Publié le mercredi 01 février 2012 à 12H00 - Vu 1239 fois
Corinne Sallé a peur pour la santé de son époux.
LAON (Aisne). C'est un sujet sensible : le harcèlement moral au travail. Une femme témoigne en faveur de son mari. Par peur que survienne le pire.
«ON est une famille soudée. Heureusement ! » Corinne Sallé est une femme de caractère. On ne touche pas à sa tribu. Elle a réussi à obtenir un terre-plein en face de chez elle pour que ses enfants traversent la rue en sécurité.
Cette fois, c'est son mari qui est menacé. Elle décide donc de le défendre pour ne pas qu'il subisse davantage de pressions.
Agent technique
Son problème ? Selon sa femme, cet agent technique est harcelé par un collègue. Depuis le mois de mars, il subit des brimades, des injures, des réflexions sur son travail, qui finissent par le miner.
« Le harceleur agit toujours sans témoin direct. C'est un homme qui a un grade supérieur sans être le supérieur hiérarchique de mon mari. J'appelle cela du harcèlement moral horizontal. »
Corinne Sallé préfère ne pas donner le nom de l'entreprise pour ne pas placer son mari dans une situation délicate.
Elle pense que les gens de la direction reconnaîtront l'employé et régleront le problème.
Pour le moment, personne n'a bougé mais c'était sans compter sur la détermination d'une épouse sensible et passionnée.
« Je sens qu'on cherche à détruire mon mari. Nerveusement, il n'en peut plus. Il se sent épié dans son travail. Il ne sait jamais ce qui va lui arriver. Il part avec une boule au ventre. Je suis inquiète quand il ne rentre pas à l'heure. On entend dans les grandes entreprises que des personnes en arrivent au suicide. »
Le couple a déposé une plainte au commissariat de police. En attendant d'éventuelles suites, la mère de famille (quatre enfants) fait des recherches sur Internet sur les différentes formes de harcèlement.
« Le harceleur vise une personne forte qui lui tient tête. Il souhaite la voir dépérir au fil des jours. Il n'accepte pas qu'on lui tienne tête. Il se pense intouchable. Son jeu consiste à dénigrer le travail et les capacités professionnelles de la victime car il se croit le meilleur », explique Corinne Sallé.
« Je suis confrontée directement à ce problème puisque mon mari en est une victime. Ce sujet est notre quotidien et tout devient pénible. Depuis le mois de mars, il me semble que des sanctions auraient dû être prises. »
Constatant son état, son médecin lui a proposé un arrêt de travail mais l'employé n'a pas accepté. Ce serait reporter le problème à plus tard. Soutenu par sa femme, il a décidé de continuer à résister.
M.-C.L.
mclardenois@journal-lunion.fr
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