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C'était la génération "emploi jeune"

Publié le mardi 09 octobre 2012 à 15H52 - Vu 806 fois


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Les


[TÉMOIGNAGES]. Alors que le texte sur les "emplois d'avenir" doit être voté définitivement ce mardi 9 octobre, rencontre avec d'anciens "emplois jeunes" de la région qui portent des regards très divers sur cette période de leur vie et ce qu'ils en ont retiré.

Quinze ans après les "emplois jeunes" de Lionel Jospin, Jean-Marc Ayrault signe le retour des emplois aidés avec les "emplois d'avenir" destinés aux 16-25 ans issus des zones défavorisés. Nous avons retrouvé d'anciens "emplois-jeunes" qui tirent le bilan de cette expérience qui a marqué toute une génération de jeunes qui arrivait à l'époque sur le marché du travail. 

 

Yann : "Un "emploi jeune", ce n'était pas un CDI à la clé mais un bagage"

"Emploi jeune en asso, je suis maintenant chef de cabinet de Région. Avant cela, pas UN SEUL entretien". Yann Djermoun résume son parcours en 140 caractères comme il est d'usage sur la plateforme Twitter. Il retrace son parcours pour le moins atypique. Quand Yann décroche son premier "emploi jeune" en 1999, il est à la fac et n'hésite pas longtemps avant de faire son choix. "J'ai eu une opportunité. On m'a proposé un "emploi jeune" en tant que directeur artistique assistant à Charleville-Mézières dans une association. "J'étais très impliqué dans la vie associative, et ils m'avaient repéré."

"Ca a été pour moi une expérience très enrichissante. Je me suis retrouvé tout de suite à un poste à responsablité. Je pilotais de vrais projets dans le domaine culturel. J'ai acquis en quelques années une véritable expérience administrative et comptable. J'ai appris le management... J'ai découvert les collectivités parce qu'il fallait monter des projets avec elles dans le cadre des dispositifs de culture urbaine." Difficile de l'arrêter, à l'évocation de cette période, ses yeux pétillent.

Nostalgique ? Non, se défend Yann Djermoun mais "c'était super intéressant. Je m'en souviens comme d'une période où on a été un paquet à intégrer des postes d'"emploi jeune". On a trouvé ce que l'on recherchait : de la stabilité. Cela nous a permis de savoir et montrer ce dont on était capable."

Seul point noir : la formation : "on n'en a jamais vu la couleur ! ".

En 2001, il quitte l'association ardennaise pour se lancer en free-lance et signe un second "emploi jeune" en 2003 dans une association culturelle vitryate dont on lui confie la gestion.

"Un "emploi-jeune", ce n'était pas pas un CDI à la clé mais un bagage. Psychologiquement on est sur le marché " Ce qu'il en retient, c'est qu'on lui a donné sa chance et une expérience. "Quand on est jeune, le problème, c'est toujours d'obtenir un premier emploi. Pour cela, il faut décrocher un entretien et il y a toujours la question du nom, de l'adresse. De ce point de vue là, les barrières n'existaient pas avec les "emplois jeunes"", confie Yann Djermoun.

 

Catherine* : "L'emploi jeune ne m'a rien apporté"

Catherine est Ardennaise, elle a été "emploi jeune" entre 1997 et 2002 en tant qu'aide éducatrice. Elle dresse un bilan peu flatteur du dispositif de Jospin. "Ces emplois avaient été créés dans la précipitation. J'ai été recrutée au cours d'un entretien de 5 minutes, où on m'a demandé uniquement mes centres d'intérêts et l'endroit où je souhaitais être "affectée" regrette la jeune femme.

Cette ancienne Carolo met en avant "un statut qui était bancal". "Nos contrats étaient de droit privé alors que nous travaillions dans le public. Je me trouvais dans un groupement scolaire de ZEP." Elle considère que rien n'avait été pensé. "Comment faire 39 heures dans une école qui est ouverte à peine 30 heures ? Que nous faire faire dans les écoles ? Au début on avait un poste mais pas les moyens qui vont avec, pas de matériel, pas de locaux, etc ... Alors que dans l'école où j'ai travaillé, nous avons été jusqu'à 5 emplois jeunes ..."

Mais Catherine ne s'arrête pas là. "L'État n'avait même pas pris la peine de nous faire cotiser aux ASSEDICS !"

Quant à ce qu'elle retire de cette expérience, l'Ardennaise n'est pas plus tendre. "Ce contrat ne m'a rien apporté que je puisse réellement faire valoir ensuite au cours de mes recherches d'emploi. D'ailleurs, aujourd'hui dans mon emploi actuel, peu de personnes savent que j'ai été "emploi jeune"." Elle pointe également du doigt l'absence de formations qualifiantes à la clé.

