Publié le mardi 04 novembre 2008 - Vu 4 fois
L'union sacrée des maisons et des vignerons pour la mobilisation sur la défense du produit champagne.
Christian Lantenois
Ce que dit la loi
La loi « Hôpital, patients, santé et territoires » proposée par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, devrait fournir un nouveau cadre juridique à la loi Evin. A l'intérieur, se trouvent des points qui font frémir la filière champenoise. L'une concerne la limitation de la publicité sur internet, mais également l'interdiction de vendre du vin dans les stations service, l'arrêt des dégustations gratuites dans les foires, les salons, voire les caveaux et l'augmentation des taxes sur le vin
Le malaise
C'est à la suite d'une condamnation du journal Le Parisien pour des articles sur la consommation de champagne pour les fêtes de fin d'année et celle d'une publicité réalisée par Moët & Chandon que la filière champagne a commencé à se sentir visée. Sans être paranoïaques, les viticulteurs disent chaque jour ressentir de nouvelles attaques. « Nous sommes attentifs depuis le début de l'année, nous nous sentons agressés. On ne sait pas jusqu'où on peut aller », observe Patrick Le Brun, président du Syndicat général des vignerons. « Le fait d'être dans une insécurité juridique permanente conduira à l'auto-censure. Ne mélangeons pas un art de vivre et un phénomène dépressif subit », précise Yves Couvreur du SGV. « Des journaux appliquent déjà le principe de précaution en évitant d'écrire sur le vin », ajoute Nicolas Ozanam, directeur du SGV.
Internet
« Pour l'instant, tous nos sites internet peuvent être qualifiés de hors-la-loi, la loi Evin ayant été promulguée avant la mise en place d'internet ». Même si la ministre de la Santé a annoncé une possible ouverture à ce sujet, les vignerons restent vigilants. « Les choses avancent doucement, nous restons mobilisés ».
Les stations-service
La nouvelle loi devrait interdire la vente d'alcool dans les stations-service. Pour les Champenois, il ne faut pas tout mélanger. « Ce n'est pas parce qu'un touriste va acheter une bouteille de champagne ou de bourgogne pour la ramener en souvenir ou en cadeau chez lui qu'il va la boire de suite ».
L'offre gratuite
C'est le coup bas pour la filière ! La législation prévoit d'interdire les dégustations gratuites. Pour Patrick Le Brun, on atteint là certaines limites. « Comment voulez-vous acheter sans déguster ? On ne peut imaginer cela dans nos exploitations. Imaginer les Habits de Lumière (fête de fin d'année d'Epernay) à l'eau plate ou au jus d'orange, c'est absurde ! ».
Les droits de circulation du vin
Autre point agaçant : « Les taxes sur les droits de circulation du vin devraient être augmentées et indexées sur l'évolution du coût de la vie ».
En Champagne, elles représentent 40 centimes par bouteille. Cette taxe « antédiluvienne » permettait, à l'origine, de faire des statistiques en traçant les produits pour éviter les fraudes.
« Nous sommes solidaires des autres régions viticoles en difficulté qui risquent d'être pénalisées une fois de plus ». À noter que les autres grands pays producteurs comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal appliquent le taux zéro.
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