Publié le lundi 18 janvier 2010 - Vu 53 fois
Une dernière chance pour l'aéroport de Vatry ?
Remi WAFFLART
«DEPUIS des années, j'entends que c'est la dernière fois. Depuis des années, on nous dit que c'est la dernière chance. Stop ! C'est l'euro marnais de trop, je ne voterai pas un euro supplémentaire sur ce dossier ».
Éric Kariger n'a pas tourné autour du pot vendredi en livrant publiquement tout le bien qu'il pensait de l'aéroport de Vatry et de son coût, un équipement qui ne décolle toujours pas, mais a le mérite d'exister pour les vols humanitaires. Une infrastructure située autour de champs de betteraves qui n'attire ni investisseurs ni compagnies aériennes pour l'heure, et qui a coûté la peau des fesses aux contribuables marnais depuis des lustres. Morne plaine champenoise. Aussi, vendredi, une nouvelle « dernière enveloppe », toujours le même refrain comme si le disque était rayé, a été votée, afin de développer les activités aériennes, mais également les activités terrestres. L'air, la terre : ne manquait plus que l'eau, ce qui aurait été un mauvais présage car il ne s'agit pas de boire le bouillon. Ne parlons pas du feu, car ça flambe côté aides publiques.
Quelles retombées ?
Concrètement, deux millions d'euros doivent être injectés cette année (750 000 du conseil général, tout autant de la Région, 200 000 euros de la Communauté d'agglo de Châlons et 300 000 euros des deux chambres de commerces marnaises). Tout cela afin de développer le trafic passager par un positionnement et une stratégie fondés notamment sur le low-cost. Les plus optimistes souhaitent des retombées économiques et des passagers à foison séjournant dans la Marne. L'espoir fait vivre.
En plus du volet aérien voté afin d'éviter le crash, le Département souhaite également renforcer la commercialisation des pôles logistiques terrestres en s'adossant à la CCI de Châlons et louera les services d'un professionnel de la prospection. La part du département est évaluée à 69 000 euros par an sur plusieurs années.
« Le conseil général se substitue à la défaillance de la Seve », note Charles de Courson mettant de l'ambiance dans la salle. « Si la Seve enregistre des déficits avec le low-cost, qui payera ? »
Le low-cost, parlons-en. Où en sont les négociations ou pseudo-négociations avec Ryan Air, évoquées ça et là : nul ne le sait au CG.
État absent
Mesuré, le socialiste Thierry Mouton qui n'avait pas voté en son temps la délibération qui consistait à combler le déficit d'exploitation de l'aéroport, croit en une : « dernière piste pour sortir de cette crise » et vote. « S'il y a échec, il faudra en tirer toutes les conséquences ! ».
Pas de brouhaha mais beaucoup d'interrogations dans les rangs au regard de la situation très critique de l'équipement. « Nous devons aborder cette affaire avec responsabilité. L'aéroport a manqué d'un singulier soutien de l'État qui aurait pu influencer la situation. Mais l'État n'a pas fait son boulot ! », poursuit Jean-Pierre Bouquet, souhaitant implication et transparence des chambres de commerce. « À l'issue du cadre expérimental de huit mois, ce sera l'heure de vérité, c'est bien le plan de la dernière chance », insiste le conseiller général de Saint-Remy-en-Bouzemont. René-Paul Savary ferme le ban en estimant que Vatry reste un outil mis à la disposition de l'économie et qu'il n'est pas le bien du Département. Vu le portefeuille du contribuable marnais toujours ouvert, ça ne se voit guère.
David ZANGA
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