Publié le lundi 13 février 2012 à 11H16 - Vu 428 fois
Même si certains salariés vont toucher plusieurs dizaines de milliers d'euros, de nombreuses situations sont encore tragiques.
Samedi matin, entre 50 et 60 ex-salariés d'Atal sont venus recueillir le fruit du combat de leur avocat, Me Philippe Brun. Non sans amertume.
IL y a eu des applaudissements, destinés à Christophe Coulon, le directeur de cabinet du sénateur maire. Lui, le jeune secrétaire départemental UMP de l'Aisne, né en politique dans un combat contre le FN dans l'Oise, a eu des mots d'homme de terrain. D'élu local, vilipendant certains comportements de pseudo-investisseurs qui ont provoqué plus de dégâts dans le Laonnois que de bouées pour les victimes des licenciements de Pirelli, IMpress, Valéo et autre Atal.
Sans doute inspiré par le ton de l'admirateur de Jaurès qu'est Philippe Brun, son voisin lors de cette réunion des ex d'Atal.
Dix jours après l'annonce de leur victoire (l'union du 4 février), une soixantaine d'anciens d'Atal savouraient.
Samedi matin, tout ce monde s'est retrouvé à la Maison des associations pour lever un simple kir (ou jus d'orange pour les plus sages) après une grande victoire, à la suite d'un long combat : sept ans.
Plus de 2 500 jours où « l'avocat du peuple » a emmené derrière lui 79 ex d'Atal sur une barque - un radeau - dont seul ce capitaine aux traits de « Barbe grise » voyait le rivage. Celui où les attendaient leurs indemnités d'un licenciement abusif.
Malheureusement, en sept années, la protection sociale des salariés a évolué. Pas dans le bon sens, ce que n'a pas manqué de marteler l'homme qui aime faucher les « patrons voyous » et les « politiciens » au mauvais sens du terme.
Dans quinze jours maximum
« À travers les sept ans de combat, vous pouvez constater les dégâts de certaines lois comme celles de Jean-Pierre Raffarin et Jean-Louis Borlo, le plus à gauche des hommes de droite ! Si la décision survenue le 31 janvier était arrivée il y a sept ans, chacun de vous aurait touché 115 000 €. Aujourd'hui, grâce à Raffarin, vous ne pouvez toucher au maximum que 65 000 €. Parce qu'il a fait adopter un texte, en plein mois d'août, qui diminue le plafond d'indemnisation des AGS (NDLR : le régime de garantie des salaires) à 65 000 € maximum ! Ce qui fait qu'une fois que vous avez déduit les sommes déjà reçues, certains vont se retrouver avec quelques milliers d'euros… Mais vous avez gagné, nous avons eu raison d'aller contre les premières décisions du conseil des prud'hommes et de la cour d'appel d'Amiens. Deux instances qui ont été déjugées par la cour de cassation ! Une belle leçon… »
Maintenant, les salariés sont en attente du délivrement des chèques par le mandataire liquidateur : « Quinze jours maximum, sinon, on loue un car et on monte à Paris. De mon côté, j'ai déjà fait ma part de travail. Ensuite, on pourra s'offrir une belle fête. » Au kir royal, cette fois…
Stéphane MASSÉ
smasse@journal-lunion.fr
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