Une directrice de crèche accusée de harcèlement moral

Publié le mercredi 02 décembre 2009

Aucun enfant n'a été accueilli hier à la crèche d'Orgeval, où le personnel en grève accuse la directrice de harcèlement moral.

Aucun enfant n'a été accueilli hier à la crèche d'Orgeval, où le personnel en grève accuse la directrice de harcèlement moral.

FC

CRIS, hurlements, propos dégradants, déprime, envie de suicide… L'ambiance était catastrophique à la crèche d'Orgeval, gérée par la Société protectrice de l'enfance (SPE).

Après avoir longtemps souffert en silence, quatorze des seize employées ont exprimé publiquement leur révolte, hier matin, à l'occasion d'un mouvement de grève destiné à empêcher le retour de leur directrice, accusée de harcèlement moral.

Se déclarant « solidaire » de ses employées, la SPE avait pourtant mis à pied la directrice, mais s'agissant d'une salariée protégée (elle est membre du comité d'entreprise), il fallait l'autorisation de l'inspection du travail pour la licencier, laquelle a été refusée.

« Nous l'avons appris lundi soir », explique Yasmina Perrin, déléguée syndical FO. « La Société protectrice de l'enfance se trouve dans l'obligation de réintégrer cette directrice qui a demandé à revenir à la crèche d'Orgeval, et non pas dans l'une des huit autres crèches gérées par l'association. Normalement, elle aurait dû reprendre son poste ce matin (ndlr : mardi), ce qui était inacceptable pour le personnel. »

Recours devant le ministère du Travail

Hier, les parents ont donc trouvé porte close, avec possibilité de déposer leurs enfants dans les autres établissements, mais le coup de gueule des employées a porté ses fruits. La pression était trop forte. « J'ai reçu la personne intéressée. Elle ne réintégrera pas la crèche. Elle sera affectée dans un autre service qui reste à déterminer », annonce Francis Noël, président de la Société protectrice de l'enfance.

Celui-ci ne cache pas son embarras à la suite du refus de licenciement. Du côté de l'avocat de la SPE, c'est l'incompréhension.

« L'inspecteur du travail reconnaît expressément la souffrance au travail créée par cette personne mais il n'en a pas tiré toutes les conséquences qui étaient de procéder au licenciement », commente Me Nicolas Carnoye. « Il estime que le comportement fautif n'est pas suffisamment établi. A mon sens, il se livre à une appréciation qui excède ses compétences. Nous allons attaquer sa décision devant le ministère du Travail car il n'est plus possible, pour la Société protectrice de l'enfance, de garder cette personne, que ce soit à la crèche Orgeval ou ailleurs. Le personnel des autres crèches a prévenu : si on la nomme chez nous, on se met en grève nous aussi. »



Fabrice CURLIER

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