Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Ces patrons qui ont réussi sans le bac

Publié le mardi 26 juin 2012 à 10H29 - Vu 1311 fois


1 2

Patron des deux centres E.Leclerc de Reims, Jean-Paul Pageau a débuté comme apprenti boucher (1). En cette période d’épreuves du bac, la finalité de ce diplôme est régulièrement remise en cause (2). L’Axonais Rémi Dazin, titulaire d’un bac pro d’électricien, préside la holding financière Unidel et l’association des Business angels de l’Aisne (3).


REGION. Le bac est un diplôme nécessaire mais pas suffisant pour réussir dans la vie. Des autodidactes font leur nid dans les affaires. Bosseurs et leaders, ils compensent le manque d’études. L’apprentissage offre des opportunités à des jeunes sans qualifications.

« Passe ton bac d’abord » continuent à répéter à leurs enfants des générations de salariés qui n’ont pas eu la chance de faire des études. Comme si ce précieux sésame était devenu le ticket d’entrée incontournable pour conduire une carrière professionnelle. Il est vrai que beaucoup de métiers ont relevé le niveau minimum de compétences requis. Peut-on envisager piloter une machine à commande numérique, le tableau de bord d’une usine de production, ou contrôler le secteur packaging sur une chaîne alimentaire sans qualifications ? La culture générale est aussi un socle commun qui est devenu indispensable à tous. Mais faut-il pour autant encombrer les filières généralistes, et pousser des jeunes au-delà du bac sans perspectives ? Chaque année, le débat est relancé à l’occasion des épreuves actuelles du bac.

La "valeur travail" à ne pas opposer aux études qui permettent de progresser
Des créateurs d’entreprises ont beau jeu de dire que « la valeur travail », le sens du management et l’ouverture d’esprit pèsent encore plus que les diplômes. D’ailleurs les cadres et « forts en thème » sortis de grands groupes, sont parfois plus désemparés à la tête d’une PME que des autodidactes. Il n’empêche que les formations diplômantes restent la clé pour sortir du chômage, et progresser plus rapidement dans la vie professionnelle.
Et si les études longues ne correspondent qu’à une minorité, les voies de l’apprentissage peuvent être une autre alternative positive, hélas trop peu explorée par les partisans du fameux bachot. Conséquence d’un clivage entretenu entre les filières dites intellectuelles et manuelles.

« Les emplois de faible qualification sont partis »

Président régional de l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), Christian Breton préside à la fois l'AFPI et le CFAI de la Marne et des Ardennes : l'Alliance formation pour l'industrie, et le Centre de formation des apprentis de l'industrie qui vont être regroupés dans la structure Premica en 2013.

Le bac est-il devenu un ticket d'entrée indispensable dans l'industrie ?
« Tout dépend si l'on parle de bac général, ou de bac professionnel dont on manque effectivement de plus en plus. On peut néanmoins s'en passer par d'autres filières comme les Certificats de formation professionnelle dans la métallurgie, la formation continue, ou encore la formation par alternance pour rattraper des diplômes reconnus. »

Mais on voit bien que les métiers de l'industrie sont devenus, comme bien d'autres, de plus en plus exigeants en termes de qualifications…
« Tout à fait. Et si le bac n'est pas la porte d'entrée obligatoire, le niveau 4 qui correspond au bac professionnel est primordial pour évoluer. Parce que les travaux et fabrications à faible valeur ajoutée ont été délocalisés, avec les emplois à faible qualification qui vont avec. Et donc les pans de l'industrie qui restent en France sont à forte valeur ajoutée. C'est là le cœur du problème, tant que l'on aura un coût du travail supérieur à la plupart de nos voisins. Sans même parler de pays low cost. Néanmoins il reste des besoins, dans la soudure par exemple, pour des jeunes qui n'ont pas forcément des niveaux de bac pro. »

Comment l'apprentissage permet-il justement de réussir sans le bac ?
« L'apprentissage amène à des diplômes qui relèvent de l'Éducation nationale. Il n'y a pas de diplômes de branches. C'est un avantage pour des jeunes qui ne souhaitent pas suivre un cursus scolaire classique. Avec un autre atout énorme : l'intégration des jeunes dans les entreprises. Le taux d'employabilité qui suit derrière est alors de l'ordre de 80 %. »

C'est aussi une passerelle pour aller jusqu'à un niveau d'ingénieur ?
« Oui, et à l'issue de leur cursus, il n'y a même aucune comparaison avec des étudiants qui ont suivi un parcours classique. Ils sont déjà au contact de l'entreprise, ils connaissent les rouages du monde du travail. Et souvent ils sont moins déstabilisés. Les plus grandes réussites sont souvent au niveau du BTS. »

Autre avantage, la rémunération des apprentis. Qu'en est-il ?
« C'est à la fois un avantage pour les jeunes et pour les familles. Cela va de 50 % du Smic jusqu'à des salaires quasiment à 100 % pour des niveaux d'ingénieur. En milieu d'études, cela correspond à environ 90 % du Smic pour des BTS. »

