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Un bus dans les villages contre la désertification médicale

Publié le vendredi 10 juillet 2009 - Vu 23 fois


Le bus santé abrite deux salles de consultation pour infirmières, assistantes sociales et médecin.

Le bus santé abrite deux salles de consultation pour infirmières, assistantes sociales et médecin.


LA Picardie n'est pas la Côte d'Azur et cela se vérifie notamment au nombre de ses médecins.

La région connaît en outre une surmortalité significative, avec en premier lieu les maladies cardiovasculaires et les cancers, sans parler du diabète qui touche 13,4 % de la population au titre d'une affection de langue durée.

Au tableau noir, trois zones sont encore plus cancres que les autres, comme la Picardie maritime, le grand Beauvaisis ou la Thiérache.

Trois passages

C'est dans ces secteurs qu'un bus santé va sillonner les villages, à la rencontre de personnes qui pour diverses raisons sont sortis du circuit de santé.

Cela va du jeune en dehors du dispositif scolaire, de l'adulte sans travail à la personne âgée recluse chez elle. « Des gens dont la vue baisse, qui entendent moins bien, qui sont perclus de douleurs, mais qui se disent que c'est normal. L'espoir c'est de prolonger des vies dans de bonnes conditions », indique Daniel Tourbe, président de la mutualité de Picardie. Celle-ci coordonne une action initiée par le professeur Guy Vallancien et soutenue par la Mutualité française.

Elle finance notamment le camion, alors que l'Agence régionale d'hospitalisation donne les fonds pour le personne infirmier, le conseil général pour les assistantes sociales et la caisse d'assurance-maladie pour le médecin, « tandis que la Région apporte une importante quote-part ».

Concrètement, en accord avec les mairies, le bus interviendra en trois temps dans les petites communes de Thiérache (dont le canton de Rozoy-sur-Serre), avec à chaque fois une infirmière.

Le premier passage concernera des tests de repérage (mesure des indicateurs de risque des maladies cardiovasculaires), sensibilisation au dépistage des cancers du sein et du côlon, entre autres.

Outil de synergie

Le lendemain, une seconde intervention se déroulera pour des prélèvements sanguins pour les personnes à risque mais aussi une aide aux démarches d'accès aux soins par les assistantes sociales. Et dix jours plus tard, le médecin sera présent pour le résultat des analyses.

« Nous ne sommes pas là pour concurrencer les médecins généralistes, mais bien pour collaborer avec eux, en remettant des personnes dans un parcours de soins. D'une manière générale, le bus est un outil de synergie entre l'ensemble des acteurs de santé », insiste Daniel Tourbe.

Un véhicule aménagé en deux salles (une de biométrie et une de consultation) informatisées, avec téléphonie 3G et antenne satellitaire.



Yann LE BLÉVEC

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