Publié le jeudi 16 septembre 2010 à 11H00 - Vu 3573 fois
C'est au prétexte d'obtenir la rupture du couple que Kelly, une ex-compagne de Patrick, et cinq de ses copines ont humilié, frappé et participé au viol de Flore (ici face à Patrick).
Eric LAINÉ
SAINT-QUENTIN (Aisne). Flore, une Saint-Quentinoise de 29 ans, continue de panser ses plaies après l’effrayante expédition punitive menée par six bimbos en furie. Récit d’une nuit de cauchemar.
« Tu retrouveras ta fille au cimetière »
DANS la nuit du 19 au 20 août, elles sont six copines à se retrouver dans un appartement de Saint-Quentin. À dix jours de la rentrée des classes, elles vident des verres d'alcool en se racontant leurs dernières aventures amoureuses. Ces bimbos maquillées et habillées sexy sont mère de famille comme Kelly, 27 ans, ou en âge d'user leur jupe sur les bancs de l'école comme ces deux adolescentes de 15 ans ou cette candidate au bac. La meneuse ? C'est indéniablement Kelly chez qui cet apéro improvisé traîne en longueur. Et en matière d'amour déçu, cette jeune femme aux cheveux blonds en connaît un rayon. Instable et fêtarde, elle collectionne les déceptions sentimentales. Mais il en est une en particulier qu'elle ne parvient pas à chasser de son esprit.
Pourtant cet homme de 33 ans appartient au passé. Patrick est définitivement sorti de sa vie peu avant la naissance de leur deuxième enfant. Depuis, leurs relations sont quasi inexistantes. Alors quand on parle d'expédition punitive sur fond de jalousie à Patrick, il n'en croit pas un mot (voir par ailleurs). Reste que cette nuit-là, il est 1 heure du matin et que Kelly s'énerve en évoquant Patrick.
« Tu es une grosse p… »
Pour elle, il est acquis que la vraie responsable de la rupture est Flore (1), la nouvelle compagne de son ex. Fut-elle aux côtés de Patrick depuis une bonne année seulement.
Kelly, excitée par l'alcool, décide alors de rendre visite à Flore. Flanquée de sa demi-sœur, une mineure de 17 ans, et de quatre autres copines de 15 à 18 ans, elle se met au volant de sa Peugeot 306. Vers 1 h 30, le commando en jupon se dissimule aux abords de la maison de la rue Baudin. Sauf Kelly et sa demi-sœur qui se donnent pour mission de se faire ouvrir la porte de Flore. Elles toquent jusqu'à ce que la mère de famille, seule avec sa fillette, se présente à la fenêtre du premier.
« On a besoin de te voir », minaude Kelly. Flore, une frêle et agréable blonde à la voix douce, n'y voit pas malice malgré l'heure tardive. Le piège se referme tandis que Kelly et sa demi-sœur s'engouffrent dans le couloir, les autres filles à leur suite. Changement radical de ton. « Elles ont commencé à rigoler bruyamment », témoigne Flore. Et puis Kelly donne le « la » en giflant la malheureuse. Suit une avalanche de coups et d'insultes sur fond de jalousie. « Tu es une grosse p… Tu n'avais pas à prendre Patrick. »
« Mets les bras en croix »
Flore a beau pleurer, supplier et crier… Les harpies tournent autour d'elle comme des squales avec leur proie. La malheureuse ne tarde à comprendre que les reproches, les claques et les insultes ne sont qu'une sorte de mise en bouche. Bientôt, la horde sauvage, que rien ne semble pouvoir arrêter, monte en puissance, basculant dans l'horreur. La curée a pour théâtre la salle de bain, au fond de la maisonnette. Flore doit ôter sa robe de chambre. Comme elle refuse de baisser sa culotte, la sœur de Kelly la découpe avec des ciseaux. Avec une complice, elle s'empare du tampon hygiénique de la victime pour la contraindre à le mâcher. Deux des filles maintiennent Flore. « Mets les bras en croix comme Jésus », ordonne une tortionnaire. Une autre s'approche armée d'un marteau. Flore subit les derniers outrages avec le manche de l'outil.
L'interminable calvaire se poursuit avec la balayette des toilettes que Flore doit prendre dans sa bouche. Elle est si choquée qu'elle n'entend plus la pluie d'insultes qui continue de tomber. De la même manière, les mèches de cheveux qu'une des filles prend un malin plaisir à couper ou cette marche forcée sur les débris de vitre paraissent dérisoires au regard du viol sauvage qu'elle vient de subir. Tout comme les vêtements, le mobilier, les denrées alimentaires et l'électroménager qui les furies projettent au sol ou sur les murs dans un incroyable fracas, à la manière d'un cyclone.
« Un couteau sous la gorge de ma fille »
Pour la jeune mère de famille aimante, le pire reste à venir. Le pire ? C'est quand une des furieuses monte à l'étage pour s'emparer de sa fille, une petite Boucle d'or de 2 ans seulement. « Elle avait ma petite dans ses bras et elle lui a placé un couteau sous la gorge », raconte Flore. « Si tu ne quittes pas Patrick, on reviendra pour ta fille », prévient une des filles. « Tu vois ta petite… Tu la retrouveras au cimetière si tu ne disparais pas. » Flore hurle de terreur sous une avalanche de coups. « Si tu vas aux flics on te tue », menacent-elles. Elles envisagent aussi d'emmener Flore dans une cité voisine « pour continuer »… Finalement, le martyre s'achève aux environs de 4 heures du matin avec le départ du commando.
À bout de souffle, Flore se réfugie chez une voisine qui donne l'alerte. Patrick est à Soissons quand il apprend que « quelque chose de très grave est arrivé à Flore ». Dans la journée, il contacte Kelly pour une explication. Pendant une demi-heure, son ex-compagne lui livre un récit détaillé de la nuit d'horreur. Sans l'once d'un regret. Il reçoit même un SMS de Kelly : « T'as vu… MDR » (Mort de rire !). Fin août et début septembre, les policiers interpellent les six suspectes. Toutes sont mises en examen pour viol en réunion, violences et vol aggravés. Trois sont incarcérés dont Kelly, sa demi-sœur et une autre complice mineure.
Jalousie, engrenage infernal, effet de groupe teinté d'alcool ? Personne ne s'explique un tel déchaînement de haine de la part de six jeunes que des proches s'évertuent à dépeindre sans histoires comme cette fille de médecin par exemple. Mi-ange mi-démon ? En tout cas, aucune n'a tenté d'arrêter le massacre ou de déguerpir en guise de protestation tout simplement.
(1) Prénom d'emprunt
Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr
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