Publié le dimanche 09 mars 2008 à 01H00 - Vu 166 fois
Régine Michel vit aujourd'hui dans une caravane, mise à disposition par la municipalité, avec Moustique, son chien préféré. La septuagénaire a recueilli cinq nouveaux chiens, une vingtaine de chats, deux chèvres et un mouton. Angel Garcia
Angel Garcia - l'Union de Reims
Régine Michel, une septuagénaire qui vit sans eau ni électricité dans la campagne de Rethel, au sud des Ardennes, se bat pour retrouver les 89 chiens et chats évacués en 2006 par trois associations de protection des animaux.
A Wagnon, dans les Ardennes, la fermette en ruines qui lui servait de refuge depuis vingt ans n'existe plus. On l'a rasée.
A 72 ans, Régine Michel, qui s'est progressivement clochardisée, doit désormais se contenter d'une caravane où elle survit dans des conditions d'hygiène et de confort épouvantables.
L'essentiel de son allocation de solidarité lui sert à entretenir les cinq chiens, la vingtaine de chats, le mouton et les deux chèvres que la justice menace de lui retirer.
En 2006, trois associations de protection des animaux avaient déjà évacué de sa masure une incroyable ménagerie minée par la gale, les teignes et la pelade. Et ce n'était pas la première fois.
Le tribunal d'instance de Rethel doit se prononcer le 15 mai prochain. L'audience était prévue vendredi, mais l'affaire a été renvoyée, les avocats ayant besoin de se préparer.
Régine Michel ne comprend pas : « Pourquoi on me torture ? Ces bêtes, c'est mes enfants. C'est tout pour moi. Je veux mourir avec. Si on veut m'enterrer, autant me tirer une balle ».
Personne ne sait très bien pourquoi ce petit bout de femme aux cheveux en bataille s'accroche à ce point aux animaux qu'elle adopte, achète ou laisse se reproduire sans soins ni vaccins. « Elle est comme ça », se résigne sa fille, qui la visite régulièrement pour l'aider à faire ses courses pour le mois.
Brigitte Bouvart a bien tenté de la recueillir, mais elle a dû se rendre à la raison : « C'est trop dur. Se laver, ça ne l'intéresse pas et elle n'est jamais d'accord avec moi. »
Pour elle, Régine Michel a toute sa tête, mais n'a jamais guéri d'une vieille blessure : « Adolescente, elle a perçu la mort de sa mère comme une forme d'abandon. C'est peut-être ce qu'elle essaie de réparer en adoptant des animaux. »
Au côté de la SPA, la Ligue dans l'intérêt de la société et de l'animal (Lisa) a contribué activement au « sauvetage » de 2006. Sa présidente ardennaise, Sabrina, connaît Régine Michel depuis longtemps : « Elle part sûrement d'un bon sentiment, mais il faut voir dans quel état se trouvaient ces pauvres chiens et chats… »
Quant à Stéphane Lamart, fondateur d'une association nationale qui porte son nom, il parle de « maltraitance par négligence ».
Originaire de Charleville-Mézières, ce fonctionnaire de police de 26 ans faisait aussi partie du « commando » de Wagnon.
Son seul regret : « Pour le cochon de Mme Michel, c'était trop tard. J'ai tout fait pour que sa vie soit épargnée. J'ai dépensé 400 € pour venir le chercher avec un camion de location. Malheureusement, quand je suis arrivé, on l'avait abattu. »
Prêt à s'occuper des animaux « jour et nuit », le jeune homme a eu le déclic à 10 ans : « A Guise, où mes parents étaient commerçants, j'ai vu un homme frapper mortellement un rat. C'était le 23 décembre 1992, je ne l'ai jamais oublié. »
Végétarien, il se bat sur tous les fronts.
Son heure de gloire : « J'ai engagé une procédure contre la chaîne M6 où un animateur gobait des poissons rouges. J'ai perdu, mais l'émission a disparu. »
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