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ZOOM SUR LES INFIRMIÈRES / Infirmières : radiographie d'une profession

Publié le vendredi 03 octobre 2008 à 01H00 - Vu 139 fois


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VIGNETTE ¿ COT… DU CHAPO

Lucie Lefebvre


DE nombreux professionnels de santé disposent d'un conseil de l'ordre. C'est le cas des médecins, des pharmaciens, plus récemment des kinésithérapeutes et des sages-femmes mais jusqu'alors, rien concernant les infirmiers. La France était d'ailleurs l'un des rares pays de l'Union européenne à ne pas être doté d'un ordre des infirmiers. L'erreur est réparée : en avril, des conseils départementaux ont été élus, puis en juillet des entités régionales. Les élections à l'ordre national sont prévues le 25 novembre.
Dans l'Aisne, la structure - présidée par Edith Plantefeve - règle les dernières questions d'organisation avant d'entrer dans le vif du sujet. Jocelyne Lalonde, directrice de l'Ifsi de Chauny, en est la vice-présidente.
Rédiger un code de déontologie
l'union : Pourquoi la profession a-t-elle tant tardé à se doter d'un conseil de l'ordre ?
Jocelyne Lalonde : En 1945, il était prévu de créer cet ordre en même temps que celui des médecins. Il n'a pas vu le jour, sans doute parce que ce n'était pas une priorité. Et puis qui dit « ordre » dit « profession indépendante ». Les infirmières travaillant sous l'autorité des médecins, leur donner un ordre, c'était leur donner un pouvoir indépendant…
En 1980, une loi prévoyait de mettre en place un moyen de régulation de la profession, notamment pour les libéraux mais elle n'a jamais eu de décret d'application.
Récemment, une quarantaine d'associations d'infirmiers se sont regroupées en vue de faire pression sur le gouvernement pour qu'il crée cet ordre. Elles ont eu gain de cause et vont enfin pouvoir parler d'une seule voix devant les élus et le gouvernement.
l'u. : Quelle sera la première mission du conseil ?
J.L. : Nous allons commencer par rédiger un code de déontologie qui réglementera les relations entre les infirmières ainsi qu'entre les infirmières et les personnes qu'elles soignent. Un code de bonne conduite en somme, qui se substituera au code de la santé publique.
Ce texte sera plus ciblé sur l'exercice professionnel, le comportement à adopter au quotidien. L'ordre, au niveau départemental, aura pour rôle de recenser tous les infirmiers qui, pour exercer, devront obligatoirement y adhérer. Nous travaillerons sur les questions de fond propres à notre territoire et surtout, nous communiquerons beaucoup avec les professionnels, par exemple sur les formations qui s'offrent à eux ou sur l'évolution de la législation.
l'u. : Ce conseil aura-t-il également un rôle disciplinaire ?
J.L. : Nous mettrons effectivement en place une commission de conciliation, telle qu'elle existe déjà pour les salariés du public et du privé.
Pour les libéraux, jusqu'à présent, c'était différent : les conflits se réglaient la plupart du temps devant un tribunal. La commission de conciliation fera en sorte qu'on n'aille pas jusque-là, avec cet intérêt que les personnes qui auront à départager les parties seront elles-mêmes infirmières. Nous essaierons de désamorcer les conflits, tout en ayant un pouvoir disciplinaire envers les professionnels qui n'exercent pas dans les règles de l'art. La réglementation existe mais elle ne fait pas le comportement. C'est comme le code de la route : on sait qu'il faut s'arrêter quand le feu est rouge mais certains ne le font pas. Les textes sont précis, encore faut-il intégrer les règles de sérieux, de prudence et de bienveillance et je crois que par le biais de l'ordre, on y arrivera.

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Ils étaient infirmiers…

On les connaît en tant qu'élues ou chanteur mais ce serait oublier que ces Axonais ont d'abord été infirmier(e) s.
Conseillère générale du canton de Fère-en-Tardenois et députée de la 5e circonscription, Isabelle Vasseur n'a pas toujours évolué dans la sphère politique. Infirmière de formation, elle a exercé dans le service rhumatologie de l'hôpital de Villiers-Saint-Denis puis en néonatalogie à la polyclinique de Courlancy jusqu'en 1999.
« Mon métier étant très prenant, j'ai décidé de le mettre entre parenthèses pour me consacrer pleinement à mes mandats électifs. Toutefois, si un jour je ne satisfais plus mes électeurs, je n'aurai aucune difficulté à retrouver ma profession initiale tant je l'apprécie » affirme l'élue qui, à l'Assemblée nationale, siège à la commission des affaires sociales, familiales et culturelles. « Mon expérience professionnelle est un avantage incontestable. Je fais remonter les revendications de mes consœurs et confrères, je suis au courant des problèmes qu'ils rencontrent pour les avoir vécus et c'est d'autant plus facile de les expliquer pour faire avancer les dossiers ». Elle travaille d'ailleurs en ce moment à l'intégration de la filière au système LMD (Licence-Master-Doctorat) : les études durent plus de trois ans mais pour l'instant, les infirmiers ne sont reconnus qu'à Bac + 2.
Autre élue à avoir troqué la blouse blanche contre un tailleur : Annick Venet, qui est actuellement maire de Vailly-sur-Aisne et conseillère générale.
Citons également cet infirmier axonais - bien qu'il exerce à Lille - qui a fait connaître à la France entière le « rap rural », Kamini. Cet infirmier psychiatrique a fait son bonhomme de chemin : des reportages télévisés, un passage à la Star Academy, un disque d'or et même une Victoire de la musique pour le clip « Marly-Gomont ». Décidément, être infirmier, ça mène à tout !

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Où se former dans l'Aisne ?

L'Aisne compte cinq Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) qui proposent un cursus sur 37 mois et demi, répartis entre enseignement théorique et stages, sanctionné par un Diplôme d'État.
Peuvent se présenter au concours les bacheliers ayant au minimum 17 ans au 1er janvier de l'année du concours ; les aides-soignants justifiant de trois années d'expérience ; les professionnels non-bacheliers ayant trois ans d'expérience dans le domaine paramédical ou cinq ans dans un autre secteur. Dans ce cas, les postulants font valider leurs acquis devant un jury spécial. Enfin, l'Ifsi s'adresse aux personnes titulaires d'un diplôme d'infirmier étranger non-valide en France pour exercer cette profession.
À Soissons, les cours sont suivis par 420 étudiants infirmiers, auxiliaires de puériculture ou aides-soignants. À noter que cet institut s'est doté en 2003 d'une antenne à Château-Thierry où 90 élèves suivent des cours.
À Saint-Quentin, on compte cette année 518 élèves infirmiers et 43 aides-soignants.
À Chauny, ils sont 185 à viser le diplôme d'infirmier et 38 celui d'aide-soignant.
À Laon, l'on recense 211 étudiants.
À Prémontré, 200 élèves suivent ces cours.

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Le métier au masculin

Les petits garçons rêvent souvent de devenir pompiers ou policiers. Khalil Lakkari, lui, avait un penchant pour le sport.
« Infirmier ? J'avoue que c'est un accident de parcours ». À l'époque, il est moniteur de sport, un diplôme en traumatologie du sport dans la poche. « Il y a eu des suppressions de postes là où je travaillais. J'ai eu le choix entre continuer ou changer de voie, aller plus vers le médical car ça m'intéressait aussi ».
C'était en 1989, l'année où il passe avec succès le concours d'entrée à l'Ifsi de Chauny. Tout de suite, il est dans le bain : sur une promotion de 40, ils ne sont que deux hommes. Un aperçu de ce qui l'attendra une fois installé en tant qu'infirmier libéral à Tergnier.
En effet, la profession est on ne peut plus féminisée : plus de 90 % des infirmiers sont… des infirmiers.
Aucun refus de soins
« Être un homme dans ce milieu très féminin ne m'a jamais posé de problème, que ce soit à l'école ou dans l'exercice de mes fonctions. D'ailleurs, jamais un patient n'a refusé que je le soigne. J'en suis un peu surpris, notamment quand on s'occupe de femmes pour des problèmes intimes mais après tout, elles voient bien des médecins, des gynécologues hommes alors pourquoi pas un infirmier ? » lance Khalil Lakkari, d'autant plus conforté qu'il travaille en libéral : « Les patients ont le choix, contrairement à l'hôpital. Si vraiment cela posait un problème, ils ne me solliciteraient pas ».
L'infirmier pense qu'il aura de plus en plus de confrères dans les années à venir, pour la simple et bonne raison que dans ce secteur, on recrute en permanence. « Les promotions restent en majorité féminines mais ça change doucement ».
Avis aux amateurs…

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« Le libéral ? Un bonheur ! »

