Publié le mardi 14 février 2012 à 12H00 - Vu 946 fois
Salie. Selon la descendance Caffarelli, la fiction de ce soir sur France 2 s'apprête à « salir » la mémoire de leurs ancêtre, Auguste de Caffarelli, aide de camp de Napoléon Bonaparte. Explications.
ELLE n'a ni l'envie ni le besoin de vanter les ancêtres de son passé. Dans la famille de Caffarelli, on est notable de père en fils, et pourtant l'on se tient loin du strass et des paillettes.
En revanche, on cultive le souvenir, la mémoire de ses ancêtres, et notamment lorsque l'un d'eux s'appelle Auguste du même nom, aide de camp de Napoléon Bonaparte. Dans un arbre généalogique, ce n'est pas rien. Et dans la famille de Caffarelli, où l'on aime à classer les documents du passé, ça l'est encore moins.
Son histoire, son passé et l'exactitude des faits s'en trouvent aujourd'hui bafoués dans le téléfilm diffusé ce soir et demain sur France 2, selon Jean-François de Caffarelli. Un téléfilm qui retrace le portrait de Toussaint Louverture, né esclave dans l'Ile de Saint-Domingue, un affranchi qui transforma les troupes des insurgés en une véritable armée révolutionnaire. Celle-ci vint à bout du système colonial en quelques jours seulement. Quelques années plus tard, dès 1799, cependant, le premier consul Bonaparte en décidait autrement.
Toussait Louverture finit emprisonné entre les murs du Fort de Joux, dans le Jura français. Le téléfilm relate son incarcération et ses relations avec le général de Caffarelli, missionné pour recueillir les révélations que Toussaint Louverture avait promis au premier consul.
« Dans ce film, l'arrière-grand-père de mon grand-père est présenté comme ayant eu à l'égard du héros du film une conduite indigne et, chose plus grave encore, comme ayant commis un assassinat sur un des proches de Toussaint Louverture. La mémoire de mon ancêtre s'y trouve ainsi salie. […] Et le personnage caricatural à qui son nom est attribué ne correspond pas à ce qu'il a été dans l'ensemble de sa vie et de sa carrière militaire et politique. »
Ainsi s'est adressé le descendant à la société productrice du téléfilm Eloa Prod et à la direction de France 2, après avoir visionné la bande-annonce du téléfilm sur Internet, la semaine dernière.
« Un peu effarant »
Il y a quinze jours, Marcel Dorigny, historien spécialiste de la révolution en Haïti et maître de conférence à l'université Paris VIII-Saint-Denis, était, quant à lui, invité à l'avant-première du téléfilm : « C'est un film qui a été ovationné, qui a plu et qui plaira, mais qui, d'un point de vue historique, est un peu effarant. Je pense que le réalisateur a été très créatif quant au détournement de l'histoire. Certaines scènes sont invraisemblables et nombreux éléments ont été inventés. »
Pour quelles raisons ? Pour rythmer, vulgariser, simplifier… Jusqu'à quel point ?
Delphine OLIVA
doliva@journal-lunion.fr
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