Publié le dimanche 06 décembre 2009 - Vu 10 fois
Une trentaine de personnes ont assisté à cette réunion de Nature et Avenir qui avait invité
La réunion de Nature et Avenir a réuni mardi soir en mairie plus d'une trentaine de personnes autour du thème « Agriculture et paysages ».
Après un diaporama, toujours d'actualité, réalisé en 1970 par Alain Vauthier sur les haies (l'impact négatif de leur destruction définitive et leur rôle bénéfique sur l'agriculture et l'élevage), Annick Mortier et Jean-Michel Mouchet, agriculteurs à Saulces-Champenoises et Perthes, ont retracé les remembrements réalisés dans leurs communes en 1995 et 1986.
Le premier, président d'Agrobio 08, a rappelé que, bien qu'il ne fût « pas facile de laisser des haies sur les bonnes terres de la partie Champagne », une haie de 2,5 km de long sur 6 m de large a été plantée en bordure de chemin, sur son insistance et celle d'autres personnes.
Douze ans après, tout le monde s'en déclare satisfait, agriculteurs, habitants et chasseurs. En effet, la haie est un excellent coupe-vent, un abri pour le gibier.
Elle favorise la biodiversité et agrémente les promenades du dimanche.
Annick Mortier s'est converti au bio à la fin du remembrement et a remis en herbe des petites parcelles avec des arbres, des buissons et des haies. Il songe désormais à l'agroforesterie (bandes d'arbres alternées avec bandes de culture) pour produire des fruits bio, pratiquement absents dans les Ardennes.
« Ça va dans le bon sens »
Pour lui, si un remembrement produit certains excès, il amène également une prise de conscience et estime « que ça va dans le bon sens ». Ainsi, dans son village, une réflexion commune est initiée entre l'association foncière, la municipalité et les agriculteurs pour le nettoyage du ruisseau.
Moins optimiste que son confrère - qui reste conscient que l'agriculture conventionnelle n'est pas favorable à ce type de paysage car non compatible avec les gros engins agricoles -Jean-Michel Mouchet se souvient que lors du remembrement à Perthes, « tout a été nettoyé « proprement » sauf la voie ferrée » et que plusieurs parcelles déboisées qui devaient être compensées ne le sont toujours pas.
Il constate qu'« une parcelle est beaucoup plus chère quand elle est nette que quand elle a quelque chose dessus ».
Pour sa part, il a planté des haies en 2002, avec une conséquence inattendue, celle de stopper l'empiétement de son voisin. Jean-Paul Davesne a déploré que des études paysagères très bien faites sur le Pays rethélois restent dans les tiroirs et a estimé qu'avec l'argent déboursé, « on aurait pu planter 100 km de haies ».
Le mot de la fin restera à Marie-Thérèse Lafollie, agricultrice à Resson : « On les conserve, c'est déjà bien, car cela a un coût, sans retour immédiat ».
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