Publié le jeudi 29 octobre 2009 à 01H00 - Vu 124 fois
Au programme de la version BD : « Des histoires de boulot, de sexe, de l'humour pipi caca et toujours ces petites humiliations du quotidien qui nous font dire Il y a pire que ma vie… ça soulage, ça rassure… », prévient Guillaume Passaglia, l'un des deux papas de viedemerde.
Christian LANTENOIS
LE concept de viedemerde.fr (VDM) est né à Reims. Les adeptes de l'autoflagellation ne s'en étonneront pas, les autres apprécieront à sa juste valeur la prouesse que sont en train de réaliser Maxime Valette, 22 ans et Guillaume Passaglia, 27 ans. Les deux jeunes Rémois sont devenus en quelques mois des incontournables de la toile avec leurs sites viedemerde.fr et Fmylife (pour la version américaine) qui font tous les deux un carton sur internet avec respectivement 450.000 et 3.100.000 visites par jour. En progression mois après mois !
Au programme : les petits malheurs de nos contemporains, racontés par eux-mêmes. L'idée est simple et particulièrement efficace mais surtout déclinable à l'infini. VDM est devenu une marque.
Après le site internet et les livres (le dernier, viedemerde illustrée*, vient de sortir en version BD), voilà maintenant que nos deux Rémois, associés à Didier Guedj, un ancien de la publicité, lorgnent du côté de la télé.
Ils sont actuellement en pourparlers avec une grande chaîne française pour décliner le concept pour le petit écran. Mais chut ! Pour ne pas faire capoter les négociations en cours, ils n'en diront pas plus.
Putavidademierda
Comme si cela ne suffisait pas, ils préparent par ailleurs un pilote de série pour les États-Unis. « Ça fait quand même bizarre de croiser le réalisateur de Terminator ou Courtney Cox, l'héroïne de Friends, dans les bureaux d'un producteur américain », avoue Guillaume Passaglia qui semble garder les pieds sur terre.
« Toucher les fruits d'un travail pour quelque chose qu'on a créé à partir de rien, ça vaut tout l'or du monde », explique cet ingénieur de formation. Pourtant, faire la une du Wall Street journal, être interviewé par des journalistes du monde entier et pouvoir (bien) vivre de leur métier auraient pu monter à la tête de ces deux gamins, eh bien non.
Pas question pour eux de s'installer dans la Silicon Valley, la Mecque de l'internet, ou même à Paris.
C'est toujours de l'appartement rémois de Guillaume Passaglia qu'ils gèrent leurs sites internet. C'est de là qu'ils préparent la sortie imminente de leur petit dernier, Putavidademierda, la version espagnole qui vise l'Espagne, l'Amérique du Sud mais aussi la communauté hispanique d'Amérique du Nord. Réalistes, les Rémois ne s'occuperont plus en direct de la gestion des sites dans les autres langues. « Pour la version suédoise, nous nous sommes associés à des locaux. »
Du pain sur la planche pour Maxime Valette, petit génie de l'informatique et ancien du lycée Roosevelt qui reste, malgré le succès, l'administrateur du système.
Après avoir refoulé les acheteurs, qui se pressaient au portillon, en quelques mois, ils ont appris à devenir de vrais businessmen. Leur site américain, Fuckmylife, plébiscité par le public avec 3,1 millions de visites par jour, était un peu boudé par les annonceurs, la principale source de leurs revenus. « Ils nous trouvaient trop sulfureux. On s'est un peu calmés tout en gardant le côté fuck. Les Américains font sans cesse le grand écart entre le trash et le côté ultra-puritain. Il a fallu les suivre », prévient Guillaume Passaglia quelques heures avant de s'envoler pour New York, pour négocier la sortie de leur dernier livre. Pas franchement une vie de merde !
Alexandre ROGER
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