Publié le jeudi 15 octobre 2009 à 01H00 - Vu 70 fois
« Sur le plan identitaire, les Ardennes sont plus fortes », estime le rédacteur en chef du guide du Routard, chargé de la rédaction du premier guide régional.
APRÈS Macao (Chine), Pierre Josse, rédacteur des Guides du Routard a découvert les Ardennes ces dernières semaines. Une terre inconnue pour lui, mais qui a l'avantage d'être située à deux heures de Paris ! « J'ai fait des sauts de puces depuis Paris, d'une dizaine de jours » explique le vieux « routard », qui a passé trois semaines dans les Ardennes. Il faut dire que depuis l'été, l'équipe du Routard, qui a fêté ses 35 ans en 2008, arpente la région afin de rédiger le guide Champagne-Ardenne, dont la parution est prévue en avril 2010.
Le reporter nous a confié son coup de cœur pour notre département. Où il arrivait plutôt en traînant les pieds (on connaît la rengaine).
« J'ai dû venir avec mon papa et ma maman à 7 ou 8 ans » confie-t-il, en avouant, « Rimbaud, je ne connaissais pas. Pour moi Charleville évoquait une ville sombre, encore très militaire », explique Pierre Josse.
« Finalement j'arrive place Ducale et je découvre une place des Vosges qui aurait été construite à Montpellier ! » Pourquoi Montpellier ? Pour la pierre jaune, qui se pare de tons orangés au couchant.
30 % moins cher
Pierre Josse a eu de la chance, il a arpenté les Ardennes sous le soleil. Et en partie pendant le festival des marionnettes… Un hasard selon lui, « C'est ce que j'appelle, le flair du routard ! » Des concerts de la Route du Rhum, cours Briand, aux bières de la Péniche, sur les quais, il a tenté de repérer les bonnes adresses du coin. Des prix 30 % moins chers qu'à Paris, et des endroits qui ne manquent pas de caractère, comme le Dormeur du Val, hôtel haut de gamme dont il n'hésite pas à dire : « Un des plus beaux hôtels qu'il m'ait été donné de visiter en France ».
Parmi les temps forts du voyage, citons pêle-mêle Elan et ses « chemins sublimes », les paysages des Crêtes, « une géographie unique, avec des villages qui se teintent d'une couleur rose-orangée le soir », ou l'Argonne, dont les paysages restent « chargés » des combats.
Mais outre le relief, c'est aussi les Ardennais qui l'ont marqué. « Les gens ont une légère réserve dans leur contact avec les étrangers, mais après ils font preuve d'une chaleur presque méditerranéenne, mais sans l'exagération qui va avec […] À part une hystérique, je n'ai rencontré que des gens affables ».
Sur les traces de Rimbaud, il a échangé avec des passionnés, comme à Roche sur les traces de Rimbaud. Ou à Juniville, où Pierre Josse a été « scotché » par le discours « truffé d'anecdotes » du guide de l'auberge Verlaine, « je n'avais plus envie de partir ».
Pierre Josse dépeint un département profondément généreux, à l'histoire émouvante. « Je suis rentré reposé, apaisé » conclut le rédacteur d'un guide qui, on l'espère, décidera de nombreux touristes à venir à la rencontre des Ardennes.
Perrine GUILLET
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