Publié le dimanche 08 juin 2008
Un mariage n'a pas pu être célébré hier après-midi à la mairie de Vitry-le-François. Le futur époux était en fait une… femme.
C'est en vérifiant le dossier de mariage du couple que Claudine Brocard, 5e adjointe au maire chargée des affaires générales à Vitry-le-François, a la puce à l'oreille. Le futur mari, Stéphane, un Vitryat de 23 ans, n'a pas présenté les documents originaux, notamment sa carte d'identité, — il a déclaré que celle-ci lui avait été volée — mais une photocopie.
« En y regardant d'un peu plus près, nous avons constaté que la lettre M au bas de la carte d'identité était plus petite que les autres, raconte le premier magistrat de la commune, Jean-Pierre Bouquet. Nous avons contacté la mairie de Thionville, en Moselle, où il était né. Sur l'extrait original de l'acte de naissance que nous avons reçu, nous avons découvert que Stéphane était en réalité une… femme ».
En tant qu'officier de police judiciaire, l'élu socialiste signale alors aussitôt cet acte délictueux à l'autorité judiciaire. Il transmet la situation au procureur de la République de Châlons-en-Champagne.
Le couple a été entendu vendredi dernier par les gendarmes. Le « futur époux » a reconnu les faits. « Pendant près de deux ans, il a réussi à faire croire à sa compagne qu'il était… un homme, explique le substitut du procureur au tribunal de grande instance de Châlons-en-Champagne. Cette femme se considérait comme un homme. Elle s'est même toujours sentie homme. Elle souhaitait épouser la femme qu'elle aimait… »
Ne pouvant devenir transsexuel faute de moyens financiers suffisants, Stéphanie aurait utilisé « d'artifices » pour induire en erreur sa compagne.
« C'est inouï que des gens qui vivent ensemble ne s'aperçoivent de rien !, déclare Jean-Pierre Bouquet qui a reçu le couple vendredi après-midi dans son bureau pour lui signifier qu'il ne les marierait pas. Même les trois témoins du mariage affirment ne pas avoir été au courant. »
C'est la première fois depuis son élection à la mairie de Vitry-le-François en 1989, que l'élu socialiste se retrouve confronté à une telle situation. Pour lui, cette histoire reflète « l'expression d'une souffrance ». « C'est un drame humain ».
Quoi qu'il en soit, Stéphanie comparaîtra le 29 octobre devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Cham pagne pour « faux et usage de faux en écriture publique, faux et usage de faux ».
Stéphanie Gruss



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