Publié le mercredi 16 mai 2012 à 11H00 - Vu 122 fois
Une comédie de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton et Bill Murray.
Cette semaine grand angle sur "Moorise Kingdom" une comédie de Wes Anderson ; "De rouille et d'os" un drame de Jacques Audiard et "Je te promets" une comédie dramatique de Michael Sucsy.
Moonrise Kingdom : 3 étoiles
Le magique royaume de l'enfance
S'imposant depuis « Rushmore », son deuxième long métrage en 1998, comme l'un des chefs de file du cinéma indépendant américain, Wes Anderson fait aujourd'hui l'ouverture du festival de Cannes avec « Moonrise Kingdom ». Il y aborde l'un de ses thèmes de prédilection : l'enfance.
L'histoire narre en effet comment, en 1965, sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis, deux adolescents, un garçon et une fille, en marge de la société, le premier orphelin, la seconde révoltée contre l'institution familiale, organisent une fugue. Cette échappée leur permet de se libérer du carcan social et de s'ouvrir au champ immense de la pure imagination.
Le duo qui file le parfait amour tente de marcher sur les traces mythiques d'une tribu indienne. L'intrigue est d'ailleurs traitée comme un western en culottes et jupe courtes sur la toile de fond de magnifiques paysages d'une forêt originelle.
Les deux fugueurs sont en effet pris en chasse comme dans un film d'action. Mais le réalisateur de « La famille Tenenbaum » a su aussi détourner le genre avec humour en l'amenant sur le terrain de la bande dessinée ou de l'animation qu'il a exploré avec « Fantastic Mr Fox », sa précédente réalisation.
Le cinéaste développe parallèlement une esthétique propre aux années soixante avec des couleurs vives comme dans un conte. Il y célèbre visuellement ce monde de l'adolescence, propice aux rêves, en se référant explicitement aux « Quatre cents coups » de François Truffaut.
La France est encore représentée par Françoise Hardy, l'idole de la jeune héroïne. Elle est interprétée par Kara Hayward qui compose un couple attachant avec Jared Gilman aux airs de David Crockett.
Le tandem évolue au sein d'un casting d'acteurs chevronnés utilisés à contre-emploi comme Bruce Willis chevelu en shérif bon enfant et non pas en invincible héros de sa légendaire filmographie, Frances McDormand en maman dépassée par sa fille, Edward Norton en cocasse chef des scouts ou encore Bill Murray, dirigé pour la sixième fois par le metteur en scène qui signe un opus plein de fraîcheur, de nostalgie et de fantaisie nous propulsant dans le magique royaume de l'âge de la rêverie et des utopies qui prennent vie.
Durée : 1 h 34. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Reims multiplexe, Reims Opéra et Soissons.
De rouille et d'os : 1 étoile
Sans chair
« De rouille et d'os » qui sera présenté demain au festival de Cannes évoque la rencontre entre une jeune femme handicapée à la suite d'un accident professionnel et un père qui s'installe avec son fils chez sa sœur sur la Côte d'Azur. Le sixième long métrage de Jacques Audiard fonctionne comme une chronique des relations entre ces deux marginaux.
L'un est campé par Matthias Schoenaerts qui, par la sécheresse de son jeu, transmet la dureté d'un être violent, ballotté par les revers de l'existence. Sa passion pour la boxe et la lutte à mains nues témoigne de son combat permanent pour survivre dans la société.
Marion Cotillard interprète l'autre personnage. Mais si elle suggère le désarroi de cette dresseuse d'orques qui se retrouve, du jour au lendemain, frappée par le destin, et reprend progressivement goût aux plaisirs grâce à son compagnon, elle ne joue jamais sur la corde sensible.
La caméra froide du cinéaste s'attarde sans fard sur son handicap. Il faudra une autre péripétie dramatique pour que l'émotion sorte de son ghetto.
Le réalisateur semble s'être méfié du mélodrame auquel le scénario le prédestinait. Sa réalisation se révèle en revanche lumineuse par la science de plans décalés comme l'utilisation d'une ombre à la place d'un objet ou d'un corps, par un soin accordé aux éclairages ou encore par l'authenticité qui émane des scènes livrées comme des tranches de vie dans ce cinéma vérité. Mais il manque malgré tout un peu de chair à « De rouille et d'os » pour le rendre comestible.
Durée : 1 h 55. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Épernay, Reims multiplexe, Reims Opéra et Saint-Quentin.
Je te promets : NON
Vaine promesse
« Je te promets » narre comment, à la suite d'un accident de voiture, une jeune femme est frappée par une amnésie et ne reconnaît plus son époux. Celui-ci va chercher à la reconquérir en devant affronter son passé avec le retour de l'ancien petit ami de son épouse mais aussi de ses parents avec qui elle s'était fâchée.
Inspiré d'une histoire vraie, le scénario apparaît intéressant sur le papier mais il a été traité avec lourdeur par Michael Sucsy. Le réalisateur utilise une voix off qui sonne faux, abuse de retours en arrière qui n'apportent rien à l'intrigue et, pour bien montrer que son héroïne a changé de personnalité, il lui a fait teindre les cheveux.
Cette dernière est interprétée sans conviction par Rachel McAdams qui se contente d'arborer des yeux incrédules. Dans le rôle du mari, Channing Tatum évolue sans aucune finesse de jeu, de manière monolithique.
Quant au doublage de Sam Neill qui campe le père de l'amnésique, il se révèle particulièrement agaçant. Ce film ne représente qu'une vaine promesse.
Durée : 1 h 44. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Reims multiplexe et Saint-Quentin.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site












