Publié le mardi 22 mars 2011 à 10H20 - Vu 412 fois
En master 2 de management des PME, Vincent Perna a lancé, avec l'aide financière de son père, sa petite entreprise de sérigraphie sur tee-shirt.
Insertion. La difficulté à trouver un premier emploi pousse les diplômés à créer des boîtes.
Il n'y a vraiment rien d'extraordinaire à écrire que Vincent Perna, 24 ans, est étudiant en master 2 de management des PME à l'université de Reims Champagne-Ardenne et qu'en parallèle, il a un petit travail à temps partiel. Mais ce qui vaut ces quelques lignes, c'est que ce jeune homme débrouillard n'est pas équipier le soir chez McDo ou vendeur de fringues le samedi chez H & M. Il bosse dans sa propre boîte : « Mad Motori ». Il l'a montée tout seul en utilisant le statut d'auto-entrepreneur. Sa spécialité, c'est la sérigraphie. « L'idée m'est venue lorsqu'un jour j'ai cherché à personnaliser quelques tee-shirts pour un enterrement de vie de garçon. Je me suis rendu compte que les professionnels proposaient ce service mais avec des quantités trop importantes. J'ai alors pensé qu'avec la demande des associations, il y avait peut-être quelque chose à faire. »
En bon élève, Vincent Perna a d'abord fait une étude de marché. Et, petite particularité, il n'a pas eu à faire le tour des banques pour réunir les 5 000 euros nécessaires à la création de sa petite entreprise. « Mon père m'a poussé à me lancer dans l'aventure et m'a dit que si je me bougeais, il m'aiderait financièrement. »
Le cas de Vincent n'est pas isolé. « De plus en plus de jeunes diplômés ont du mal à décrocher leur premier emploi. L'alternative, c'est de créer son entreprise. C'est aussi un moyen de se mettre en valeur », explique Matthieu Bressa, cheville ouvrière de « Small Business Management », l'association du master 2 dédié aux PME.
« Ce que j'apprends en cours, je le retrouve sur le terrain »
Monter sa boîte sert aussi à trouver plus facilement un stage mais sans doute pas à remplacer les fameux jobs d'étudiants qui aident à l'autofinancement des études. L'auto-entreprise ne rapporte pas immédiatement. Diabira Malamine en sait quelque chose. Cet ancien étudiant de droit avait créé durant sa scolarité une auto-entreprise de graphisme au service d'associations ayant besoin d'éditer des affiches ou de la billetterie. « Au début pour me faire connaître, je travaillais gratuitement », confie-t-il.
Sofiane Ammydris, étudiant en licence de comptabilité de 25 ans, a éprouvé ses limites. L'an passé il avait décidé, en tant qu'auto-entrepreneur, de lancer un service « d'apporteur d'affaires ». Son job : convaincre des petits commerces de l'agglomération de Reims d'adhérer à un réseau de e-commerce. Il n'est pas parvenu à décrocher de signature. « Dans l'expérience, j'ai compris que je n'étais pas un bon vendeur. Je me suis rendu compte aussi qu'il ne fallait pas improviser et qu'il fallait partir avec un projet réfléchi et structuré. »
Au travers de ces expériences apparaît « la question de l'adéquation, entre les hommes, les projets et les compétences » observe Marc de la Ville Fromoit. Enseignant à la fac d'éco et président de la boutique de gestion des Ardennes, il organisait la semaine dernière une conférence sur le thème des étudiants auto-entrepreneurs. L'auto-entreprenariat est aussi un tremplin vers la création d'une entreprise durable. « Ce que j'apprends en cours, je le retrouve sur le terrain », confie Vincent. Aussi locale soit-elle, l'activité de cet étudiant est confrontée aux mêmes contraintes qu'une PME, comme celle de l'envolée des cours mondiaux des matières premières. Comme d'autres surveillent les cours de l'acier, Vincent doit jongler avec les prix du coton, qui ont plus que doublé au cours des derniers mois. Vincent a aussi appris ce que l'on n'apprend pas forcément entre les quatre murs d'une salle de classe. « Il faut une grande résistance au stress. Je me suis retrouvé face à des fournisseurs aux dents acérées qui ne voulaient pas travailler avec moi. Il a fallu batailler mais j'y suis arrivé. »
Julien Bouille
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