Publié le dimanche 31 juillet 2011 à 11H00 - Vu 535 fois
Le bateau de François Zanella mesure 33,5 mètres pour 102 tonnes, compte un bar, un salon-salle à manger, une cuisine, trois chambres et deux salles de bains.
Réplique au 1/8e du Majesty of the Seas, le bateau du Mosellan François Zanella traverse actuellement les Ardennes et accostera ce week-end à Reims. Pendant un mois, vous pourrez visiter ce mini-paquebot, construit… dans un jardin.
LES Ardennes ont Éric Sleziak, la Moselle a François Zanella. Deux personnages uniques, entiers, prêts à tout pour réaliser leur rêve. Leurs chefs-d'œuvre, le sanglier Woinic et le mini Majesty of the Seas, ont chacun demandé plus de dix ans de sueur et de labeur.
Le hasard des choses fait qu'aujourd'hui, les deux géants vont se retrouver à deux pas l'un de l'autre, dans le sud des Ardennes. De son piédestal sur l'autoroute, la laie XXL apercevra peut-être, qui sait, ce bateau ivre de joie descendant le canal impassible…
Avant d'impressionner les Rémois, l'embarcation de François Zanella a fait une arrivée remarquée, mardi soir, à la halte fluviale de Sedan. Parti de Dun-sur-Meuse le matin, le capitaine Zanella ne s'est annoncé qu'au tout dernier moment. Et c'est peu dire qu'il a fallu lui faire de la place pour qu'il puisse accoster. Cela dit, on ne reçoit pas une telle visite tous les jours !
Le Majesty of the Seas du Lorrain est en effet une vedette. Tout au long de son extraordinaire construction, il a bénéficié d'un écho médiatique à la hauteur de ses mensurations. A commencer par Thalassa, qui lui a consacré pas moins de cinq reportages. Un drôle de pied-de-nez pour « l'émission de la mer », puisque le bateau a vu le jour dans un jardin, à plusieurs centaines de kilomètres de la moindre côte !
« Un rêve de gosse »
Intarissable, François Zanella propose de nous faire la visite. Dans chaque pièce, il délivre une anecdote. Les chiffres tombent dru. Sa « maquette », comme il l'appelle, mesure plus de 33 mètres de long, près de cinq mètres de large et six mètres soixante de haut… « avec la cheminée », précise- t-il. En tout, 102 tonnes, qu'il manœuvre depuis maintenant ce fameux 22 juin 2005 où, à Sarreguemines, il a mis à l'eau le rêve de sa vie.
Ce rêve avait changé de cap en cours de route.
« Ma passion me vient d'un rêve de gosse. J'ai eu un vrai coup de foudre en voyant un jour le France à la télé. » Mais quand, plus tard, ce « mineur de charbon devenu capitaine » a voulu faire la réplique du France, les autorités ont dit niet. « Les plans étaient comme classés secret défense. » Du coup, il a opté pour les paquebots de luxe de la Royal Caribbean International, dont les 25 navires de croisière sillonnent les océans toute l'année.
Dans sa maison de Morsbach, à côté de Forbach (Moselle), le mineur de fond s'attache alors au Majesty of the Seas, vaisseau de 268 mètres et 80 000 tonnes, grand frère des actuels Explorer, Splendor ou Vision of the Seas, fabriqués aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. Sa réplique au 1/8e demandera onze années d'effort.
« Aujourd'hui, c'est une maison sur l'eau », lance son épouse, confortablement installée avec sa fille et sa petite-fille, en vacances sur le bateau. « Nous y passons à peu près neuf mois dans l'année. » À l'intérieur, le luxe étonne. Trois chambres à coucher, un bar clinquant, un salon-salle à manger cosy, deux salles de bain, une cuisine. Et un garage pour transporter la voiture.
Déjà 6 000 km au compteur
Moquettes, tapisseries, rideaux ignifugés, blocs sanitaires : quasiment toute la déco et le mobilier proviennent de « chutes » d'autres bateaux. Les chambres par exemple : la première vient du Mistral, la deuxième du Sovereign of the Seas, la dernière du Dreamward.
Après 27 ans au fond de la mine, François Zanella, qui a aujourd'hui 62 ans, vit sur l'eau. En six ans, il a parcouru près de 6 000 kilomètres, en Lorraine, en Alsace, au Luxembourg et en Allemagne. « Mais je n'étais encore jamais venu en Champagne-Ardenne. »
C'est désormais chose faite.
Parti de Sedan mercredi matin, il a gagné le canal des Ardennes à Pont-à-Bar. Lorsqu'il nous a quittés, il pensait faire escale au Chesne, puis à Rethel « peut-être vendredi ». Cela dépendra des difficultés pour franchir la vallée des écluses à Montgon. Mais sauf avis de tempête, le Majesty of the Seas devrait être en vue de Reims ce week-end (lire par ailleurs).
L'occasion pour tous les passionnés de navigation, frustrés de voir la mer si loin, de garder espoir.
Tout n'est peut-être pas perdu. Comme François, on n'a pas la mer, mais si on a du courage…
Guillaume LÉVY
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