Publié le vendredi 01 octobre 2010 à 10H10 - Vu 319 fois
Thierry Carette a été condamné hier, mais son avocat va faire appel.
Thierry Carette a été condamné hier soir à une peine de dix ans d'emprisonnement pour viols par la cour d'assises. L'avocat général a requis à l'identique.
«TU as tous les défauts, alcoolique, toxico, violent, mais tu n'es pas un violeur, un pédophile », assure Me Miel à l'encontre de l'accusé, Thierry Carette, âgé de quarante-sept ans, originaire de Clastres.
Dans son combat, il jette toutes ses forces. Ce n'est plus la bataille d'un avocat mais celle d'un homme rejetant l'injustice. « Je ne suis pas là pour mentir », proclame t-il.
Le même dossier entraîne pourtant des analyses radicalement différentes. C'est la règle habituelle. Mais elle est ainsi teintée d'un investissement affectif particulier du défenseur ou de ceux qui portent la voix des victimes.
« Elles s'estiment toujours coupables » regrette ainsi Me Vignon critiquant « les arrangements de conscience » de l'accusé. Il rappelle qu'une des victimes a dit « on m'a dénoncée ». Comme si elle était elle-même fautive. Pour elle, un viol, même douloureusement vécu, c'est presque habituel.
Demande d'acquittement
L'avocat général requiert une peine de dix ans de réclusion criminelle pour des viols commis entre 1996 et 2001 à Grand Verly et Bohain (1). Pour le représentant de la société, pas de place pour le doute. « Il est coupable, il nie les faits. Il est encore plus dangereux ».
Mais Me Miel plaide l'acquittement. Il révèle qu'un examen clinique d'un garçon de huit ans n'atteste aucune lésion.
Il dépeint les ébats familiaux sans aucune barrière, les viols fréquents, la confusion régnant entre tous ses membres et puis les règlements de compte. Pour Me Racle, ce climat ne doit pas masquer l'essentiel, la terrible responsabilité de l'accusé. Le visage gagné par la détermination, dressée sur la pointe de ses chaussures pour occuper plus d'espace, concentrer l'attention des jurés, elle est en colère et s'adresse directement à l'accusé.
« Vous êtes dans le mensonge, c'est votre choix. Vous avez passé votre vie à abimer les autres ».
Au bout de trois heures de délibéré, Thierry Carette est finalement condamné à dix ans d'emprisonnement. Avant, dans la journée, il explique tranquillement « J'aime les femmes, j'y peux rien ».
Thierry de LESTANG PARADE
(1) Au moment des faits, les victimes sont âgées de dix-sept ans et vingt-cinq ans, un garçon, de huit ans.
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