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Un incendie criminel aux lourdes conséquences économiques

Publié le mercredi 09 septembre 2009 - Vu 81 fois


L'incendie visible des kilomètres à la ronde prive de travail  plus d'une centaine de personnes.

L'incendie visible des kilomètres à la ronde prive de travail plus d'une centaine de personnes.

Enzo DIMIER


L'ENQUÊTE sur le gigantesque incendie de la route de Witry qui a ravagé lundi 5500 m2 de locaux commerciaux s'oriente vers un acte criminel. Hier après-midi, la police a placé en garde à vue un employé de la structure d'insertion Envie (lire en page départementale) tandis qu'au même moment, les cinq entreprises sinistrées étaient reçues en mairie pour les aider à surmonter ce désastre économique.

Lundi, le traiteur Sylvain Dugourd n'a pu retenir ses larmes en découvrant la catastrophe. « J'étais parti une demi-heure avant pour livrer 500 repas dans l'Aisne. J'emploie six personnes. J'ai tout perdu. C'était mon plus gros mois de septembre depuis le début de mon activité il y a dix ans. J'avais des commandes pour 5000 repas la semaine prochaine. »

Gérant d'Euro Bonbon Distribution (grossiste en confiseries), Makram Zarroug travaille avec deux salariées. Lui aussi n'a plus rien. Il estime, « au minimum », à 150 000 € la valeur de la marchandise partie en fumée, « plus 50 000 € de matériels ».

Tous les week-ends, le restaurant-cabaret « la Belle Epoque » faisait le plein. André Erhart, qui gère l'affaire avec sa femme et sa fille, donnait du travail tout au long de l'année à une soixantaine d'intermittents du spectacle. Il n'a dormi qu'une demi-heure, dans la nuit de lundi à mardi. Hier matin, avec l'aide des pompiers, il a pu récupérer certains documents mais ne sait toujours pas où il va pouvoir transposer son activité.

Chômage technique

Voisin du restaurant, l'atelier menuiserie de Brico-Dépôt (portes et fenêtres) s'est écroulé. Situé à l'écart, le magasin a été épargné et a pu rouvrir ses portes hier (il a été fermé lundi, avec évacuation d'une centaine de personnes et réquisition du parking pour installer le poste de commandement et la logistique des pompiers). Les dix employés de l'atelier menuiserie sont actuellement réaffectés au magasin. La valeur de la marchandise détruite n'a pas encore été estimée.

Il y a enfin Envie, d'où est parti l'incendie. Il s'agit d'une structure d'insertion qui recourt à des personnes en difficulté pour remettre en état du matériel électroménager. « Nous employons 66 personnes dont 52 en insertion » précise son directeur, Jacques Cicuto. Une trentaine devaient travailler hier. Elles ont été renvoyées chez elles.

Jeune homme d'une vingtaine d'années, Stéphane se dit « assommé ». « Ça fait 14 mois que je suis chez Envie. Je devais reprendre le boulot ce matin. J'étais content de revenir et voilà que du jour au lendemain, plus rien ! C'est tous mes stages prévus derrière qui sont remis en cause. C'est comme si je repartais de zéro. » Pour ces personnes déjà malmenées par la vie, le coup est rude. Et d'autant plus insoutenable si l'enquête venait à confirmer la responsabilité de leur collègue placé en garde à vue hier après-midi.

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