avaient à établir les magistrats du tribunal correctionnel de Soissons pour déterminer si, oui ou non, ce pharmacien du centre hospitalier s'est rendu coupable de harcèlement moral.
Ils viennent de rendre leur décision après avoir mis l'affaire en délibéré. Eux non plus n'ont pas goûté l'humour corrosif dont Monsieur C a fait profiter son service, de mai 2008 à janvier 2010. Ils l'ont condamné à trois mois de prison avec sursis.
C'est une organisation syndicale, la CGT, qui alerte la première l'inspection du travail, il y a cinq ans.
La gendarmerie ouvre une enquête, auditionnant de manière systématique les personnels qui travaillent de près ou de loin avec la pharmacie de l'hôpital tandis que Claude C. est mis à l'écart du service, dans un bureau, en 2009.
Des longs mois d'investigations, il ressort que quatre personnes se plaignent de harcèlement moral véritable. Une seule était présente à l'audience et s'est constitué partie civile pour réclamer l'euro symbolique de dommages et intérêts.
À la barre, le Claude ne se démonte pas. Il y va au culot et contre-attaque. Il remet en cause le diplôme d'infirmière de celle qui ose parler, prétendant avoir fait partie du jury et lui avoir indiqué une erreur de calcul au cours de l'examen. Sans blague ! Pour Me Soulé, l'avocate de l'infirmière, il n'est dès lors pas étonnant qu'elle soit la seule sur les quatre à aller jusqu'au bout de sa démarche : « Cela donne la mesure de la crainte qui pèse sur ces gens-là. »
Invoquant les responsabilités qui lui incombaient dans ce service de la pharmacie du centre hospitalier soissonnais, C.C. a volontiers rejeté la faute sur les victimes et leurs prétendues incompétences.
« Nous avons 18 témoignages »
Appeler une telle « la cocue », telle autre « la vieille » ou encore tel autre « le tordu » (s'agissant d'une personne handicapée), affubler encore un de « grand sifflet, grand con ou grand serin » ou carrément de « connard », expliquer à une autre qu'elle est une « ahurie », une « incapable » parce qu'elle n'est « qu'une femme » ou « une bonne femme » : voilà qui n'était, selon le bonhomme, « nullement dans l'esprit de nuire », a-t-il expliqué aux juges.
« Faire des remarques sur le travail ne caractérise pas le harcèlement moral, lui a rappelé le président du tribunal, c'est la nature des propos qui importe. » Surtout s'ils sont répétés.
L'étaient-ils ? Monsieur C. reste dans le déni, minimise. « Une fois chacun en dix ans… Ce sont des collègues qui ont une mémoire extraordinaire », observe le juge.
« Nous avons 18 témoignages dans le dossier et l'on observe une grande convergence dans la description du comportement de monsieur C., note le vice-procureur De Valroger, c'est un personnage impossible dans le milieu du travail, tout à fait odieux. »
Parmi ces témoignages, certains ont varié au fil des mois et de l'enquête. Me Kamkar, du barreau de Lille, n'a pas manqué de s'en servir : « Il y a un dossier pénal et les interprétations qui en sont faites. Il pose un problème parce qu'il est confus. Vous y avez des éléments contradictoires. »
Me Soulé, du barreau de Compiègne, a son explication : « Ils avaient peur. » Elle rappelle des faits de violence du Claude sur sa chef de service qui avait valu à l'intéressé, « en 2001, un blâme de l'ordre des pharmaciens et un rappel à la loi. Aujourd'hui, il se présente comme responsable de service qu'il n'est pas et les bordées d'injures ne seraient que les manifestations de son humour ».
Cet homme aux chaussettes « Titeuf » était si drôle que le médecin du travail, qui a témoigné à la barre, n'a aucun doute : « Il y a une relation de cause à effet entre la dégradation de la santé des trois personnes que j'ai vues en entretien et ce qui se passait sur leur lieu de travail. » Au service pharmacie, aujourd'hui encore, on en rit… aux larmes.
Ludivine BLEUZÉ
lbleuze@journal-lunion.fr

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Les dernières contributions


adhonores

29/09/2012 à 18h52

Encore un "petit chef"..de débusqué...mais comme les rats quand on en voit un il y en a déjà cent.....!

lucreims

reims

29/09/2012 à 05h28

braquer

Lisez l'article en entier. Il s'agit bien de harcèlement de la part de cette personne

Cela existe dans de nombreuses entreprises et très souvent à l'égard des femmes

Le Canard Déchaîné

Pigeon... mouton... vache à lait... suivant la saison, mais avec TOUS les gouvernements...

28/09/2012 à 19h15

Il va se faire administrer une mercuriale, et il ne l'aura pas volée !

Commentaires anonymes

28/09/2012 à 19h05

Insulter sa chef, ce n'est en aucun cas du harcèlement , puisqu'elle lui est supérieure. C'est de la bêtise pur et simple qui doit conduire à une sanction.

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

28/09/2012 à 16h08

Qu'avalait il dans sa pharmacie pour avoir un comportement de la sorte, comme quoi c'est vrai, il y a des médicaments inutiles et dangereux !

HAWK51

je veille

28/09/2012 à 16h01

Mais quel serpent a bien pu le piquer ce drôle de pharmacien particulièrement agité..

gerardd02

28/09/2012 à 15h52

pour un qui est condamné , combien d'autres directeurs et autres personnels d'encadrement des hôpitaux publiques se croient au-dessus des lois et passent à travers des mailles de la justice ???

lucreims

reims

28/09/2012 à 15h23

themisblind

Je ne pense pas que l'on puisse utiliser l'umour lorsqu'il s'agit du physique des personnes.

themisblind

28/09/2012 à 14h38

Si c'est de l'humour, il acceptera avec le sourire d'être traité de Pauvre, Grand, Petit, Gros.... par ses collègues ?

lucreims

reims

28/09/2012 à 14h27 | 1

Ce genre de personnage est présent dans de nombreuses entreprises et bravo aux personnels de ne pas se laisser faire.

C'est dans ces moments là, qu'il faut se serrer les coudes entre collègues pour pouvor aboutir et ne pas laisser la personne insultée toute seule

bretzel liquide

28/09/2012 à 14h14 | 1

Incurable, le harceleur persévère dans le déni et les mensonges.
Attitude habituelle (symptomatique ?) du harceleur qui cherche à se faire passer pour une victime et crie au complot et à l'incompétence. Manque cruel d'imagination de la part du pervers narcissique. C'est exactement la ligne de défense choisie par le DG de la société Paté, évincé par le groupe Sibelco depuis le dernier jugement prud'homal et dont le nom ne tardera pas à disparaître des camions de transport verrier.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/pate-condamnee-pour-harcelement?xtcr=7&xtmc=paté harcèlement moral

Bravo aux personnels qui ont eu le courage d'ester en justice ! Ce jugement va faire réfléchir.

voixdelaraison

51100

28/09/2012 à 11h36

"médecin du travail qui témoigne"...quel médecin du travail ? d'une part nous sommes ds le secteur public : ce n'est dc pas un médecin du travail mais un médecin de prévention (pas les mêmes spécialisations) d'autre part, à l'hopital est ce que les salariés ont leur visites médicales régulières ? Vu les conditions de travail, les risques psycho-sociaux, les troubles musculo squelettiques, les risques liés à la manutention, les risques biologiques.... je ne me souviens pas que mes consoeurs infirmières aient évoqué une éventuelle satisfaction d'un suivi ou actions de prévention ménées par un tel professionnel...
Ca ne m'étonne donc pas que l'on en arrive à de tels extrêmes.

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