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Foire aux vins : comment s'y retrouver ?

Publié le mardi 18 septembre 2012 à 11H07 - Vu 539 fois


Des caisses de bois empilées dans les travées, des clients le nez dans le catalogue,  c'est l'ambiance foire aux vins dans un hyper rémois. 	Remi WAFFLART

Des caisses de bois empilées dans les travées, des clients le nez dans le catalogue, c'est l'ambiance foire aux vins dans un hyper rémois. Remi WAFFLART

Remi WAFFLART


Cette année, la foire aux vins est marquée par une baisse des prix. Cependant, il ne faut pas se jeter sur n'importe quoi ! Voici les conseils d'un œnologue et d'un caviste.

Avec 70 millions de bouteilles écoulées, les foires aux vins sont l’événement commercial incontournable de la rentrée, après celui des fournitures scolaires, dont l’achat glisse doucement vers juillet.

Certains lient cette tradition mercantile et sympathique aux vendanges, qui ont lieu dans le vignoble français à la même période. Mais on voit mal le lien entre le coup de sécateur et le coup de carte bleue. La genèse revient plutôt aux hypers Leclerc qui ont lancé le concept dans les années soixante-dix.Le précurseur était en particulier un certain Antoine Polard. «Cet adhérent breton s’est lancé le premier dans les achats de vins en primeurs pour la grande distribution sur la place de Bordeaux. L’initiative a fait boule de neige», explique la revue spécialisée Rayon-Boissons. Les foires aux vins sont devenues un enjeu de compétition fort entre les enseignes si bien que toutes s’y sont mises même celles du discount.Lidl a sa foire et ses références ne sont pas ridicules.

Ce rendez-vous est important pour l’image de marque. Dans la plupart des catalogues on retrouve, certes en quantité limitée, des grands cru classés qui sont, à notre connaissance, les seuls produits de luxe vendus en grande surface. Pas mal non?

Pour autant, la foire aux vins, ce n’est pas que la fête aux bouteilles chères. D’après la Revue duVin de France, seuls 1,5 % des clients achètent des bouteilles à plus de 50 euros, contre 80 % des bouteilles à moins de 20 euros. L’œnologue Geoffrey Orban nous fait partager quelquse bons tuyaux, avec du vin plaisir accessible à moins de cinq euros.

 

 

« Les meilleures affaires dans les grands crus »

Journaliste à la Revue du Vin de France, Hakim Bendaoud écume tous les ans les foires aux vins de France et de Navarre. Il nous en dévoile les coulisses.

Les sélections sont-elles les mêmes dans les divers magasins d'une même enseigne ?
En règle générale, les centrales d'achat font des sélections nationales qui sont des troncs communs. Ensuite, il y a des sélections régionales, surtout pour les indépendants dont les directeurs sont propriétaires de leur magasin comme chez Intermarché ou chez Leclerc. Ce sont souvent des compléments attribués à des zones géographiques spécifiques. La chose est taboue auprès des distributeurs, mais il y a aussi de l'approvisionnement direct. Il est effectué par des acheteurs ou des patrons de magasin amateurs de vin qui visitent le vignoble au cours de l'année afin de faire entrer tel ou tel vigneron en rayon. Là encore, la marge de manœuvre est beaucoup plus importante chez les indépendants.

Du point de vue de l'enseigne, quel est l'intérêt d'une foire aux vins ?
Aujourd'hui, dans la grande distribution, on est dans la standardisation ultime. On retrouve les mêmes produits partout. Or, une foire aux vins, c'est l'une des rares occasions où une enseigne va pouvoir s'illustrer aux travers d'un événement dont l'ampleur est incomparable. Une foire peut représenter 15 % voire 20 % du chiffre d'affaires annuel du rayon vin. En termes d'image, c'est génial et cela permet de se constituer une base de données clients.

Quelles sont les difficultés d'approvisionnement pour un distributeur ?
C'est d'abord de réussir à mettre la main sur les bons millésimes, comme par exemple 2008 à Bordeaux. C'est aussi d'avoir la quantité suffisante pour contenter tous ses magasins en France. Ensuite, il faut avoir le bon prix. Par exemple, les 2009 sont un peu chers par rapport aux 2008 dans le Bordelais. Donc comment rester compétitif et séduire le consommateur avec des prix élevés ? Enfin, il y a la concurrence. Les prix sont tellement serrés que l'on n'est plus sur une guerre des bénéfices mais sur une guerre d'image.

Les prix sont-ils plus intéressants qu'au long de l'année ?
C'est très avantageux à partir du moment où l'on ne se précipite pas. Une foire aux vins se prépare, il faut comparer. C'est surtout avec les grands crus que l'on fait de bonnes affaires. Il faut donc aller aux soirées inaugurales, c'est là que les plus belles bouteilles partent. Tous les premiers grands crus classés, que recherchent les amateurs, ne sont présents qu'en faible quantité en magasin. En plus lors de ces soirées, il y a souvent des promotions supplémentaires et l'on peut parfois rencontrer des vignerons. En revanche, pour des vins à boire dans l'année, comme Larose-Trintaudon, le gain va être faible, peut-être un euro.

Les distributeurs ont-ils tenu compte de la crise ?
Oui. Ils proposent un assortiment plus important de bouteilles plus accessibles et ils réduisent les commandes de bouteilles intermédiaires à 30-40 euros qui, si on ne les écoule pas pendant la foire aux vins, représentent une immobilisation importante.

Julien Bouillé
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