Publié le mardi 24 janvier 2012 à 09H23 - Vu 1243 fois
Le cimetière de Montescourt est bouclé jusqu'au retour du corps de Grégory Wiart.
Jean-Marie Champagne
MONTESCOURT-LIZEROLLES (Aisne) Ce matin, le corps de Grégory Wiart a quitté le cimetière de Montescourt-Lizerolles sous bonne escorte pour être acheminé à la morgue d'Amiens. Là, un médecin-légiste procède à un prélèvement ADN.
Objectif : confirmer ou infirmer qu'il a violé Elodie Kulik la nuit de janvier 2002 où elle a été assassinée entre Saint-Quentin et Péronne. En attendant, le cimétière de la petite commune axonaise est bouclé jusqu'au retour du corps, prévu à la mi-journée.
LE village de Montescourt-Lizerolles s'est brutalement retrouvé sous les feux des projecteurs depuis qu'un des siens a été désigné par la justice, la semaine passée, comme le violeur d'Elodie Kulik. Quelque 1 700 habitants seront aujourd'hui, malgré eux, au cœur des investigations portant sur ce crime abominable qui a gardé son mystère pendant dix longues années, de janvier 2002 à 2012.
Ce matin, le petit cimetière de Montescourt-Lizerolles et ses abords immédiats doivent être bouclés afin d'en interdire l'accès au public. Les autorités judiciaires, et notamment le juge d'instruction chargé de faire la lumière sur l'assassinat de la jeune banquière de 24 ans, ont programmé l'exhumation du suspect sous commission rogatoire. La dépouille de Grégory Wiart devrait être extraite de sa sépulture à l'abri des regards indiscrets. Le magistrat souhaite que la carte génétique du jeune plombier soit dressée aux fins d'analyses comparatives avec l'ADN nucléaire découvert dans le corps d'Elodie Kulik et dans un préservatif abandonné à proximité.
Huit ans après sa mort
Les expertises en question ont pour objectif de faire parler le défunt qui s'est tué dans un accident de la route en novembre 2003.
L'ADN recueilli à titre posthume devrait confirmer ce que les enquêteurs et les experts sont parvenus à établir en fin d'année dernière. À savoir que Grégory Wiart était non seulement présent au moment du martyre d'Elodie mais, surtout, qu'il a pris part à la curée en la violant avant qu'elle ne soit tuée, puis son cadavre incendié. Cela est acquis depuis que des analyses « par parentalité » ont permis de faire se croiser l'ADN nucléaire du violeur, jusque-là inconnu, avec celui du père de Grégory Wiart, inscrit au Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) pour avoir été condamné dans le cadre d'une agression sexuelle.
Incarcéré au moment du drame, le père ne pouvait être impliqué. Il ne restait donc que Grégory Wiart, alors âgé de 22 ans. Un prélèvement ADN effectué sur sa mère a ensuite permis de lever le doute, sachant que l'autre fils des époux Wiart était très jeune à l'époque des faits. Une fois la tombe ouverte par l'entreprise de pompes funèbres spécialement requise, le cercueil devrait être sorti. « Le principe est de mettre le corps dans une housse épaisse afin de le préserver », explique un Technicien en identification criminelle (TIC). « Par exemple, on procède ainsi pour radiographier un corps exhumé qui pourrait présenter des blessures par arme à feu », poursuit-il.
Pour un prélèvement ADN, le légiste ou les TIC peuvent se contenter de saisir une partie de la dépouille. « On prélève généralement un os quand le corps est enterré depuis longtemps. On travaille plutôt sur le fémur, qui est un des plus gros de l'organisme et qui aura une proportion de matière suffisante pour faires des analyses. Un morceau de 5 à 10 centimètres », indique un gendarme.
Dans le cas de Grégory Wiart, il est prévu que son cadavre soit acheminé à la morgue d'Amiens, sans doute en milieu de matinée. Là, un médecin-légiste devrait procéder au prélèvement avant que le corps ne soit rapatrié à Montescourt-Lizerolles.
Ainsi, Grégory Wiart aura parlé par son ADN plus de huit après sa mort. Cette étape achevée, les gendarmes pourront à nouveau se concentrer sur ses comparses. L'étau devrait alors se resserrer davantage sur les fréquentations de Grégory Wiart. À moins que ceux qui restent à identifier dix ans après le calvaire d'Elodie Kulik ne soient des complices d'un soir à chercher ailleurs. C'est sans doute ce qu'aimeraient croire les habitants de Montescourt-Lizerolles.
Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr
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