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Aux petits soins avec les ovins

Publié le mardi 17 avril 2012 à 11H00 - Vu 79 fois


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Yves Lemaire, chef de centre : « On prélève les semences de reproducteurs, qui peuvent être congelées. »

Yves Lemaire, chef de centre : « On prélève les semences de reproducteurs, qui peuvent être congelées. »


Génétique. Le centre Oson de l'Aisne a ouvert ses portes aux éleveurs de reproducteurs performants.

Craintifs et suiveurs comme des moutons de Panurge, les béliers du centre génétique Oson de Verdilly n'en sont pas moins des mâles bien vaillants. Gare aux brebis qui servent à récolter leur semence…
Jeudi, les éleveurs invités aux premières portes ouvertes de l'Organisation de sélection ovine Nord ont apprécié la manière dont ce centre permet d'évaluer les performances des reproducteurs. Situé près de Château-Thierry, le site axonais a été pionnier dans l'insémination ovine en 1972, avec celui de l'Aveyron. Il ne s'intéresse qu'aux races à viande île-de-france et Texel. « Nous travaillons avec environ 130 éleveurs à qui nous rendons visite au moins une fois par an », explique Yves Lemaire, chef de ce centre comptant trois permanents. « Ils nous présentent leurs meilleurs jeunes reproducteurs, mâles et femelles. »

L'évaluation génétique des meilleurs jeunes mâles

Le centre Oson qui a un statut associatif reconnu par le ministère de l'Agriculture et l'Inra, est un organisme national de sélection agréé et certifié. « Nous procédons à l'évaluation génétique des mâles, on les compare entre eux avant de rendre une note de synthèse au mois de mai. Sur 350 ovins de la race île-de-france, une vingtaine d'entre eux vont rester ici pour prélever leur semence et, éventuellement, la congeler. Les inséminations et les saillies sont faites chez l'éleveur. » Au demeurant plus compliquées que pour d'autres espèces animales - la période des chaleurs est moins visible -, les inséminations ne représentent que 12 % du mode de fécondation pour les brebis.
Démarche volontaire des éleveurs, le recours à cet organisme de sélection crée une émulation. Il permet d'améliorer les performances attendues. « Si un ovin pousse plus vite, il mangera moins, et reviendra donc moins cher à produire. Sans faire de gras, il répondra aux standards gustatifs des consommateurs », résume Yves Lemoine, ingénieur en agriculture.
Pour promouvoir la race, Oson participe à des salons comme en Ukraine dernièrement. « Nous avions vendu au Canada des semences qui ont donné naissance à des agneaux dans l'Alberta. Et il existe des descendants de nos reproducteurs de la région jusqu'en Afrique du Sud. » Cet hiver, 250 femelles pleines et cinq béliers ont été vendus en Bulgarie. Le centre génétique, qui prospecte pour le compte des éleveurs, a des contacts avancés avec un client roumain. En direction des pays du Moyen-Orient, le marché est important. La France, qui est dans le top cinq, conserve une consommation importante malgré une production ovine en baisse. « Nous importons 58 % de nos besoins », indique Yves Lemaire. On est encore loin du compte pour consommer 100 % français…

Dominique Herbemont
 

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