Publié le jeudi 30 avril 2009 à 01H00 - Vu 7 fois
Quentin pensait aller voir Wolverine mais le responsable du cinéma en a décidé autrement.
THIERRY ACCAO FARIAS
QUENTIN est un jeune Rémois de 21 ans qui, hier après-midi, a décidé d'aller au cinéma Gaumont avec deux amies pour la première du film « Wolverine », l'un des superhéros de la trilogie des X-Men. Sur place, le jeune homme se présente au guichet pour y acheter un billet et là, on lui dit que cela ne va pas être possible, car il est handicapé. En effet, il se déplace en fauteuil roulant, suite à un accident dont il a été victime à l'âge de 6 ans.
« Cela fait trois fois qu'on me refoule. Pour Coco, pour Fast and Furious et là, pour Wolverine. Il existe des salles pour les personnes en fauteuil et d'autres auxquelles nous n'avons pas accès. Pourtant, je leur explique que je peux monter et descendre plus vite que des gens qui marchent ; la réponse est que niveau sécurité, ce n'est pas possible », raconte le jeune homme.
« Le pire, c'est que le gérant a demandé à l'une de mes amies si elle avait le permis pour aller jusqu'à Thillois », ajoute le jeune homme qui ne comprend pas pourquoi il ne peut aller voir le film de son choix.
Contacté par téléphone, le directeur du cinéma s'explique.
« Je comprends que ce jeune homme soit déçu, mais nous n'avons que deux salles sur sept qui ne sont pas accessibles. La salle en question est la 1, elle est située au 3e étage. Nous ne pouvons pas le laisser entrer dans cette salle car en cas de problème, nous serions en tort. Nous avons tout de même une certaine tolérance pour les handicapés qui ne sont pas en fauteuil. Les films qui sont en salle 1 seront basculés dans une salle avec accès aux handicapés en siège roulant dans deux semaines. Mais la salle 1 ne sera jamais accessible, cela serait trop compliqué à mettre en place », précise le directeur du cinéma Gaumont. En résumé, un jeune type en fauteuil doit attendre deux semaines avant de voir un film projeté dans la grande salle, tandis qu'un jeune du même âge qui n'a aucun handicap peut, lui, le voir dès la sortie. Et dire que l'on est en 2009 !
Le fait que ce cinéma agisse ainsi est tout de même discriminatoire qu'il le veuille ou non, et même si cette discrimination est liée à des problèmes de sécurité, elle en reste une quand même.
Thierry ACCAO FARIAS
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