Publié le jeudi 22 décembre 2011 à 12H00 - Vu 171 fois
Formé à Epernay, l'enfant de Reuilly-Sauvigny, à 21 ans, a déjà pas mal roulé sa bosse, jusqu'au Stade Rochelais.
(Aisne). Passé par l'école de rugby d'Epernay, Arthur Cestaro a, depuis, tracé sa route. Le Picard de naissance foule les pelouses de ProD2 avec La Rochelle.
LE centre de formation rochelais est réputé. Il a sorti quelques beaux bébés devenus internationaux comme le demi de mêlée toulousain, Jean-Baptiste Elissalde, ou le pilier castrais, Luc Ducalcon.
Comme ce dernier, né à La Fère (Aisne) d'une mère Marnaise (Fismoise précisément), un autre enfant d'ici est sur le point de percer chez l'ancien pensionnaire du Top 14.
A 21 ans, Arthur Cestaro, arrière ou ailier d'avenir, a fêté ses deux premières apparitions chez les pros cette saison : titulaire à Mont-de-Marsan (25 septembre), il est entré en jeu à Pau (11 décembre). Pour deux défaites (13-22 et 12-17) qui n'altèrent pas son bonheur.
Que de chemin parcouru par l'ancien mini-poussin de l'école du Rugby Epernay Champagne, devenu joli bébé (1,89 m, 92 kg) ! Que de fierté aussi pour le gamin de Reuilly-Sauvigny, petit village axonais entre Château-Thierry et Dormans…
Arthur, pouvez-vous nous faire partager vos premiers moments en Pro D2 ?
« J'ai été appelé pour la 4e journée, à Mont-de-Marsan. Le match était diffusé en direct sur Sport +. C'était encore plus impressionnant. Il y avait des blessés dans notre effectif. Le coach m'a demandé si je me sentais prêt.
Dans ces cas-là, c'est sûr qu'on ne va pas répondre non… J'ai disputé l'intégralité du match. C'était ma première apparition officielle mais j'avais déjà joué deux matches de préparation : contre le Munster à La Rochelle et à Royan face à Bègles-Bordeaux. »
A quoi pense-t-on au moment du match ?
« On revit en accéléré tous les sacrifices fournis. Depuis tout petit, je rêvais de ces moments. Depuis mon arrivée au club d'Epernay (*) en mini-poussins. J'y ai joué jusqu'en minimes avec Julien Béraut comme coach. J'en garde de bons souvenirs. »
Quel a été votre parcours après le Rec ?
« Je suis parti en cadets à Toulouse. J'ai fait une saison au Stade Toulousain. C'était mon club de cœur. J'en suis toujours supporter même si cela ne s'est pas bien passé pour moi là-bas. On était 40 pour une équipe.
C'était ma première saison loin de la famille. Je n'ai fait qu'un an au Stade avant de signer au FCTT, un autre club de Toulouse mais plus familial. »
Avez-vous cru que votre tour était passé ?
« Pas vraiment car j'ai rejoint ensuite Massy qui est réputé pour la qualité de sa formation. J'y ai vécu l'approche du monde pro. Tout était bien structuré et j'ai beaucoup appris en jouant même un peu en Fédérale 1.
Après mon bac, j'ai voulu rejoindre la formation d'un club pro. J'avais ciblé La Rochelle, Agen et Montpellier. »
Pourquoi avoir choisi le Stade Rochelais ?
« Parce que son travail est reconnu, son esprit est familial et qu'il est celui qui lance le plus de jeunes. Je me suis dit qu'il pouvait être celui qui m'ouvrirait les portes du monde pro. »
Quel est votre statut là-bas ? Etes-vous pro justement ?
« Je ne le suis pas encore. Je peux le devenir à la fin de cette saison, ma troisième au club. Elle est importante car j'ai été intégré, cet été, à l'effectif pro. Elle est importante aussi car je passe ma Licence en marketing.
Au club, le staff m'a fait comprendre que j'étais un n°2 ou un n°2 bis. Il compte sur moi pour apporter ce que je peux à court terme. A moyen terme, je dois passer d'espoir du club à cadre. Pour l'instant, je prends ce qu'on me donne et je le rends à 100 %. »
En attendant, La Rochelle vous aide déjà à construire un palmarès…
« Nous avons été champions de France Espoirs de rugby à VII en 2010. Grâce à cela, en juillet, nous avons participé à la Coupe d'Europe des clubs, à Moscou (Russie). On termine 3e.
A l'été 2012, comme on a conservé notre titre, on dispute à nouveau cette compétition. C'est enrichissant. »
Dans l'effectif figurent des pointures, telles Dambielle ou Lecouls. Comment vit-on à leurs côtés ?
« Ils me permettent de grandir. Comme les coaches, ils font tout pour que la mayonnaise prenne entre anciens et nouveaux. Ils sont faciles à côtoyer pour nous, les jeunes.
Car je ne suis pas le seul que La Rochelle incorpore à l'effectif. On peut piocher dans leur expérience pour élever notre niveau de jeu techniquement et tactiquement. »
Vous parliez des études que vous n'avez cessé de suivre. Est-ce aisé de jongler entre les deux emplois du temps ?
« Ce n'est pas facile de s'arranger. Des cours peuvent sauter en fonction de l'importance des entraînements et vice-versa. Mais, à La Rochelle, tout est fait pour que l'on ait la double réussite.
Je ne suis pas au centre de formation en permanence mais conventionné avec lui pour bénéficier de certains horaires aménagés. La structure est au point avec des cours de soutien. J'ai eu mon BTS avec 13 de moyenne. »
Vous avez joué à l'arrière à Mont-de-Marsan et êtes entré comme trois-quart aile à Pau. Quel est votre poste de prédilection ?
« J'ai été formé à l'arrière. Mes repères sont ceux du n°15. Je me sens à l'aise dans le jeu au pied, les contre-attaques… Mais, je prends aussi du plaisir à l'aile. Dans le rugby, il faut être polyvalent. C'est recherché. »
Propos recueillis par Philippe LAUNAY
(*) Ses jeunes frères, Victor et Théophile, ont aussi fréquenté Chandon, fief sparnacien. Le premier, passé par Massy et Toulon, a stoppé la pratique en raison de problèmes d'épaule. Etudiant en anglais, il va partir aux Etats-Unis pour devenir parfaitement bilingue. Théophile, le plus jeune, est aussi réputé le plus doué. Cadet 1re année, il est à Massy et fréquente la sélection Ile-de-France.
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