Trois ans après la liquidation / Thomé-Génot : le procès enfin !

Publié le jeudi 02 juillet 2009

ENFIN ! Ce vendredi, à 9 heures, au palais de justice de Reims, s’ouvrira le procès en correctionnelle des anciens dirigeants de Thomé-Génot, le PDG Greg Willis et son adjointe Catherine Zickfeld, poursuivis pour « abus de biens sociaux, recel et banqueroute par détournement ».



Mais, et c’est évidemment un gros « mais », le tandem ne sera pas présent et donc jugé par défaut.



Il n’empêche. Ce rendez-vous est une étape cruciale dans ce qui s’apparente à un vrai travail de deuil pour les anciens salariés : le 24 octobre 2006, la liquidation judiciaire avait laissé 320 personnes sur le carreau. Aujourd’hui, ils sont encore 180 à ne pas avoir retrouvé d’emploi durable en CDI.



À l’automne 2006, la disparition de cette entreprise fondée en 1863 avait provoqué un séisme social et politique d’ampleur nationale.



Tandis que les « métallos » entamaient une lutte de plusieurs semaines pour obtenir une prime « extra-légale » de licenciement, avant d’intégrer le Contrat de transition professionnelle, plusieurs actions en justice étaient initiées (dont celle, au pénal, qui connaît son aboutissement cette semaine) et la classe politique unanime disait son émotion. En pleine pré-campagne électorale, c’est d’ailleurs en référence à l’affaire Thomé-Génot que Nicolas Sarkozy, lors de son discours « à la France qui souffre » prononcé en décembre 2006 à Charleville, stigmatisait « les patrons voyous ».





Sucé le sang…



Instruite à Reims en raison de « la complexité du dossier », selon les termes mêmes de l’ordonnance de délocalisation, l’affaire se révèle, pourtant, d’une triste simplicité



Accourus au chevet d’une société déjà mal en point en 2004, les repreneurs américains ont tout bonnement sucé le sang du malade jusqu’à la dernière goutte avant de prendre la fuite, laissant au même tribunal de commerce qui les avait adoubés le soin de constater le décès puis de dresser le permis d’inhumer.



L’ordonnance de renvoi résume sans fard ce mécanisme.



Pour autant, il ne faut pas, hélas, attendre davantage de ce procès qu’il ne pourra effectivement « offrir ». Dirigée par le vice-président du TGI Mario-Louis Craighero, l’audience ne devrait pas durer plus de la matinée.



Comme le veut l’usage, après rappel des faits, viendra le tour des plaidoiries des parties



civiles puis des réquisitions du parquet.



Et très probablement, le jugement sera mis en délibéré. Il n’y aura pas de débat contradictoire, ni évidemment de plaidoirie de la défense. Et pour cause…









 

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