Publié le vendredi 30 juillet 2010 à 11H00 - Vu 34 fois
« Le nom d'Alain Borer est associé à celui d'Arthur Rimbaud, auquel il a consacré trente ans de sa vie… »
Sur son site officiel, Alain Borer (né à Luxeuil-les-Bains) en 1949 annonce la couleur. Il est, de fait, l'une des figures de proue du pays de la Rimbaldie. Etudiant à Genève, il a 17 ans - cet âge où l'on n'est pas sérieux… - quand il crée Le bateau ivre, revue des élèves de l'Institut Florimond. Il a 27 ans quand il débarque à Harar (le même âge qu'avait Rimbaud quand il arriva en 1880) pour suivre les pas du poète devenu explorateur… selon la belle formule reprise sur la plaque de la maison natale d'Arthur, rue Bérégovoy. Il fut le premier à effectuer ce pèlerinage hors normes.
Et il a 37 ans enfin, l'âge auquel Rimbaud décède à Marseille, quand il se décide à cesser d'écrire sur le poète né à Charlestown.
Entre-temps, Alain Borer (aujourd'hui toujours écrivain et universitaire) aura livré de magnifiques livres et récits qui auront permis de cerner l'œuvre et la trajectoire (au sens propre et au sens figuré) de « l'homme aux semelles de vent ».
Cependant, au contraire de certains de ses collègues intronisés docteurs en Rimbaldie, Alain Borer a chemin faisant forgé une œuvre en soi, via une écriture aérée, gracieuse, poétique, épique. Il est vrai aussi que dans le sillage de Rimbaud, Borer a croisé et travaillé avec d'autres grandes figures, du poète et cofondateur du surréalisme (et également grand voyageur) Philippe Soupault à Hugo Pratt en passant par Léo Ferré…
Rimbaud d'Arabie est l'un des témoignages à la fois émouvants, argumentés, documentés et toujours accessibles de cette épopée littéraire singulière. Alors que l'on se dispute pour savoir quel était le visage de Rimbaud en 1880, Alain Borer nous propose bien davantage : suivre sa trace, mettre ses pas dans les siens.
Ph.M.
Edité au Seuil, disponible en poche.
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