Une tondeuse écolo

Publié le mercredi 06 mai 2009

En mangeant des saules, ces vaches participent à l'entretien de l'écosystème si remarquable du marais.

En mangeant des saules, ces vaches participent à l'entretien de l'écosystème si remarquable du marais.

PG

TROIS vaches et un taureau highland cattle, une robuste race écossaise, viennent de quitter Sommauthe, où ils ont passé l'hiver en pension chez un agriculteur, pour regagner leur pâturage.

Un pâturage atypique, puisqu'il s'agit d'une zone de protection écologique de 16 hectares, située sur le marais de Germont-Buzancy classé site Natura 2000 depuis 2004.

Il s'agit de la plus vaste tourbière alcaline des Ardennes. Les tourbières alcalines, spécifiques au sol calcaire, restent moins connues que les tourbières acides. Ces vaches appartenant au Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne soutiennent le travail de l'équipe de professionnels de l'environnement et leurs partenaires. Leur mission : limiter l'envahissement du site par des saules cendrés et des graminées sociales.

Et si ce sont les highlands cattle qui ont été choisies pour remplir cette tâche, ce n'est pas pour leurs beaux yeux, même si leurs longs poils bruns et leurs cornes élancées ont de quoi rendre jalouse n'importe quelle limousine !

« C'est une race très rustique, elle peut rester tout l'été en zone humide », explique Sophie Petit, du Conservatoire du patrimoine. Ce pâturage extensif est un des outils utilisés pour repousser la menace qui pèse sur le marais : sans intervention spécifique sur ce milieu, il se refermera pour devenir une zone de boisement alluvial. Et les espèces typiques vont disparaître, appauvrissant considérablement la biodiversité locale.

Même si Belinda, Wla, Woa et Willy prennent leur travail à cœur - sans jamais s'en plaindre - la tâche est immense. Une mission d'autant plus ardue qu'avant que le site ne soit classé Natura 2000, son exploitation avait été autorisée. La tourbe, appréciée des jardiniers, est donc extraite du sol et vendue par une société privée.

Pour l'heure, highlands cattle, protecteurs de l'environnement et exploitants cohabitent.

Des aménagements propices à la biodiversité ont d'ailleurs été prévus sur les futurs bassins d'exploitation de la tourbe.

Le conservatoire a mis en place un suivi de recolonisation végétales sur les berges, entre autres. Sur le site, des études scientifiques sont aussi menées. Le public est régulièrement sensibilisé à la richesse du milieu à l'occasion de visites guidées.

Prochainement, deux mares vont être créées pour attirer un cortège d'espèces.

Les highlands cattle ne constituent donc qu'un maillon de la chaîne d'éléments mis au service de Dame Nature !

P.G.

Plus d'informations sur www.cpnca.org/

Imprimer Recommander Wikio Facebook twitter digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr