Publié le jeudi 14 janvier 2010 à 01H00 - Vu 19 fois
« Il y en a de plus en plus », se désole le maire M. Hoffmann. Dans le village, il ne fait pas bon rester dehors. En témoignent plusieurs voitures couvertes de fientes.
Remi WAFFLART
INCROYABLE. Imaginez un champ couvert d'oiseaux. Par dizaines ou centaines de milliers. Soudain, sans prévenir, ils s'envolent en nuée pour se réfugier dans les arbres. Ou simplement fondre sur un jardin ou les vignes. Le vol des étourneaux est désormais bien connu dans notre ciel de Champagne. Mais à Méry-Prémecy, c'est devenu un vrai cauchemar à la Hitchcock. Au point que le maire, Hubert Hoffmann en appelle à l'union pour lancer un cri d'alarme.
« Ils se sédentarisent »
Dans le village, il ne fait pas bon rester dehors. En témoignent les voitures du maire et de son voisin, couvertes de fientes.
On a à peine le temps de lever les yeux au ciel qu'une nouvelle nuée d'oiseaux le traverse.
« Il y en a de plus en plus », se désole M. Hoffmann. Lequel observe que le phénomène a tendance à s'accroître depuis trois ou quatre ans. « Ils sont d'abord venus petit à petit. Cette année, c'est l'explosion ! »
Et de décrire la journée des étourneaux : « Ils fonctionnent avec le soleil. Le matin, ils ne sont pas là. Vers 9 heures, ils arrivent. Ensuite, dans la journée, c'est la folie. Ils se déplacent par vagues et se nourrissent sur place. » Après leur gueuleton, ils s'envolent et se soulagent sur le village. Impossible d'y échapper.
La faute aux vignes ?
Autant dire que les habitants en ont plus qu'assez. Mais ils n'arrivent pas à se débarrasser des oiseaux, dont le maire a l'impression qu'ils restent « de plus en plus longtemps », voire même « se sédentarisent ».
Et le maire de se tourner vers les vignes. Il pose des questions qui pourront fâcher : « N'y a-t-il pas trop de rendements ? Sont-elles suffisamment entretenues ? Les vignerons ont laissé des tonnes de raisin… »
Le problème, c'est que les étourneaux, ça aime le raisin. Plus généralement, ils sont friands de fruits, tout en étant omnivores. Ils peuvent aussi s'attaquer à d'autres espèces de volatiles.
L'étourneau a un instinct grégaire encore plus développé que le touriste moyen sur une plage. D'où les nuées.
Cette espèce est sédentaire dans le sud de l'Europe et ses cousins du nord sont migrateurs.
Peu à peu, l'étourneau se sédentarise car il s'est adapté à la vie des grandes villes qui leur tient chaud l'hiver.
Compte tenu du nombre d'individus dans une colonie, l'étourneau est de plus en plus considéré comme un animal nuisible. Car il dévore les cultures. Dans le même temps, il débarrasse les humains de certains insectes.
Il sera donc difficile à Méry-Prémecy de faire fuir ses hôtes désormais indésirables. Cependant les habitants peuvent se venger sur certains étourneaux : on peut les chasser, et pourquoi pas, les transformer en pâté…
Et ça, c'est pas de la roupie de sansonnet.
J.-F. SCHERPEREEL
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