Publié le mardi 24 novembre 2009
VDF et Jeantils-Gillet attendent le 10 décembre pour savoir si une reprise sera validée.
Karen KUBENA
L'activité de Volets de France sera-t-elle sauvée ? Toutes les parties sont suspendues au verdict du Tribunal de commerce de Sedan, attendu le 10 décembre. La juridiction doit statuer sur une possibilité de reprise qui oppose trois projets, et qui sauverait en partie VDF de la liquidation judiciaire prononcée le 6 novembre dernier. La fin d'un long calvaire en perspective ? Les 48 ex-salariés de VDF y jettent leurs derniers espoirs. Pour le moins ténus… Car le dossier est des plus nébuleux.
Au cœur de toutes les incertitudes se trouve l'intention des dirigeants de la société mère, le groupe belge Winsol. En 1999, il rachète Jeantils-Gillet, fabricant de systèmes de fermeture pour le bâtiment. Une PME ardennaise saine et renommée. Dès le 5 janvier 2000, Winsol créé deux entités filles : Jeantils-Gillet (20 employés aujourd'hui), qui garde l'image de marque, pour la partie commerciale et VDF pour la partie production. « Les deux entités vont main dans la main », considère William Cellier, licencié de VDF qui ne s'est « jamais senti travailler pour autre chose que Jeantils-Gillet ». Les trois candidats actuels à la reprise exigent eux -mêmes que Jeantils-Gillet soit associée à l'offre. Winsol acceptera t-il de céder la sœur de VDF ? « Nous sommes prêts à céder Jeantils-Gillet au repreneur à la condition qu'il y ait un vrai projet industriel », répond Éric Vercruysse, directeur financier de Winsol France. Pourtant, il y a plus qu'un sérieux doute sur l'énergie déployée à sauver le savoir-faire ardennais. Une confrontation d'hypothèses, plus ou moins plausibles, est éclairante.
Hypothèse 1 : vision financière. Depuis 2006, la société de capital investissement Bencis est l'actionnaire majoritaire. 2007 : début de difficultés financières chez VDF. Dès 2008, plus de publications financières dans les annonces légales.
Hypothèse 2 : vision industrielle d'ensemble. Hypothèse noble d'un groupe qui privilégie un savoir-faire avant tout. Pas la plus plausible… Comment expliquer le peu d'entrain à conserver la partie productive initialement confondue dans un ensemble ? Comment expliquer qu'une offre d'emploi chez DEN près de Lille (groupe Winsol) ne soit pas proposée en interne, qui plus est lorsqu'elle paraît le jour de la liquidation de VDF ?
Hypothèse 3 : vision industrielle partisane. Fortis est dans les ramifications du capital. Donc le Royaume lui-même, depuis le « Fortisgate »… De quoi privilégier le commerce de produits nationaux ? Un peu tiré par les cheveux. Mais on peut penser que la présence d'une fabrication historique en Belgique rend moins nécessaire celle du site ardennais. Les 500 000 € (et plus) de transport de vente (loyers, électricité, fuel) évoqués par M. Canot, potentiel repreneur ravisé, ne plaident pas pour le souci du maintien du savoir-faire chez Winsol. Espérons que le groupe belge prouve le contraire.
Tanguy Pallaver






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