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[DIAPO] Dans les coulisses du Tour à Saint-Quentin

Publié le vendredi 06 juillet 2012 à 10H06 - Vu 1092 fois


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TOUR DE FRANCE

Jean-Marie CHAMPAGNE


SAINT-QUENTIN (Aisne). On attendait 40 000 spectateurs pour l’arrivée d’étape dans l’Aisne et la foule, venue d’un peu partout en France, était au rendez-vous. Malgré les averses orageuses, l’ambiance a été chaude !

CERTAINS ont attendu près de 9 heures boulevard Gambetta, mais le show en vaut la chandelle à voir les mines rayonnantes après l’arrivée.

L’orage et les pluies diluviennes ont quelque peu perturbé les festivités du début d’après-midi, et notamment la représentation du Millery’s Jazz Band. Mais environ une heure avant le passage de la caravane, une éclaircie salvatrice a empêché cette immense fête populaire de tourner au fiasco.
La caravane, afin de se faire une idée, c’est 180 véhicules, soit 37 annonceurs, pour un défilé qui s’étend sur près de 12 kilomètres. Un show de trois quarts d’heures qui a progressivement réchauffé l’ambiance.

Des clameurs assourdissantes

Lorsque les 198 coureurs, répartis en 22 équipes, passent le panneau d’agglomération de Saint-Quentin et se mettent à dévaler la longue rue de Paris, les clameurs deviennent assourdissantes.
Près de la ligne d’arrivée, cris de stupeur… à l’annonce de plusieurs chutes de cyclistes. Tous les regards se tournent vers les écrans géants, on tend l’oreille. Qui est tombé ? Et puis le sprint. Certains dans la foule s’énervent, d’autres trépignent. La foule tape contre les barrières à un rythme de plus en plus soutenu, étourdissant. Les premiers coureurs entament la dernière ligne droite. On se bouscule un peu pour avoir la meilleure vue.
Des tâches de couleur filent à toute vitesse, acclamés par la foule. C’est déjà fini. À peine le temps de se rendre compte. Le peloton a franchi aussi la ligne d’arrivée. Et on se bouscule encore, cette fois dans l’autre sens pour repartir. Les conversations sont animées. On refait la course et on pense déjà à l’étape du lendemain, regagnant sa voiture.

Reportage réalisé par Aurélie BEAUSSART

Une étape en famille

Thérésa et Edouardo avec les enfants : Anthony, Rémi et Antoine.
Ils viennent du département voisin du Nord. « On vient du Cateau. On est venu vers 9 h 30 pour examiner le parcours dans la ville et avoir ensuite une bonne place près de la ligne d’arrivée. On a aussi assisté au final de l’étape d’avant parce qu’on est originaire de la Normandie. »
Le Tour de France est une histoire de famille. « Chaque année, on essaye de suivre quelques étapes. L’an prochain, on en fera sans doute une de montagne. »
Edouardo a eu du flair en pronostiquant plusieurs chutes dans les deux kilomètres avant l’arrivée : « Il y a deux virages serrés et avec la pluie, la chaussée va être glissante. » La petite famille qui n’a qu’une devise, que « le meilleur gagne », a cependant une équipe chouchou : « la Française des jeux ! », clament-ils en cœur.

Michel et Joselyne de Tergnier

Ils n’avaient pu faire le déplacement en 2006 parce qu’ils travaillaient. Michel et Jocelyne, de Tergnier, se sont levés tôt ce jeudi pour arriver peu avant 10 heures sur Saint-Quentin.
Ils ont pris un tabouret pour pouvoir se reposer un peu durant les longues heures d’attente. « On aime le cyclisme, le Tour de France en particulier et on ne pouvait quand même pas encore rater l’occasion de venir assister à une arrivée d’étape. L’ambiance juste avant de voir les coureurs franchir la ligne, c’est tout de même autre chose que lorsqu’on est devant sa télé ! Rouen/Saint-Quentin, c’est une étape pour les sprinteurs. L’arrivée, ça va se jouer de peu. »
Vendredi matin, ils partiront très tôt pour se rendre à Metz, l’arrivée de la sixième étape, « où vivent les enfants, pour assister ensemble à l’arrivée. »

Bernard, Dominique et Lucas, aficionados originaires de Bapaume
Pour rien au monde, ils ne rateraient une édition du Tour de France. Chaque mois de juillet, ils assistent à plusieurs arrivées, un peu partout dans l’hexagone. Ils étaient déjà là en 2006. Quasiment au même endroit, au pied de la ligne d’arrivée. Un emplacement que beaucoup leur envient.
« On est arrivé vers 8 heures. » Ils ne sont pas venus « en touristes » : fauteuils de camping, sac isotherme pour les boissons et les sandwiches… « La caravane, ce n’est plus comme avant, où on avait des casquettes à gogo. Si on a un porte-clés, c’est déjà bien… »
Ils viennent alors surtout pour l’ambiance du tour et les animations. « À chaque étape, c’est différent. On était mardi à l’arrivée près de Saint-Omer, le spectacle était grandiose : les hélicoptères ont fait quelques figures aériennes. »

 

Le maillot géant en bouchons de plastique !

