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Les Autels / Vaccinations contre la fièvre catarrhale ovine « Je me suis mis hors la loi »

Publié le mardi 09 février 2010 - Vu 231 fois


Eric Hallé a rejoint le collectif « FCO Grand Nord » contre l'obligation de vacciner.

Eric Hallé a rejoint le collectif « FCO Grand Nord » contre l'obligation de vacciner.

Delphine OLIVA


LA Fièvre catarrhale ovine (FCO), il connaît, et de près. En 2007, Eric Hallé, maire de la commune des Autels et agriculteur bovin, voit ses animaux parasités, avorter et ses veaux devenir aveugles. « C'était la FCO. Pendant six mois, à partir du mois de juillet, une dizaine d'animaux du cheptel sont tombés malades. Ici, toutes les conditions étaient réunies pour que la mouche à l'origine de cette fièvre se développe. Nous sommes dans une région boisée et humide. »
À quelques encablures de Brunehamel, l'exploitation d'Eric Hallé est située à l'entrée du village et abrite un cheptel de 200 bovins.
« Par conviction »
Fin 2007, l'hiver passe, le virus aussi. Au printemps 2008, les premiers vaccins contre la maladie de la langue bleue apparaissent. Mais à l'époque, ils ne sont pas obligatoires : « J'ai attendu que l'été passe, sans vacciner mes animaux. En septembre, aucun n'était tombé malade. Je me suis dit qu'ils avaient développé une immunité naturelle contre la maladie. »
En 2009, en revanche, les vaccins deviennent tout à coup obligatoires. Malgré les rappels à la loi formulés par la direction des services vétérinaires, Eric Hallé maintient le cap qu'il s'est fixé : « A ce moment-là, je me suis mis hors la loi. Par conviction plus que pour des raisons financières. À cette époque, les trois quarts du prix du vaccin sont pris en charge et financés notamment par des subventions publiques, européennes et françaises. Pour 60 animaux, je n'avais qu'à payer 300 euros, une somme dérisoire au regard de mes frais vétérinaires qui s'élèvent à 5 000 euros par année. »
Le procès-verbal des services vétérinaires ne se fait alors pas attendre. Il est en date du 17 décembre 2009. On peut y lire que l'agriculture oppose « un refus quant à la participation à la lutte collective vis-à-vis d'un virus à transmission vectorielle », et que son cheptel est « un réservoir à virus ».
Collectif
Pour Eric Hallé, trop c'est trop. Contacté par la coordination des collectifs FCO contre l'obligation de vacciner, il décide d'y adhérer : « Jusque-là, je me sentais isolé. De nombreux agriculteurs sont contre ces vaccins mais font quand même vacciner leurs bêtes. Je ne suis pas foncièrement contre la vaccination. Je souhaite seulement qu'elle soit libre. Comment la France justifie-t-elle une telle politique alors que des pays comme l'Allemagne n'obligent pas à la vaccination ? » En Europe, la France et la Belgique restent donc les deux pays où les agriculteurs ont l'obligation de faire vacciner leurs animaux.
Aujourd'hui, Eric Hallé encourt 750 euros d'amende par animal non vacciné. De quoi le faire chanceler ? « Pas le moins du monde. Aujourd'hui, je reste convaincu que la vaccination de masse ne sert à rien. Si je suis convoqué au tribunal, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, je me défendrai avec l'aide du collectif. »
Delphine OLIVA
Contactées, la préfecture et la direction des services vétérinaires de l'Aisne devraient se prononcer dans les jours prochains.

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