Mais il y a un bémol, tout de même. "Pour être honnête, j'avais 20 ans et cela m'a permis de vivre durant cinq ans et de débuter dans la vie active, d'apprendre des choses qui m'ont apporté au niveau personnel."

Elle estime que ces contrats ont été une façon de masquer le chômage des jeunes. "Aucun de nos "emplois jeunes" dans les écoles et collèges n'a été reconduit. Un tas de choses avaient été mises en place et ont été abondonnées. Une belle façon de nous montrer à quel point nous avons été utiles !"

*Catherine est un prénom d'emprunt.

 

Michael : " J'avais 24 ans, un emploi stable, un salaire, un appart ! C'était énorme!!"

Michael est Châlonnais. Quand il atterri à Vitry, il n'a pas de diplôme en poche, mais déjà un joli parcours associatif en tant que bénévole dans le domaine de l'insertion. Le jeune homme qui suivait un chantier d'insertion bataille pour décrocher un "emploi jeune" dans une municipalité au service des espaces verts.

Mais quelques mois plus tard, une association culturelle décide d'embaucher quatre "emplois jeunes". Le musicien saute sur l'occasion. "Mon premier "emploi jeune", c'était une opportunité. A terme, je pense qu'il m'aurait conduit à un CDI. Mais avec le second, j'étais complètement en phase avec mes aspirations. Il a complètement déterminé ce que je suis aujourd'hui."

Michael considère avoir énormément appris pendant cette période. "Je faisais des choses passionnantes, j'avais un poste à responsablité, j'ai acquis une autonomie dans le travail. J'ai voyagé, on a fait 200 concerts !". Et il remet les choses en perspective. "J'avais 24 ans, un emploi stable, un salaire, un appart ! C'était énorme!!", s'amuse-t-il avec le recul.

Son contrat ne se transforme pas en CDI, l'association ne parvient pas à pérenniser les emplois, mais il rebondit rapidement. "Je n'avais pas de CDI, mais j'étais en phase avec le marché du travail, je savais me défendre". Micheal est embauché dans une association d'insertion. Il gravit les échelons et travaille aujourd'hui pour la plus grosse entreprise française qui accompagne les demandeurs d'emploi. Il s'occupe maintenant des contrats d'avenir... Un clin d'œil de la vie qui l'amuse.

Michael adhère complètement à l'idée d'appartenir à une "génération emploi-jeune". "Ma femme était emploi-jeune et autour de moi, j'ai plein d'amis qui ont bénéficié d'"emplois jeunes"". Il conclut : "Un "emploi-jeune", il est ce qu'on en fait ! Certains bien sûr sont restés sur le bord de la route, beaucoup aussi on été "CDIsés"".

 

Yann : "Jouer le jeu de la pérennisation des contrats"

Yann a été "emploi jeune" entre 2002 et 2004. "J'étais agent de développement pour un club sportif. Ces deux années m'ont permis de me former. Je sortais d'un bac dans le milieu de l'industrie et j'ai voulu changer de branche", explique-t-il.

De cette époque, il garde un bon souvenir. "J'ai pu apprendre le métier sur le terrain tout en passant mon brevet d'État. Le club n'a pas pu pérenniser mon emploi, mais le fait d'avoir bénéficié d'une formation était malgrè tout une avancé. Cela m'a permis ensuite de me spécialiser et aujourd'hui je suis adjoint d'animation titulaire dans une collectivité territoriale..."

S'il est satisfait de son parcours, Yann pense maintenant aux "contrats d'avenir" et prévient : "Il faut que les structures jouent le jeu de la pérennisation des contrats qu'ils signent".

 

Sandra : "Beaucoup d'abus"

Sandra pose quant à elle un tout autre regard. "Je faisais partie de ces "emploi jeunes". Aujourd'hui je suis titulaire de la fonction publique, mais je ne peux pas dire que ce soit grâce à cette précarité que m'a offert le gouvernement de l'époque !! "
Puis elle tempère. "Avec le recul je pense que ça a pu être un tremplin pour moi, mais il y a eu beaucoup d'abus". Elle dénonce le fait que certains "ont été exploités" parce qu'on leur avait fait miroiter un CDI en fin de contrat. "Nous avions tous cet espoir d'être embauchés !!!". Même plus de quinze plus tard, Sandra garde un goût amer de ces "emplois jeunes" et observe avec méfiance l'arrivée des "emplois"solidarités".

 

Carole Bouillé
 

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Les dernières contributions


grandjack

11/10/2012 à 15h42

Mais maintenant Monsieur braquo, ce sont justement des emplois sans avenir .

