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Un tapuscrit original de Georges Izambard Le fonds Rimbaud s'enrichit

Publié le mardi 21 avril 2009 à 01H00 - Vu 29 fois


La remise du document original : un grand moment d'émotion.

La remise du document original : un grand moment d'émotion.


ON appelle cela un tapuscrit. Entendez par là un manuscrit dactylographié. Un mot qui semble un peu barbare pour Violaine Morel-Izambard, qui vient de fêter ses 90 ans, et qui n'est autre que la petite-fille de Georges Izambard, le professeur de rhétorique de Rimbaud, dont on sait le rôle déterminant qu'il a joué dans la carrière fulgurante de l'homme aux semelles de vent.

Violaine, qui habite Paris, dans le XVIe arrondissement, se souvient bien de son grand-père, disparu en 1931.

« Quand j'avais cinq ou six ans, il me faisait apprendre Les Voyelles et je me souviens que je n'étais pas d'accord avec les couleurs. A seize ans, ma mère m'a mis entre les mains les quatre dernières lettres de Rimbaud à Izambard. C'était très émouvant ».

Cette émotion, Violaine l'a retrouvée samedi, au musée Rimbaud, lorsqu'elle a remis à Claudine Ledoux le tapuscrit original de « Rimbaud tel que je l'ai connu », paru pour la première fois au Mercure de France en 1947.

Fascination

Il s'agit en fait de notes laissées par son grand-père et rassemblées par son père, Pierre Izambard, qui fut professeur de lettres dans différentes villes de province, en Afrique du Nord et au lycée Janson de Sailly.

« Le manuscrit a été remis au Mercure de France avant la guerre, en 1937 ou 1938, et la première édition n'est sortie qu'en 1947, avec une préface de Pierre Izambard et de Henry de Bouillane de Lacoste, qui a consacré une thèse à Rimbaud. Les éditions qui ont suivi n'ont pas repris cette préface », rappelle la petite-fille de Georges Izambard, lors de sa visite au musée Rimbaud, où elle était déjà venue en 1984.

« C'est avec beaucoup d'émotion que nous vous recevons », lui a dit Claudine Ledoux en recevant le précieux document de ses mains. « Rimbaud, décidément, n'a pas fini de nous émouvoir », a-t-elle ajouté, avant de lui remettre à son tour un ouvrage rassemblant des reproductions des manuscrits de Rimbaud, illustré d'une photo de Carjat représentant le poète tel que Georges Izambard l'a connu.

Georges Izambard n'est resté que quelques mois à Charleville. Selon sa petite-fille, il a habité dans l'actuel cours Briand. Il avait 21 ans lorsqu'il a rencontré Rimbaud pour la première fois.

Soit cinq de plus qu'Arthur. Et comme le rappelle Yanny Hureaux*, la fascination entre le maître et l'élève est vite devenue réciproque.

Bernard GIRAUD

* Yanny Hureaux, Un Ardennais nommé Rimbaud, La Nuée Bleue.

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