Frédérique Niay enfin libre !

Frédérique Niay enfin libre !

Publié le mardi 26 juillet 2011 à 10H48 - Vu 785 fois

ILS ont encore du mal à réaliser que leur combat est terminé. Les proches de Frédérique Niay, cette Laonnoise de 43 ans incarcérée depuis le mois de mars dans une cellule à Melilla, enclave espagnole au Maroc, réaliseront véritablement ce soir qu'elle est enfin libre, lorsqu'elle foulera le sol du hall d'un aéroport parisien, vers 21 heures.
Depuis début juin, ils tentaient de collecter les 9 500 euros, montant de la caution demandée par la justice espagnole pour la libération de l'Axonaise. « Mardi dernier, on a été contactée par une personne de Laon qui souhaite rester anonyme », explique Johanna, la nièce de Frédérique Niay.

« Mon mari est parti là-bas »

Touchée par le combat de cette famille, cette personne a décidé de mettre la main au porte-monnaie et de donner le montant nécessaire à la libération de la Laonnoise. La somme précise versée reste inconnue. « Mon mari est parti là-bas pour payer la caution. Sur place, il a fait des démarches auprès du consulat, du juge et d'une banque. Le consulat nous avait dit que Frédérique ne serait sans doute pas libérée de suite. Mais les choses sont allées vite. »
Frédérique Niay n'a pas su immédiatement qu'elle allait recouvrer la liberté. « Ils lui ont fait une couleur le matin de sa libération, pour qu'elle soit plus présentable sans doute, et puis ils lui ont dit qu'elle était transférée dans une prison marocaine. C'est au moment de signer les papiers qu'elle a vu le nom de mon mari et qu'elle a compris qu'elle était libre. »
Adrien, le compagnon de Johanna, voulait immortaliser l'événement en filmant la sortie de Frédérique Niay. « On l'a empêché. » dit simplement la nièce.

Réapprendre à vivre

Exténuée, à bout de nerfs, apeurée, Frédérique Niay n'a pour l'heure livré qu'un témoignage partiel de son quotidien en détention. « Là-bas, c'est la jungle. L'horreur, les détenus sont considérés comme des bêtes. Elle explique qu'elle a pu tenir grâce à l'aide de sa codétenue, une Marocaine parlant quatre langues, dont le français. Au cours des quinze premiers jours, alors qu'elle se trouvait dans un état second, en état de choc, c'est sa codétenue qui l'a totalement prise en charge, l'aidant à se laver et la forçant à manger. Ma tante a dit que sans cette femme, elle ne serait sans doute plus là aujourd'hui. »
« Frédérique a hâte d'être en France », de retrouver son fils de 13 ans qu'elle n'a plus vu depuis quatre mois. « Au cours de ces longues semaines, elle n'a jamais cessé d'écrire. Elle se raccrochait à ça pour ne pas sombrer. Il fallait qu'elle couche sur papier ce qu'elle vivait. » Des dizaines de feuilles noircies. Elle a écrit, dans les moindres détails, son arrestation, « comment ses droits de citoyenne européenne ont été bafoués », sa première nuit en prison, les convocations en justice, des auditions qui n'ont été qu'un enchaînement de déceptions. Frédérique Niay en a-t-elle enfin fini avec la justice espagnole ? « Elle ne le sait pas… Elle a compris qu'elle recevrait des courriers en France mais ils ne lui ont rien dit de plus. »
Elle le sait, elle ne reprendra pas sa vie totalement là où elle l'a laissé en partant au Maroc. Ses proches ont fait comme ils ont pu, en son absence, gérant ses papiers, tentant de payer toutes ses factures. Certains en ont profité.

Début mai, l'appartement de Frédérique Niay a été cambriolé. Bijoux, équipements informatiques, et surtout les consoles de jeux de son fils ont été emportés… Et puis, elle n'a aujourd'hui plus aucun revenu. Bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique, elle n'a pas pu faire les démarches nécessaires.
C'est aussi une autre femme. « Elle est affaiblie, très sensible, a perdu un peu d'assurance. Elle avait confiance en son petit ami. Elle s'est fait avoir en beauté. Il a abusé de sa gentillesse. Elle se sent trahie et veut qu'il rende des comptes. »
 

L'union l'Ardennais