Faut-il donc continuer à pousser tous les jeunes jusqu'au bac ?
« Il y a des jeunes qui n'entrent pas forcément dans le moule et les systèmes de l'enseignement traditionnel. Certains d'entre eux ont besoin de comprendre à quoi servent les maths avant d'en faire. Le système par alternance peut mieux leur correspondre en arrivant au même niveau. Sur l'exemple du modèle allemand, qui fonctionne de manière très efficace. La grosse différence est qu'en France l'apprentissage relèverait de situations d'échec scolaire, alors qu'en Allemagne c'est une sorte de promotion. »

Ce qui explique pourquoi si peu de jeunes se tournent en France vers l'alternance ?
« Tout d'abord, nous n'avons pas forcément la possibilité de rencontrer les jeunes qui sont dans le cercle de l'Education nationale. Et puis nous payons trente années d'image négative de l'apprentissage. Le discours est souvent de dire à un jeune que s'il ne travaille pas bien à l'école, il ira en apprentissage. Face à un élève qui a quinze de moyenne, un conseiller d'orientation le guidera rarement vers cette voie, même si le jeune ne sait plus quoi faire. Avec « Bravo l'industrie », nous essayons d'aller au contact. Mais c'est compliqué. »

dossier : dominique herbemont
Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Les dernières contributions


jeco

27/06/2012 à 06h06

Il est certain sauf pour l'éducation nationale que nos filières sont inadaptées. L'apprentissage est la bonne méthode, mais a hélas une conotation péjorative! C'est quand même mieux de dire, un bac plombier, un bac carreleur, un bac planche à voile, un bac ciné!!! On voit ou çà nous conduit!

TRINIDAD

CHAMPAGNE

27/06/2012 à 00h54

dans la distribution des employes sous la couverture d'un parrain adherent d'une enseigne sont devenus patrons ceci etaient chose courante il y a 35 ans a l'epopee de la grande distribution ils sont notables et decideurs et souvent un sens profond des affaires apres avoir tirer les palettes au debut de leurs carrieres

Mlevin

26/06/2012 à 20h13

C'est quand même plus valorisant d'avoir le bac et d'avoir appris à lire, écrire, compter etc à 500 élèves, que de ne pas avoir le bac et d'avoir, avec culot et sans vergogne, ouvert trois "Mac Donald", distribuant une nourriture bien grasse, source d'obésité et à long terme de cancers et de maladies cardio-vasculaires !

Cependant, j'admire les gens simples qui, sans diplômes, vont avoir un jour, une idée de jeu collectif par exemple, le faire breveter et le faire fabriquer par des industriels !

Et je pourrais multiplier les exemples !
Les embûches sont nombreuses, et il faut beaucoup de courage et de volonté pour concrétiser son projet, surtout quand on vous met des bâtons dans les roues !

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

26/06/2012 à 18h16

L' intelligence et l'instruction sont deux choses bien différentes, on peut être sur-diplômé et être bête comme un manche, c'est aussi la qualité de l'homme qui fait pour beaucoup dans son appréhension d'une tâche, même ardue !

plateau08

26/06/2012 à 13h55

Décidemment dans les grandes surfaces on aime bien les anciens bouchers comme Directeur ! Cora Villers-Semeuse en a un beau spécimen, peut-être valable pour diriger mais vraiment mauvais en relations sociales. C'est peut-être le "modèle" de ces grandes enseignes pour faire de la promotion interne et "saquer" le personnel ?

clementine08

sedan

26/06/2012 à 13h36

Et ses patrons embauchent leur personnel sans le BAC ????

trusty

26/06/2012 à 13h02 | 1

Beau parcours effectivement que celui de M. Pageau...mais qu'il nous explique comment réussir le même aujourd'hui chez Leclerc, InterMarché et autre Système U...Besoin d'un apport plus que considérable pour avoir un point de vente qui marche,...besoin d'un parrainage ayant de l'influence,...besoin de passer par la case "formation à nos méthodes", plus ou moins longue et NON rémunérée...Bref, besoin de fric pour faire du fric...Toujours le même cercle vicieux...

alfa51

26/06/2012 à 12h57

Réponse à French,

Vous avez partiellement raison, néanmoins Bernard Tapie a racheté des entreprises en difficulté avec des aides de toutes sortes....il a aussi de mémoire sans critiques acerbes fermer ensuite les Tennis Donnay, Wonder en laissant des familles au bord de la route, aujourd'hui il est riche, mais.......