C’est un maillot jaune d’un gabarit hors norme de 20 mètres sur 20 ! Il s’étale sur près de 250 m2 à l’intérieur du stade Gustave-Massot, rue de Paris à Saint-Quentin. L’idée a germé dans la tête d’Anne-Marie De Decker, la présidente de l’association Les Bouchons d’amour, qui a cherché un moyen de faire connaître la structure à la France entière lors du passage du Tour. L’association récolte des bouchons en plastique pour les revendre ensuite à une entreprise de récupération. L’argent récolté permet de financer du matériel pour les personnes à mobilité réduite ou des opérations humanitaires ponctuelles.
Le maillot jaune a été conçu avec près d’1,5 tonne de bouchons jaunes et bleus (indiquant le nom de l’association), bien lisible de l’hélicoptère du Tour, soit 1 500 000 pièces. Il a pu voir le jour grâce à la mobilisation des écoles, des lycées, centres sociaux, hypermarchés de Saint-Quentin… La collecte a commencé en décembre et hier, dès 8 heures, près de cinquante bénévoles sont venus pour constituer le maillot dont des personnes handicapées de l’IME La Tombelle, de la Feuillaume, des résidents de la maison Sophora, des membres du CAJ (Centre d’activité de jours) et du foyer de Dallon.

La collecte des bouchons a débuté il y a un peu plus de six mois. Cinquante bénévoles ont ainsi dessiné, en bouchon, un maillot jaune géant.

Un village en demi-teinte

Le temps incertain a sans doute eu raison du village d’associations, installé place de la liberté, en face du canal. Il y avait certes des activités mais à minima.
Gendarmes, pompiers, sapeurs-pompiers étaient bien présents pour donner tous les conseils et répondre à toutes les questions de jeunes qui chercheraient encore leur voie professionnelle, mais l’aquacycling proposé par la BUL (Base urbaine de loisirs), par exemple, n’a pas ou quasiment pas fonctionné.
Ce qui a en revanche particulièrement bien marché c’est, pour les plus petits, le parcours à vélo des plus ludiques avec ses bosses, plateaux et autres « waves » ou encore l’initiation au saut à vélo avec un airbag géant qui permettait d’amortir les chutes (notre photo).

Des malvoyants sur la grande boucle

Ils sont partis à 9 heures piles, sous un soleil de plomb. Quarante-huit membres de l’association Valentin-Haüy venant du Saint-Quentinois, bien sûr, mais également du Chaunois et de Paris ont répondu présents.
Et quel défi ! Parcourir en tandem 25 kilomètres en deux heures. « On a fait quelques entraînements mais c’est toute une technique. »
Les équipes sont composées d’un voyant et d’un handicapé visuel qui doit avoir une totale confiance en son partenaire. Ce dernier doit annoncer le moindre virage, la moindre côte ou descente.
Parti du champ de foire, à côté de la gare de Saint-Quentin, sous les applaudissements de quelques aficionados du Tour déjà arrivés, le circuit les a emmenés du côté d’Harly avant de franchir la ligne d’arrivée de la cinquième étape du Tour, sur les Champs-Élysées de Saint-Quentin, la même que celle qu’ont franchi les forçats de la route, bien plus tard, peu après 17 heures.
48 membres de l’association ont relevé le défi en VTT et tandem.
Aurélie BEAUSSART

 

La machine à rêves

Pour que le Tour de France existe tel que vous le voyez, à la télé, au bord de la route, ou bien en feuilletant votre journal, en encore en écoutant la radio, 3 500 personnes, surtout des hommes puisqu'il n'y a que 50 femmes, travaillent jour et nuit pour assurer toute la partie technique du Tour. « C'est une ville itinérante qui a sa propre ressource électrique, son commissariat de police, sa poste, des cuisiniers… » Le village technique, c'est près de 150 poids lourds.
Troisième événement sportif mondial
La société Orange par exemple, assure les liaisons d'images et les lignes téléphoniques, Internet… Henri Terreaux, le monsieur Tour de France de l'entreprise explique : « Nous avons 40 techniciens mobilisés qui assurent le transport, le montage, la mise en route et la maintenance des infrastructures. On transporte 12 tonnes de matériel sur les trois semaines, on déroule 25 km de câbles. Il faut permettre à 450 journalistes presse écrite de travailler avec un réseau Internet. On ajoute aussi des relais mobiles à proximité, afin d'écouler les trafics 2G et 3G. Une borne radio permet 500 connexions simultanées. »
Le tour de France est le troisième événement sportif mondial, retransmis dans 190 pays sur 100 chaînes et le staff technique n'a pas le droit à l'erreur.
Les images et les sons de la course sont pris par cinq cameramans sur des motos et par deux caméras hélicos. Ces informations sont transmises aux avions qui volent en cercle au-dessus de la course. Les avions transmettent alors le tout, à parfois 200 kilomètres de là, au village technique de la ville d'arrivée. « On reçoit la liaison par les paraboles installées en haut d'une grue de 35 m, voire 70 m ». Voici côté réception/émission.
Quant au classement lors du sprint intermédiaire ou pour l'arrivée, des caméras pouvant enregistrer 10 000 images par secondes sont installées. « C'est le photo-finish. On décortique les images et on fait ainsi le classement, dossard par dossard. Cela doit être fait en 8 minutes maximum », explique Bruno Thomas chef du chronopôle. « Chaque vélo a un transpondeur à l'arrière. C'est une sorte de puce. Il permet d'établir pour la télé un classement provisoire en 30 secondes. » Tous les soirs, c'est le même ballet. On démonte, on remballe et c'est reparti jusqu'à la prochaine ville d'arrivée. À peine le temps de dormir qu'il faut déjà tout remonter pour la prochaine course. Un défi technique journalier !

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