Publié le mercredi 08 février 2012 à 12H00 - Vu 860 fois
Alors que midi approche et que le soleil est déjà haut dans le ciel, les dernières traces de givre sont encore visibles le long des fenêtres des caravanes.
LAON (Aisne). Dans la caravane, même chauffée, la température est négative en fin de nuit et ce n'est pas le seul problème que rencontrent les habitants du chemin d'Aulnois.
LA vague de froid venue de Sibérie, qui sévit sur toute la France et a fortiori sur Laon, n'a pas le même impact sur toute la population.
Si le froid est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de se transporter d'un point A à un point B, il est inhérent à la vie de certains.
C'est le cas, en particulier, des habitants du chemin d'Aulnois et de tous ceux qui vivent dans des caravanes. Celle de Frédéric, par exemple, est de fort belle facture. Le modèle mesure « six mètres de long pour deux de large » et « convient très bien » à la vie qu'il mène, depuis toujours, avec sa femme et ses deux enfants de 4 et 7 ans.
Seulement, si le choix de vie est bien là, il ne permet pas de modifier l'épaisseur de la cloison de l'habitation « qui est d'environ trois millimètres ».
Du givre à l'intérieur
Depuis une semaine, le grand froid touche de plein fouet la famille qui se dit « habituée » à vivre ce genre de situation. Habitude ou non, les faits sont là. « Le matin, il gèle dans la caravane et le givre recouvre l'intérieur des vitres » explique Frédéric. Seule solution : « Accueillir les enfants dans le lit conjugal et rajouter des couches pour tenir, car les deux radiateurs électriques ne suffisent pas. »
La raison ? « Le manque de puissance de l'installation électrique. » Loin de mettre en cause la municipalité qui « fait son possible pour améliorer les choses », le couple explique : « Si l'installation est suffisante en temps normal, le fait que tout le monde ajoute des chauffages d'appoint change la donne. »
Pour le moment, toutefois, s'ils sont « de toute façon obligés de faire avec », Frédéric et sa femme ne trouvent pas la situation dramatique. Elle est même « moins compliquée que celle de l'an dernier où le froid était moins fort mais avait duré plus d'un mois et, surtout, avec de la neige et sans soleil pour réchauffer un minimum les caravanes pendant la journée ».
Des conséquences difficiles à vivre
Le plus problématique dans cette vague de froid concerne « tout ce qui est impliqué par la température. Rajouter une épaisseur, c'est facile, mais pour l'eau, c'est différent ». Depuis une semaine, un seul point d'eau est accessible à toute la communauté. Un point d'eau qui « est sans cesse ouvert pour assurer la circulation et éviter qu'il gèle, parce que c'est celui-là qui permet de se laver et d'effectuer quelques tâches primaires ». En revanche, plus question de laver son linge. « Les lave-linge sont gelés ! » Plus question de travailler non plus car « la majorité du travail s'effectue sur les marchés et rester toute une matinée sur un banc par - 15 °C, ce n'est pas possible ». En attendant le redoux, « tout le monde prend son mal en patience » et se prépare à affronter un autre problème : le dégel et l'état dans lequel il va mettre les chemins d'accès aux caravanes.
Vianney PANNET
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