Publié le vendredi 05 février 2010
Durant leur séjour en Haïti, Joël et Nathalie Damay ont aidé à la mise en place de programmes agricoles.
«C'EST tellement vieux et en même temps, tellement là. » Quand Joël Damay évoque ces deux années passées en Haïti, forcément, c'est avec nostalgie. C'était au début des années quatre-vingt. Avec son épouse Nathalie, ils viennent de terminer leurs études d'agronomie. Ils sont jeunes, sans attaches, et ont des amis engagés au sein de l'association « Les volontaires du progrès ».
« L'objectif était d'apporter un soutien aux agriculteurs et de faire en sorte qu'ils arrivent à une autonomie alimentaire. Du développement durable avant l'heure, en quelque sorte », explique le couple, qui se laisse tenter.
« Nous sommes restés un peu plus de deux ans sur place, en tant que permanents de l'association qui, depuis, est devenue « Agronomes et vétérinaires sans frontières » tout en gardant les mêmes missions », précise Joël Damay.
Le travail ne manque pas dans la contrée paysanne où ils élisent domicile. « Nous étions sur le plateau central, près de Hinche. C'est à 120 km de Port-au-Prince, mais pour y aller, en prenant les pistes, il fallait plus de quatre heures. Nous n'avions ni eau, ni électricité, mais nous étions les seuls à avoir un réfrigérateur à pétrole ! » se souviennent les Laonnois qui ont été frappés par un paradoxe : l'extrême pauvreté des Haïtiens, mais, en même temps, leur grande générosité. « Ils n'avaient rien mais trouvaient toujours quelque chose à vous donner. »
Culture et tissage
Joël Damay a pris sous son aile les hommes du village, les aidant à cultiver quelques légumes, à construire un silo à grains ou encore un moulin à canne. Son épouse a appris aux femmes à tisser le coton. « Elles faisaient des coussins ou des tapisseries murales vendus dans des boutiques à Port-au-Prince. »
C'était il y a trente ans, mais cette expérience reste dans leurs cœurs alors, forcément, les images du séisme en Haïti les ont marqués, d'autant que l'un des volontaires de l'association a péri dans la catastrophe.
Appel aux dons
L'urgence passée, l'agriculture va jouer un rôle important dans la reconstruction du pays car il va bien falloir nourrir la population. « Dans les zones rurales, les infrastructures ont beaucoup souffert. Les silos sont éventrés, les canaux d'irrigation hors d'usage. Il va falloir tout recommencer. »
Pour cela, l'association « Agronomes et vétérinaires sans frontières » a besoin d'argent. Les Laonnois tentent à leur manière d'apporter leur contribution. « Ce n'est jamais évident de faire un don quand on ne sait pas vraiment à quoi va servir l'argent. Aussi, nous parlons de ce que nous avons fait à l'époque, car ce n'est pas si différent de ce qu'il faudra entreprendre dans les semaines à venir, même si le contexte est différent. »
Le couple collecte les dons et organisera un concert caritatif le 28 mars, avec l'ensemble vocal Simone Tavernier. « Les Haïtiens ont tellement donné quand nous étions sur place qu'à notre tour, à notre niveau, nous voulons les aider. »
Lucie LEFEBVRE
www.avsf.org




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