Quant au fondateur d'Auchan, il s'agit de Gérard Mulliez à la tète effectivement d'Auchan mais aussi de la création de l'enseigne Décathlon en créant au passage des milliers d'emplois, c'est un vrai ENTREPRENEUR tout comme Monsieur Leclerc, ces deux personnes ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche me semble t'il

J'en profité pour rappeler ce que notre Président CHIRAC disait en 1995, la rentabilité de la dictature financière nous conduira à l'échec, il était prophète ce Monsieur car nous y sommes, regardons ce qui se passe autour de nous en Grèce , en Italie etc...et malheureusement peut être bientôt chez nous par voie de conséquence

french_redneck

26/06/2012 à 12h35

Bernard tapie, n'as pas le bac et avait trés bien réussit ; Avnt de se jeter dans le panier de crabe. Le fondateur d'Auchan été le raté de la famille ; d'une famille à "pognon", ç'a aide..
Diplome, ou pas ce qui est important, c'est "la bonne idée au bon moment"...

alfa51

26/06/2012 à 12h32

Le salaire des Footballeurs est honteux et scandaleux, vous allez me dire que leurs carrières est courte, mais ils ont tout le loisir d'épargner durant leur 15 années de carrière

Un chef d'entreprise qui fait vivre 100 personnes et bien plus ne gagne pas et de loin des sommes aussi astronomiques et pourtant il porte un tas de responsabilités, il fait vivre des dizaines de familles, il a la pression du résultat chaque matin, trouver de nouveaux marchés, enregistrer des commandes, s'adapter au marché, à la concurrence parfois Asiatique, doit satisfaire ses fournisseurs , ses banquiers avec ses bilans à l'appui , sinon point de planche de salut, les robinets se ferment et heureusement il y a les somnifères...

J'en revient aux salaires des footballeurs, pensez vous normal que shooter dans un ballon justifie des revenus aussi élevés alors que nous parlons d'un smic à 1.000 euros net pour un individu qui souffre pour terminer ses fins de mois et nourrir sa famille

Je ne suis pas de gauche et encore moins syndicaliste simplement je pense avoir du bon sens car tout cela me révolte

Voilà , je me suis défoulé maintenant que je ne suis plus en activité à la tête d'une entreprise

alfa51

26/06/2012 à 12h32

Le salaire des Footballeurs est honteux et scandaleux, vous allez me dire que leurs carrières est courte, mais ils ont tout le loisir d'épargner durant leur 15 années de carrière

Un chef d'entreprise qui fait vivre 100 personnes et bien plus ne gagne pas et de loin des sommes aussi astronomiques et pourtant il porte un tas de responsabilités, il fait vivre des dizaines de familles, il a la pression du résultat chaque matin, trouver de nouveaux marchés, enregistrer des commandes, s'adapter au marché, à la concurrence parfois Asiatique, doit satisfaire ses fournisseurs , ses banquiers avec ses bilans à l'appui , sinon point de planche de salut, les robinets se ferment et heureusement il y a les somnifères...

J'en revient aux salaires des footballeurs, pensez vous normal que shooter dans un ballon justifie des revenus aussi élevés alors que nous parlons d'un smic à 1.000 euros net pour un individu qui souffre pour terminer ses fins de mois et nourrir sa famille

Je ne suis pas de gauche et encore moins syndicaliste simplement je pense avoir du bon sens car tout cela me révolte

Voilà , je me suis défoulé maintenant que je ne suis plus en activité à la tête d'une entreprise

alfa51

26/06/2012 à 12h20

Mieux vaut un autodidacte courageux qui a une revanche à prendre sur la vie....et qui va prendra sa destinée en mains , mieux vaut tard que jamais, c'est du vécu ! il y aura toujours un employeur qui donnera et repèrera sa chance un individu qui en veut !

De nos jours le Bac, ça ne veut plus rien dire, combien de bacheliers ne savent pas écrire, compter ! ou ? à mon époque le BEPC était d'un très bon niveau bien supérieur au fameux Bac d'aujourd'hui !!!

Donnons envie aux jeunes d'avoir envie, les 35 Heures ont tuées le gout au travail, là encore c'est du vécu, il faut vite rentrer chez soi après la journée même si c'est pour s'em.....devant la télé, redonnons le gout du travail et enfin les employeurs doivent aussi se remettre en question en terme de motivation des troupes, aimer et respecter son personnel, tout ira mieux dans ce monde où seule la rentabilité et productivité comptent

Faut pas s’étonner du manque d’intérêt pour le travail et l'esprit d'entreprise

Un jeune retraité après 30 ans de direction d'entreprise

mbj51

26/06/2012 à 12h02 | 1

Il est toujours possible de trouver des exceptions... mais ne pas en faire une généralité. Les diplômes sont inutiles que pour ceux qui les détiennent. Le contexte économique ne cesse d'évoluer et le repère des employeurs reste le diplôme. Certes, on peut faire sans mais sous payé, en précarité, à ramer deux fois plus que celui qui a le sésame, ou les connaissances (intellectuelles ou... cercle d'amis bien placés). Ou alors, comme le suggère patchby51, être footballeur, rappeur, politique, etc...

anti-c

26/06/2012 à 11h59

mais ces footballeurs sont souvent d origine étrangère, donc aidés et assistés des le plus jeune age, alors que d autres jeunes n ont pas cette chance !

patchby51

26/06/2012 à 11h12

Je ne pense pas que ce soit des exemples à montrer, surtout en période de BAC !
Certains footballers ont également "réussis"... sans neurones !!!

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952