Publié le mardi 17 janvier 2012 à 10H37 - Vu 2826 fois
Grégory Wiart est enterré dans le cimetière de Montescourt-Lizerolles. Il est décédé dans un accident de voiture un an après l'assassinat d'Élodie Kulik.
Coup de théâtre dans l'enquête sur le viol et le meurtre d'Elodie Kulik dont le corps avait été découvert partiellement brûlé en janvier 2002, entre Saint-Quentin et Péronne. Des recherches ADN par parentalité ont livré le nom d'un des agresseurs de la jeune banquière. Artisan plombier, Grégory Wiart est mort dans un accident de la circulation en novembre 2003.
Les gendarmes de la section de recherches d'Amiens sont en passe de résoudre une des énigmes criminelles les plus mystérieuses de ces dix dernières années, celle du viol et de l'assassinat d'Elodie Kulik en janvier 2002. Récemment, ils ont mis un nom sur un ADN nucléaire découvert sur la scène de crime à deux endroits.
D'autres agresseurs à identifier
Un avait été prélevé sur le corps partiellement dénudé et brûlé de la jeune banquière et l'autre se trouvait sur un préservatif abandonné à proximité. L'homme en question est un certain Grégory Wiart, originaire de Montescourt-Lizerolles, un village situé à une dizaine de kilomètres au sud de Saint-Quentin.
Des analyses de parentalité
Les gendarmes sont remontés jusqu'à lui grâce à des recherches ADN à la pointe de la technique. Ils ont procédé à des analyses par parentalité. C'est à dire qu'ils ont élargi les comparaisons à tous les suspects dont la carte génétique était présente dans la base de données du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) par le biais d'un proche parent. C'est ainsi qu'ils ont trouvé trace de Patrick, un autre artisan plombier. Grégory Wiart avait en fait marché sur les traces de son père, travaillant à ses côtés comme apprenti avant de se mettre à son compte.
Le père était inscrit au FNAEG pour avoir eu maille à partir avec la justice dans le cadre d'une affaire d'agression sexuelle sur mineure. C'est d'ailleurs cela qui le met hors de cause dans l'assassinat d'Elodie Kulik puisqu'il était en prison au moment du drame.
Les gendarmes cherchent maintenant à identifier les autres agresseurs de la jeune femme qui seraient au nombre de deux et peut-être davantage. Ils en veulent pour preuve deux autres ADN mitochondriales découverts près du cadavre de la malheureuse, notamment sur une serviette éponge.
Ces ADN partiels peuvent parler pour peu que les enquêteurs mettent un nom sur les complices de Grégory Wiart. On sait aussi grâce à un abominable enregistrement de 26 secondes - correspondant à l'appel de détresse d'Elodie aux pompiers - qu'elle est aux prises avec trois individus dont les accents trahissent des origines picardes.
C'est pourquoi hier, moins d'une semaine après le funeste dixième anniversaire de la mort de la banquière de 24 ans, les gendarmes ont auditionné cinq personnes prises dans l'entourage de Grégory Wiart. D'autres proches pourraient être entendus à la suite. Car il faut maintenant déterminer qui accompagnait Grégory Wiart lors de cet abominable périple et qui a conduit une innocente à la mort.
Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr
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