À celui qui envie sa situation de ne pas avoir de patron, Joël Mercier, infirmier libéral installé à Soissons depuis 32 ans, répond qu'il a au contraire « 70 patrons par jour ! Sans patients, je ne travaille pas ». Comme la plupart des libéraux, ses journées ne sont pas de tout repos mais il ne s'en plaint pas.
Chaque jour, « y compris les week-ends et les jours fériés », le réveil sonne à 5 h 15. Joël monte en voiture vers 6 heures. « Je commence par les prélèvements sanguins et les patients qui ont besoin d'une injection d'insuline puis, avant 8 heures, je vois ceux qui travaillent. Ensuite, j'enchaîne avec les soins courants ». Quand l'infirmier rentre chez lui, il est généralement 21 heures mais sa journée n'est pas terminée pour autant. Il doit encore préparer son travail du lendemain et entrer ses dossiers dans le système informatique, sans compter les urgences de nuit. « Je fais aussi des visites tardives, notamment pour mettre des patients au lit : ce n'est pas parce qu'ils sont malades qu'il faut les coucher à 16 heures » souligne Joël Mercier qui fait chaque jour entre 200 et 250 km pour prodiguer des soins.
« Être invité chez les malades »
La pratique en libéral s'est imposée au Soissonnais comme une évidence. « L'hôpital, ça veut dire porter un uniforme. Être debout et les patients allongés. C'est une image qui ne me plaît pas, j'ai envie d'apporter autre chose. J'ai donc saisi cette opportunité d'être invité chez les gens pour les aider et les soigner alors qu'à l'hôpital, ils y vont bien malgré eux. Cela apporte une autre dimension au métier. On reçoit beaucoup plus de la part des patients ». L'homme n'est pas solitaire pour autant. « Jamais je ne me suis senti seul » affirme celui qui apprécie particulièrement de pouvoir reconstituer l'équipe soignante à domicile, avec un médecin, un kiné ou encore un pharmacien.
« Mon métier d'infirmier libéral, je l'ai choisi, je l'aime et je n'en changerai pas pour un empire » affirme-t-il haut et fort.

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Privé ou public

Infirmière depuis 12 ans, elle a débuté sa carrière à la policlinique de Saint-Quentin avant de rejoindre le secteur public en 2001. Elle a donc toutes les cartes en main pour faire un comparatif.
Sécurité de l'emploi
Net avantage au public dans ce domaine.
Salaire
« Le grand atout du privé, même pour les débutants, c'est le salaire. Le revers de la médaille, c'est qu'il n'augmente guère. Dans le public, on est moins bien payé au départ mais il y a rapidement des perspectives d'évolution de carrière ».
Ambiance
Les structures privées étant généralement plus petites, l'ambiance y est « conviviale, chaleureuse. l'équipe médicale forme une famille. Je n'ai pas retrouvé cet état d'esprit à l'hôpital. On est plus noyé dans la masse ».
Au quotidien
Sur ce critère, notre infirmière donne le point à l'hôpital. Non pas que son expérience à la policlinique n'ait pas été enrichissante, « seulement, pour des questions légales, la policlinique ne pouvait pas garder les nourrissons atteints de pathologies graves. L'enfant était systématiquement transféré à l'hôpital. Là où je suis maintenant, je vois des cas plus intéressants ».
Formation
Après l'obtention de son diplôme d'infirmière, elle a choisi de se spécialiser en puériculture. Pour cela, elle a dû suivre une formation dont le coût a été supporté, à l'époque, par la policlinique. « En échange, j'étais lié par contrat avec eux : je devais rester pendant deux ans minimum contre cinq ans à l'hôpital ».

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Où se former dans l’Aisne ?

L’Aisne compte cinq Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) qui proposent un cursus sur 37 mois et demi, répartis entre enseignement théorique et stages, sanctionné par un Diplôme d’État.
Peuvent se présenter au concours les bacheliers ayant au minimum 17 ans au 1er janvier de l’année du concours ; les aides-soignants justifiant de trois années d’expérience ; les professionnels non-bacheliers ayant trois ans d’expérience dans le domaine paramédical ou cinq ans dans un autre secteur. Dans ce cas, les postulants font valider leurs acquis devant un jury spécial. Enfin, l’Ifsi s’adresse aux personnes titulaires d’un diplôme d’infirmier étranger non-valide en France pour exercer cette profession.
À Soissons, les cours sont suivis par 420 étudiants infirmiers, auxiliaires de puériculture ou aides-soignants. À noter que cet institut s’est doté en 2003 d’une antenne à Château-Thierry où 90 élèves suivent des cours.
À Saint-Quentin, on compte cette année 518 élèves infirmiers et 43 aides-soignants.
À Chauny, ils sont 185 à viser le diplôme d’infirmier et 38 celui d’aide-soignant.
À Laon, l’on recense 211 étudiants.
À Prémontré, 200 élèves suivent ces cours.

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