Publié le mardi 24 août 2010 à 09H41 - Vu 603 fois
Jacques Martinez, l'instructeur décédé ce week-end dans un crash au côté de pilotes du Soissonnais : Marie-Christine Laurence et Jean-Paul Loublier (président des Ailes Soissonnaises).
SOISSONS (Aisne). « Nous avons perdu un grand pilote… et un grand ami ». Le président des Ailes Soissonnaises, Jean-Paul Loublier, comme les autres membres de l'aéro-club, est en deuil. L'instructeur principal de la structure, Jacques Martinez, a trouvé la mort tragiquement samedi après-midi à Montigny-sur-Vence (l'union de dimanche et de lundi) dans les Ardennes. L'avion qu'il pilotait, un biplace Robin DR 400, au côté de Gilbert Hulot, 64 ans, a piqué du nez dans une pâture. Aucun des deux pilotes n'a survécu.
Enquête en cours
Jacques Martinez, 62 ans, était l'un des piliers de l'aéro-club Soissonnais. Arrivé en 2002, il a depuis amené une bonne quarantaine d'élèves au brevet de pilotage. « Il était d'une disponibilité hors du commun ». Sur une trentaine de pilotes en formation à l'aéro-club, il s'occupait d'une vingtaine d'entre eux.
Les qualités pédagogiques de cet ancien militaire faisaient l'unanimité. Tout comme sa qualification en tant que pilote « C'était un mordu d'aviation. Il n'était pas heureux tant qu'il n'était pas dans les airs. C'était également un pilote hors pair : il avait plus de 8000 heures de vol, dont près de 7000 en instruction », souligne Jean-Paul Loublier. Le président des Ailes Soissonnaises a d'ailleurs voyagé plus d'une fois en sa compagnie. « Nous avons effectué plusieurs rallyes (voir photo) à l'étranger. S'il n'avait pas été là, nous ne serions pas là non plus… Les conditions de pilotage demandé des connaissances exceptionnelles. »« La disparition de Jacques créé un grand vide, tant moralement que physiquement. Et pour le club, c'est une catastrophe… », commente Jean-Paul Loublier. Avec la disparition de Jacques Martinez, la communauté des pilotes sud-axonais est endeuillée. En premier lieu, ses élèves. « Psychologiquement, c'est difficile pour eux. Personne ne comprend… » note le secrétaire Jean-Paul Rendu. Pour lui rendre hommage, une veillée funèbre avec ses « disciples » devrait être programmée dans les jours à venir.
Difficile, en effet, de comprendre comment un pilote de cette envergure a pu perdre le contrôle de son appareil lors d'un « banal » exercice. Samedi, Gilbert Hulot, apprenti pilote adhérant depuis plus de trois ans aux Ailes Ardennaises décide d'aller voler. En arrivant à l'aéro-club, il croise par hasard, Jacques Martinez sur le parking. Ce dernier donne également des cours dans les Ardennes.L'apprenti pilote demande alors un cours à l'instructeur soissonnais dans le cadre d'une licence de Private pilote licence (PPL).
L'un des exercices de la leçon du jour est dénommé « la panne en campagne ». « C'est une manœuvre que l'on apprend tous, et que nous refaisons régulièrement », indique Jean-Paul Loublier. Le principe ? L'instructeur simule une panne de moteur. Il demande alors au pilote de mettre l'avion en configuration pour le faire planer, dans le but d'atterrir.
Les premières investigations révèlent que Gilbert Hulot avait remis les gaz lorsque l'avion a touché le fil électrique d'une ligne haute tension. Mais l'avion se trouvant face au soleil, le pilote et son instructeur n'ont pu ni voir les câbles, ni les poteaux, cachés par la forêt. L'enquête menée par les gendarmes du transport aérien de Reims, le bureau enquête accident de la direction de l'aviation civile de Metz, sous la direction parquet de Charleville-Mézières, se poursuit actuellement.
Julien ASSAILLY
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