Publié le vendredi 13 avril 2012 à 11H00 - Vu 189 fois
Du côté de Mesbrecourt, les agriculteurs ont initié une démarche concertée qui a permis de faire revivre la rivière.
CE vendredi à partir de 19 heures, se déroulera la première Nuit verte, au Trocadéro, à Paris.
A l'initiative de la FNSEA Nord bassin parisien (comprenant douze départements dont l'Aisne), cet événement est destiné à communiquer sur l'engagement des agriculteurs par rapport aux enjeux environnementaux. L'Aisne y parlera de la protection des eaux de surface.
Hubert Compère, installé à Mesbrecourt-Richecourt, y prendra sans doute la parole. L'homme est un passionné, au cœur d'une opération dont le succès est indéniable.
Elle concerne le Péron, petite rivière qui serpente à partir de Monceau-le-Neuf, pour se jeter dans la Serre, à Mesbrecourt.
« Le cours d'eau a été victime de plusieurs pollutions accidentelles dans les années quatre-vingt-dix. Il y avait dans le secteur plusieurs agriculteurs pêcheurs qui ont lancé la réflexion. »
Il pouvait y avoir des rinçages de cuves à traiter sur un chemin. En cas de pluies fortes, cela pouvait ruisseler jusqu'à la rivière. Idem pour les rinçages dans des fermes sans installation fixe.
La chambre d'agriculture, soutenue par la coopérative et l'Agence de l'eau, a lancé le projet Life, bénéficiant de fonds européens.
Projet Life
Il y a eu de nombreux diagnostics, sur les exploitations en zone à risques par exemple. L'installation de bac étanche pour le rinçage a été préconisée.
« Aujourd'hui, on trouve des fermes où les produits phytosanitaires sont dans un local complètement imperméable, les eaux de vidanges sont récupérées et vont dans un bac avec de la terre où les molécules se dégradent tranquillement », poursuit Hubert Compère.
Arvalis a encore établi une carte précise de la nature des sols, de la capacité à absorber ou pas. « Là encore, cela a permis un conseil personnalisé des agriculteurs sur les parcelles à risques. L'intérêt, c'est qu'on n'était pas dans la contrainte, mais dans l'incitation à travailler autrement, à partir d'éléments scientifiques. »
Le projet Life a concerné 76 agriculteurs et 14 000 hectares. Aujourd'hui, le Péron est une rivière cristalline et vivante.
« On y retrouve des espèces d'herbe, signe que la rivière a retrouvé une vigueur. Idem pour les insectes, les crevettes d'eau douce. Ce sont une quinzaine d'espèces de poissons qui ont été recensées. »
Une satisfaction qui n'arrête pas Hubert Conquête dans sa quête d'une agriculture qui nourrit les hommes en prêtant attention à la nature. « Il a, par exemple, créé des zones de retenues naturelles de l'eau de ruissellement à certains endroits, qui sont devenues des sortes de petites mares. Il a mis en place aussi des petits pièges sur ces parcelles pour comptabiliser les insectes. On voit les nuisibles, ceux qui luttent contre les nuisibles. Cela permet de savoir exactement s'il est nécessaire de traiter et de quelle manière. Aujourd'hui, on utilise beaucoup mieux les produits phytosanitaires et donc beaucoup moins. »
Yann LE BLÉVEC
yleblevec@journal-lunion.fr
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