Publié le dimanche 29 novembre 2009 à 01H00 - Vu 649 fois
Directeur depuis 2006, Francis Hérault, 51 ans (à gauche) a passé le relais à Andréa Sutti, 35 ans, qui avait jusqu'alors fait toute sa carrière en Italie et Angleterre.
Pascal Remy
QUELQUES nouveautés marquent la fin de l'exercice 2009 pour le personnel de Nestlé France à Challerange. D'abord, la plus importante unité industrielle du canton de Monthois a changé de directeur le 16 octobre. C'est désormais un jeune Italien de 35 ans, Andréa Sutti, qui est à la tête du site local. Il succède à Francis Hérault, 51 ans, promu coordinateur amélioration continue du Groupe Nestlé France sur un projet international.
Originaire de Turin, le nouveau « boss » fait partie de l'entité Nestlé depuis une décennie. Entré au siège de la multinationale à Milan en 1999 comme responsable de prévision des ventes, Andréa Sutti a par la suite été responsable des projets d'amélioration des produits finis en 2003 au centre de distribution de Mantova puis envoyé en Angleterre au siège de Croydon pour y peaufiner un projet industriel.
Avant son arrivée dans les Ardennes, il était responsable logistique (2004-2007) puis de production (2007-2009) à Portogruaro, près de Venise.
L'exception ardennaise
Le nouveau chef d'établissement qui, durant ses temps de loisirs, s'adonne volontiers à la lecture, la musique, la voile et le ski, s'initie à la langue française depuis… six semaines et semble s'adapter rapidement à un secteur rural qui n'a rien à voir avec les grandes cités où il a travaillé jusqu'alors. « Pour moi, c'est une expérience intéressante de nouer des contacts directs avec les producteurs de matières premières et les laitiers. Comme je vis à Reims, ça m'aide aussi à mieux connaître le sud des Ardennes. »
Il se dit par ailleurs satisfait d'avoir trouvé sur place « une équipe fortement liée et motivée ». Spécialisée dans la fabrication de poudres de lait, l'usine Nestlé est livrée en lait par les producteurs du Nord-Est de la France dont 150 laitiers ardennais. Elle distribue la poudre produite sur place à quatre sites Nestlé en Europe.
Dans les prochaines semaines, Andréa Sutti va devoir rebondir sur une opportunité qui lui a été offerte par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) suite à l'appel à projets « Fonds Chaleur » visant à développer la production de chaleur à parties d'énergies renouvelables (biomasse, géothermie, solaire…). Un concept né du Grenelle de l'environnement.
Retenu à la mi-2009 parmi 31 projets nationaux dont trois en Champagne-Ardenne, Nestlé va donc procéder en 2011 à l'achat et l'installation d'une nouvelle chaudière à bois. Un investissement de 3 millions d'euros subventionné à hauteur de 1,2 million d'euros par l'Ademe.
« Les impacts de ce projet sont multiples : réduction de 90 % des émissions de CO2 issues d'énergie fossile et maîtrise à long terme du coût futur des énergies d'abord. Sans oublier que cette chaudière qui suppléera une vieille chaudière à fioul sera alimentée par le bois des forêts alentours situés dans un périmètre de 50 km. »
Ce qui participera à la création de cinq à six emplois dans la filière bois-plaquette. Dans ce domaine, Nestlé s'était déjà distingué par le biais de sa filiale de Dieppe en utilisant tout son marc de café pour produire de la vapeur.
Pascal REMY
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