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« Fusillés pour l'exemple » / Le discours de Jospin a fait son chemin

Publié le samedi 14 janvier 2012 à 12H00 - Vu 172 fois


Le 5 novembre 1998, Lionel Jospin suscitait la polémique à Craonne, évoquant les « fusillés pour l'exemple ».

Le 5 novembre 1998, Lionel Jospin suscitait la polémique à Craonne, évoquant les « fusillés pour l'exemple ».


LAON (Aisne). La proposition de réhabiliter les «fusillés pour l'exemple» est devenue presque consensuelle, ce n'était pas le cas il n'y a pas si longtemps…

LE secrétaire d'Etat à la Défense, Marc Laffineur, a indiqué mardi à l'Assemblée nationale qu'une commission serait mise en place pour examiner au cas par cas, en vue de leur réhabilitation, les 620 soldats français condamnés à mort et fusillés, certains « pour l'exemple », pendant la Première Guerre mondiale.
Le 5 novembre 1998, à Craonne, Lionel Jospin, alors Premier ministre, vient inaugurer une statue d'Haïm Kern. Dans son discours, il est alors beaucoup plus prudent. « Certains des soldats, épuisés par des attaques condamnées à l'avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond, refusèrent d'être des sacrifiés. Que ces soldats « fusillés pour l'exemple », au nom d'une discipline dont la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective nationale », avait-t-il alors déclaré.

Un sujet sensible


Une petite phrase dans un discours de sept pages qui avait néanmoins suscité la polémique, à droite notamment. Jacques Chirac, président de la République, avait critiqué cette initiative. Quelques mois plus tard, en mai, la statue est vandalisée. Selon le sous-préfet de Soissons de l'époque, Gilbert Deleuil, cet acte semble être l'œuvre de personnes hostiles à la réhabilitation des mutins.
Un panneau portant l'inscription « Vive Pétain » avait été retrouvé devant la stèle renversée. On voit à quel point le sujet était sensible. Une décennie plus tard, l'initiative du Chemin des Dames a cependant fait son chemin. La commission proposée par le secrétaire d'Etat sera composée d'historiens et de membres d'associations. Il ne s'agit pas a priori de réhabiliter tous les fusillés : certains l'ont été pour l'exemple, d'autres pour mutinerie, d'autres pour désertion, voies de fait, pillage ou viol.
« Pour ce qui est des soldats tirés au sort alors qu'ils n'avaient rien à se reprocher, la République devra tirer les conséquences de l'injustice du traitement qui leur a été réservé en réhabilitant ces soldats et leurs familles », a indiqué Marc Laffineur.
À noter qu'en 2008, le conseil général de l'Aisne avait envoyé un vœu au président de la République pour que ces « fusillés pour l'exemple » soient reconnus comme des combattants à part entière de la Grande Guerre. La question va se poser aussi pour apposer leur nom sur les monuments aux morts. Tout, visiblement, sera discuté au sein de la commission et traité au cas par cas.

Yann LE BLÉVEC
yleblevec@journal-lunion.fr

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Les dernières contributions


Navarin

Galite ! Revenez parmi nous !

15/01/2012 à 14h01

@Chevalier,
Les réhabilitation ne peuvent se faire qu'au cas par cas.
Il ne faudrait pas qu'un violeur, un assassin soit réhabilité aux cotés d'un innocent ! Pour sur, la sanction (la mort) ne fut certainement pas la bonne, mais, ces hommes, ces "vrais coupables" devait êtres condamnés !
Tous les "fusillés pour l'exemple" ne sont pas des victimes !

<<L'histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir ; mais associée à l'indépendance de l'esprit, elle peut nous aider à mieux voir.>>
Discours de l'histoire, dans Variété IV, Paul Valéry.

Navarin

Galite ! Revenez parmi nous !

15/01/2012 à 13h51

@Chevalier,

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous.
Tous les chefs ne se sont pas comportés en couard, en rond de cuir... A sabler le Champagne.

Il y a bien 41 généraux déclaré Mort pour la France (MPLF) durant la Grande Guerre, dont 20 rien que pour les quelques mois de 1914 (contexte de la guerre de mouvement)
Je vous le concède c'est assez peu proportionnellement et quantitativement face aux 14600 Caporaux MPLF...

Deux exemples de chef qui méritent le respect :

-Le général Bataille (ça ne s'invente pas !) tué par un obus en septembre 1914 au col du Bonhomme (Vosges), il venait se rendre compte de lui-même de la situation de ses hommes et tenter par sa seule présence de leur donner du courage.

-Jean-Baptiste Marchand, général de Brigade en février 1915, il n'est pas mort au combat mais, a été blessé à de nombreuses reprises. Ce haut gradé a toujours été attentif aux conditions de vie de ses soldats.

Pierre Baptiste

Poil à gratter...

15/01/2012 à 11h05

Quelle connerie la guerre...

le chevalier de...

Reims

15/01/2012 à 09h49 | 1

Il ne s'agit de seulement de réabiliter les soldats, mais aussi de montrer la cruauté de la hierarchie militaire qui exigeait des jeunes un bain de sang pour rien, alors que les hauts gradés , eux étaient bien à l'abri en arrière garde et sablaient le champagne pendant que bidasse se faisait trouer la paillasse...
Discuter au cas par cas un siècle après comme cela semble vain !

Navarin

Galite ! Revenez parmi nous !

15/01/2012 à 00h27 | 2

Bravo pour cet article !

Il restitue parfaitement les enjeux actuels des soldats "fusillés pour l'exemple" durant la Grande Guerre.
Il ne parait en effet pas opportun de les réhabiliter tous d'un seul tenant.

Il y a bien parmi ces soldats, des brutes, des pilleurs, des violeurs et assassins qui devaient être condamné par la justice militaire.
(Savoir si la mort était la bonne sanction est un autre débat...)

En revanche, d'autres, éprouvés physiquement et moralement par la dureté des conditions de vie dans les tranchées, par l'incompétence de certains cadres, par l'éloignement de leur famille, ont bien été victimes de la tyrannie et de l'incompréhension de certains membres de la chaine de commandement.

Le cas des exécutions extra-judiciaires et sommaires sont extrêmement difficiles à étudier. Souvent, les rapports ne se basent que sur de rares témoignages à posteriori. Il est particulièrement compliqué de trouver matière à croiser les sources.

Parfois, nous n'en avons connaissance que par un seul et unique témoignage ! Des bourreau aux témoins tous n'ont pas survécu aux combats, tous n'ont pas voulu témoigner...

Tout ceci est un triste "sac de noeud" qui perdure depuis près de 100 ans. Mais il mérite bien l'attention de tous !

yan lang

J'ai décidé d'être un homme libre. C'est un combat de tous les jours que les obtus ne peuvent comprendre.

14/01/2012 à 22h56

A signaler que le conseil municipal de Charleville Mézières a voté un vœux en ce sens, à l'initiative des élus communistes. Le conseil municipal de Nouzonville aura à se prononcer en février. J'y ai déposé un vœux similaire à la demande de "la libre pensée" et "la ligue des droits de l'homme".
Une précision, il est tout autre chose de se battre pour la réhabilitation et d'exiger qu'elle soit collective.

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