Publié le jeudi 12 avril 2012 à 11H00 - Vu 261 fois
Laurent Steinmann : « Dans l'entreprise, on est comme une équipe de rugby. Si on pousse tous, on gagne. »
Comment rester compétitif en période de crise ? L'entreprise SDP, de Pinon, a la réponse. Elle travaille avec quatorze pays. Et ce n'est pas fini…
«AUJOURD'HUI, en période de crise, les sociétés qui s'en sortent sont celles qui exportent. » Laurent Steinmann sait de quoi il parle : son entreprise Société de distribution et de prestations (SDP) réalise une progression de 17 % de son chiffre d'affaires grâce à l'exportation.
50 000 litres par jour
La PME de Pinon est spécialisée dans la fabrication et la distribution d'adjuvants et d'oligoéléments pour l'agriculture. SDP fabrique chaque jour plus de 50 000 litres de produits. « On travaille dans un domaine où l'on a de plus en plus besoin de produire car la population augmente. Le blé, le colza, le maïs, le sucre, ont des prix élevés. La conjoncture est favorable », précise le directeur, tout juste rentré d'Argentine, où il vient de décrocher un nouveau contrat. Il travaille aussi beaucoup avec les pays de l'Est : Bulgarie, Pologne, Ukraine. SDP est présente dans quatorze pays. Si ses prévisions se confirment, le chiffre d'affaires devrait atteindre 14 millions d'euros dans un an, dont 15 % à l'export. L'entreprise s'est pourtant lancée dans l'exportation, il y a seulement quatre ans. Son objectif : arriver à exporter 30 % de ses produits. Son secret ? « Ne pas arriver en conquérant, écouter la culture du pays, s'en imprégner. »
Laurent Steinmann n'a pas peur de se doter des ressources humaines et intellectuelles nécessaires. Il va chercher ses collaborateurs à la sortie des grandes écoles ou à l'autre bout de la France si nécessaire. Il emploie à Pinon une cinquantaine de salariés et met au défi les visiteurs de trouver des employés qui n'ont pas le sourire aux lèvres. « Si SDP grossit, c'est grâce à une équipe. On est comme au rugby, si on pousse tous, on gagne. Je travaille dans la transparence, je leur présente le bilan, les objectifs, je les associe à la réussite. Mes gars, ils défendent leur boîte, ils sont indestructibles… »
Chimie verte
SDP, qui a fêté ses vingt ans en 2011, investit dans la recherche pour concentrer les produits et réduire les coûts de transport. Une façon aussi de développer l'image d'une l'entreprise qui privilégie la chimie verte issue du monde végétal. C'est déjà le cas avec une gamme de produits de jardin naturels. Laurent Steinmann est persuadé que l'avenir est dans les produits bios. Il dépense sans compter dans l'homologation de ses produits. En 2011, il a consacré 1,8 million d'euros au financement de ses autorisations de mise sur le marché (AMM). Son prochain investissement important est de 950 000 euros dans un bâtiment de stockage.
La difficulté du moment vient des banques. « Elles ont un discours officiel de soutien aux PME. Mais elles rechignent à prêter. Les seuls responsables de la crise, ce sont les banquiers. »
Marie-Christine LARDENOIS
mclardenois@journal-lunion.fr
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