Publié le mercredi 08 février 2012 à 12H00 - Vu 432 fois
Tous les lycéens, ou presque, sont équipés de smartphones dont ils se servent rarement pour téléphoner.
LAON (Aisne). Les lycéens d'aujourd'hui ont toujours connu les téléphones portables. Pendant les Journées sans mobile, ils s'imaginent mal pouvoir couper les leurs.
«VINGT-QUATRE heures sans téléphone portable, bien sûr qu'on le fait. Facile. » Quand on leur apprend que ce lundi se déroulait le début des journées sans portable, jour de la Saint- Gaston, référence on ne peut plus directe au cultissime tube de Nino Ferrer, les lycéens sont unanimes. Interrogés, directement, eux et contrairement à quelques autres qu'ils connaissent, ils parviendraient à tenir une journée complète sans téléphone. À l'image de Ségolène, élève de terminale : « Peut-être que les trois premières heures seraient difficiles » mais la journée permettrait « surtout de lire un peu et de réviser un peu plus les cours ». Ce qui, avoue-t-elle, « ne ferait pas de mal ».
En revanche, lorsqu'on leur explique que le principe de la journée sans téléphone portable, née de l'idée de l'écrivain Phil Marso en 2001, c'est qu'elle ne dure non pas une, mais trois journées, le ton change. « Ouais, mais nan, c'est mort. »
Un véritable cri du cœur. « Trois jours sans portable, mais qu'est-ce qu'on peut faire. Trois jours, sérieux ? » et on va même jusqu'à revenir sur le fait qu'il est possible de se retenir vingt-quatre heures, ou alors « à la condition d'avoir un ordinateur sous la main ».
Il sert à tout sauf à téléphoner
On l'aura compris, la relation entre les téléphones portables et leurs propriétaires est souvent fusionnelle mais une question se pose : pour quelle raison puisqu'en cours, il paraît peu probable que des appels puissent être passés en toute impunité.
Pourtant, les lycéens sont vissés à leurs mobiles lorsqu'ils sont assis à leur chaise, face au tableau noir et non lorsqu'ils sont face à face en intercours. D'ailleurs, lorsque l'un des adolescents affirme : « Pendant les cours, l'utilisation du portable est interdite » et que, par conséquent, il l'éteignait, il provoque l'hilarité de tous ses camarades.
Avec plus de sérieux, quelques élèves expliquent : « Les téléphones portables servent surtout à envoyer des textos pendant les cours. » En quelque sorte, ils ont remplacé les mots qui glissaient de rangée en rangée mais possédaient deux inconvénients majeurs : ils pouvaient être lus par d'autres mais, surtout, n'être délivrés qu'au sein d'une même classe.
D'autant que « si certains profs ne voient pas qu'on utilise les portables, d'autres sont trop vigilants, alors on est bien obligés de repasser à l'ancienne méthode ».
On n'arrête donc pas le progrès. Dans la même veine, il est loin le temps des antisèches enroulées autour de la cartouche d'encre ou griffonnées au crayon derrière la bonne vieille règle en métal. Les téléphones étant devenus des smartphones, « ils permettent d'aller faire un petit tour sur Internet quand on ne trouve pas la réponse à une question pendant un devoir ».
Après cet aveu, effectivement, la décision de relire plus attentivement ses cours en cas de non-utilisation prolongée du téléphone peut s'avérer plus que pertinente…
Vianney PANNET
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