Publié le mardi 24 novembre 2009
CALME. Bien calme. Trop calme ? La visite, hier matin, de Bruno Le Maire, ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, au lycée agricole de Thillois, près de Reims, a presque manqué de sel et de piment, tant le consensus a entouré la centaine de minutes passées par le membre du gouvernement en terre marnaise.
Des syndicats heureux des propos et du positionnement du ministre, pas d'animations folkloriques comme le lâcher de porcelets ou l'arrosage à base de lisier, on en viendrait presque à remercier Francis Walbaum, le président de l'association gérant le lycée agricole de Thillois, d'avoir porté quelques revendications (lire ci-dessous).
« Se battre pour une idée juste »
Mais, au-delà de cette visite de l'établissement d'enseignement privé, c'est bien l'avenir de l'agriculture française, et de ses acteurs, qui mine le secteur. Bruno Le Maire le sait trop bien. Aussi, a-t-il pris les devants dans son allocution en évoquant « un tournant de l'histoire agricole pour la France et l'Europe. Et notre pays doit prendre la tête de ce renouveau agricole ». Devant les médias ensuite, le ministre est allé plus en avant. Oui, il entend « continuer à se battre pour arriver à une régulation du marché agricole européen. Car, si on veut une stabilité des cours des matières premières, la régulation du marché est nécessaire, comme nous avons commencé à le faire pour le lait. Il faut l'étendre à toutes les autres productions ».
Avec le montant dévolu à la région dans le cadre de l'aide nationale d'urgence allouée à l'agriculture, annoncée voilà un mois par Nicolas Sarkozy, la régulation des marchés fut l'autre sujet des échanges avec les représentants des organisations syndicales rencontrés pendant une dizaine de minutes dès son arrivée à Thillois. Et les deux syndicalistes sont sortis « satisfaits » de cette entrevue comme l'a relevé Béatrice Moreau, présidente départementale des Jeunes Agriculteurs. « S'il arrive à obtenir en Europe une régulation du marché, ce sera très important pour l'avenir de l'agriculture au niveau mondial… » Quant à Thierry Poncelet, le secrétaire général de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), il « espère travailler avec lui très prochainement sur ce sujet ».
Pour sa part, Bruno Le Maire se veut optimiste. « C'est une bataille très difficile. Mais lorsque l'on se bat pour une idée juste, on peut l'emporter. Et là, ce n'est pas pour défendre uniquement les agriculteurs, mais 500 millions d'Européens… » Et pour preuve de son volontarisme, le ministre a dévoilé que « dans les jours à venir », il aura « une réunion avec les ministres de l'Agriculture du G20 pour réfléchir sur la nouvelle Pac et l'idée de régulation européenne ».
Frédéric GOUIS




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