Commentaires anonymes

11/10/2012 à 11h35

Oui, mais ; C'était "des emplois jeunes", pas des emplois d'avenir, c'est là toute la différence... S'appelle pas pareil...

grandjack

11/10/2012 à 00h23

Monsieur Tom-, d'après les chiffres officiels, plus de 60% sont restés sur le carreau.

ange51

10/10/2012 à 23h33

mais ont le sait que c'est de la main d'oeuvre gratuite pour les entreprises c'est comme les contrats c e s ça n'aà jamais amener d'emploi fixe on à tout bêtement fait de la main d'oeuvre payer à cout de trique et rien au bout même pas de cotisations retraite c'est une honte de prendre les jeunes et les chômeurs des esclaves et des forçats la france c'est le bagne des jeunes et des séniors quelle catastrophe cette politique gouvernementale

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

10/10/2012 à 18h56 | 1

De petits résultats vu l'argent dépensé !

SYGMA08

10/10/2012 à 15h13

Les jaloux n'ont qu'à prendre leur carte !
Attention, une chance sur 2 de se tromper ;0)

lacanne

10/10/2012 à 14h27 | 1

FOUTAISES !!!!!

Ces soi-disant emplois tremplins se sont transformés en fonctionnaires embauchés par des collectivités locales bien heureuses de trouver de la main-d’œuvre bon marché et surtout aux politiques de satisfaire le clientélisme afférant à leur fonction !
Caser les fils et fille DE......

Il est beau le système.....

Tom-

10/10/2012 à 12h34

80% des emplois jeunes ont trouvé un emploi. Donc ça marche.

miroir08

10/10/2012 à 12h19 | 1

Eh Yann, heureusement qu'il était carté au PS pour travailler avec Bachy, sinon il serait toujours à Pôle Emploi! Une carte à droite comme à gauche, ça aide...

toonleboss

10/10/2012 à 11h18

Pour ma part, emploi jeune de 2000 à 2003 ds LA collectivité de l'Aisne, tres bon souvenirs, une vraie formation diplomante à la clé (je travaillais une a deux journées par semaine et le reste du temps, en formation BAC + 2). Mis à disposition d'une communauté de communes ou j'ai rencontré des gens extraordianaire qui m'on donné gout à la fonction publique. Aujourd'hui deux concours en poche et fonctionnaire territorial. Conclusion : l'emploi jeune a été un vrai tremplin, mais j'ai eu la chance de tomber dans une collectivité qui a joué le jeu ....

SYGMA08

10/10/2012 à 11h07

Paradoxe typiquement français qui, selon le bord auquel on appartient, fait que, d'une part, l'on demande à l’État d'intervenir pour résoudre le problème de l'emploi et du chômage, et de l'autre, on reproche à l’État de trop en faire en ces domaines !
Le comble étant que les partisans du libéralisme débridé sont les plus virulents à reprocher à l’État interventionniste son "inaction" dans ces domaines !
Va comprendre Charles ...

polodu02

10/10/2012 à 10h44

si les employeurs jouent le jeu : vrai travail,encadrement , formation, ces contrats sont un véritable tremplin pour obtenir un diplôme professionnel. Dans ma commune, l'emploi jeune de l'époque Jospin à permit à une jeune fille de se former et de trouver ensuite un emploi stable. bien sur il y aura toujours des employeurs pour faire miroiter des CDI qui ne viendront jamais, ce sont de véritables salopards.

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

10/10/2012 à 10h15

Aucun d'entre eux dans le secteur marchant !

Commentaires anonymes

10/10/2012 à 08h17

ça leur a permis tout de meme de sa faire de l experience ,

grandjack

09/10/2012 à 23h56

Ces emplois jeunes n'ont apporté que peu de réussite, ont coutés très cher a l'état et donc aux contribuables et ont causés de grosses difficultés au gouvernement suivant car ces jeunes ne cotisant pas au chomage se sont retrouvé complétement démunis a la fin, cela a été un cadeau empoisonné laissé par le gouvernement Jospin . Et le problème avec les emplois sans avenir de Monsieur Hollande sera le meme, le seul but étant de faire diminuer de façon artificielle le chiffre du chomage.

princhon

Ce que l'on apprend pendant l'enfance est mieux gravé que dans la pierre.

09/10/2012 à 18h37 | 1

Comme une pièce il y a deux faces et pour rester dans la même image il y a toujours un revers à la médaille; ainsi sur les témoignages relatés c'est oui mais (sauf le premier qui est mis en exergue et qui est bien tombé), la plupart ont pu voir effectivement la bonne volonté des uns comme des autres mais les limites ont vite été atteintes (situation non prévue,manque de suivi..)
Peu de titularisation dans l'Education Nationale (concours nécessaire et souvent difficile même pour des catégories C ).
Cà rassure nos politiques (baisse des chiffres du chômage) et çà fait gagner du temps!
Dans l'ensemble , c'est le premier (dur) contact avec la réalité du travail!

patchby51

09/10/2012 à 16h30

Avec Sandra, on a l'impression qu'il suffit de bosser jusqu'à l'obtention d'un CDI, et après, on y va tranquille !
Je ne pense pas que ça apporte grand chose aux entreprises ce comportement.

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