Publié le mercredi 08 février 2012 à 12H00 - Vu 425 fois
Alphonse souhaiterait déménager pour se rapprocher de sa famille à Orléans
Alphonse Paubel vit avec sa femme, malade d'Alzheimer. Leur vie est devenue un chemin de croix malgré l'aide existante. Il témoigne.
«QUAND j'ai lu l'histoire de cet homme et de cette femme, j'en ai pleuré », confie Alphonse Paubel. Le drame survenu à un couple de Chalandry-Elaire dans les Ardennes (l'union du 9 janvier) a ému le septuagénaire de Bézu-Saint-Germain. « Je me suis mis à la place de cette personne, confie-t-il la gorge nouée, je vis la même chose. A des moments, on pète les plombs… »
Alphonse vit avec sa femme Consolacion, malade d'Alzheimer depuis 2003. Il la couve du regard constamment, s'en occupe jour et nuit… Il reçoit de l'aide chaque jour pour le lever et le coucher de sa femme et lorsqu'il part en dialyse trois fois par semaine. « Eh oui ! Je suis tombé malade, confie-t-il fataliste. J'y ai laissé ma santé. »
Trouver un service d'aide à domicile n'a pas été évident, « J'en ai changé trois fois, je suis même en conflit avec un. Aujourd'hui je fais appel au Siam et ça se passe très bien », témoigne-t-il.
L'homme a fait un trait sur sa vie en société, ses amis et les loisirs. « Avant, nous allions au restaurant, nous sortions mais on nous regarde comme des bêtes curieuses alors maintenant nous restons à la maison. » Peu à peu le couple s'est isolé, refermé sur lui-même.
Abandon, solitude…
Malgré l'état déclinant de son épouse, Alphonse se refuse toujours à la faire hospitaliser dans une unité spécialisée. « Il n'est pas question de la placer alors qu'elle a encore sa mémoire. Elle me reconnaît toujours, soutient-il. Je sais qu'elle se laisserait mourir si elle se sentait abandonnée. » L'homme a néanmoins tenté, sur les conseils d'un professeur qui suivait sa femme, de la laisser en accueil de jour à l'hôpital de Villiers-Saint-Denis. L'expérience qui date d'à peine un an, a été une catastrophe. « Elle avait fait sur elle, personne ne l'avait changée. On ne l'aidait pas à manger alors elle ne touchait pas à son plateau-repas… » S'il existe des services pour soutenir et soulager les familles, ils semblent bien inadaptés, même insuffisants pour le couple Paubel…
L'homme ne trouve guère de réconfort auprès de ses enfants trop éloignés, ni du côté de France Alzheimer Aisne. Il ne peut se rendre au groupe de parole de l'association et la permanence téléphonique ne marche pas… « Quand je les appelle, je tombe sur le répondeur. Lorsqu'on me rappelle ce n'est jamais au bon moment, la dernière fois c'était au coucher de ma femme. Le seul lien que j'ai avec l'association, c'est leur revue. »
Alphonse Paubel a la dent dure comme un homme fatigué, au bout du rouleau mais toujours éperdument amoureux de sa femme. « Oui je me sens seul, abandonné », poursuit-il. « Je voudrais vendre ma maison pour me rapprocher de ma famille près d'Orléans mais je n'ai pas encore de proposition. »
Il garde néanmoins un espoir avec la prochaine élection présidentielle. « Peut-être que le prochain chef d'Etat fera vraiment quelque chose pour nous famille et malades. »
Isabel DA SILVA
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez